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Se chercher, se construire : M. Satrapi, Persepolis (bande dessinée)

mis à jour le 20/06/13

Persepolis Olena Denysenko-Lemaire propose des pistes pour aborder la bande dessinée et son adaptation cinématographique

 Persépolis, les supports

  • Marjane Satrapi, Persepolis, œuvre intégrale, tome 1 à 4, édition l’association, collection Ciboulette, 2007
  • Persepolis, un film de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, Diaphana édition vidéo 2007. Le DVD contient deux documentaires intéressants qui peuvent éclairer sur l’esthétique du film et le travail du dessin :  La face cachée de Persépolis, making off, (31 min) De l’animatic au film, scènes commentées par Marjane Satrapi, (11 min)
  • Dossier 169, Persepolis, Collège au cinéma, CNC, disponible en PDF sur http://www.cnc.fr/web/fr/dossiers- pedagogiques/-/ressources/22340

Le contexte

  • Persépolis est une œuvre autobiographique, de Marjane Satrapi au style graphique et narratif très personnel. Publiée aux éditions L'Association entre 2000 et 2003, la bande dessinée a donné lieu à la production d’un long métrage d’animation, Persepolis, réalisé par Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud et sorti en France en 2007. Ce film a obtenu le prix du jury du Festival de Cannes 2007 et celui du meilleur premier film ainsi que celui de la meilleure adaptation aux Césars 2008.
  • La Bande Dessinée Persépolis traite de l’histoire intime de Marjane Satrapi dont la vie va être dirigée par les changements politiques en Iran. C’est l’itinéraire d’une femme iranienne, de son enfance à l’âge adulte, face aux vicissitudes d’un Iran, en mutation, passant d’un régime autoritaire à un autre. La vie de Marjane bascule le jour de la «Révolution Islamique» de 1979. Elle rencontre, dès lors, la guerre, la peur, le sort réservé aux femmes sous le régime des Mollahs, l’exil en Europe, la perte de repères et l’isolement au moment crucial où elle passe de l’enfance à l’âge adulte.
  • Sa narration, rythmée par les différentes «métamorphoses» de l’être, se présente en 4 tomes dont les épisodes correspondent aux différentes périodes de sa vie, mais également aux allers retours entre son pays natal et l’Europe.

Une autobiographie

  • La qualité autobiographique de la Bande Dessinée repose sur un discours narratif concis, précis, des phylactères ramassés, un langage incisif, direct, souvent familier, pétri d’autodérision. Le dessin est d’une grande pureté, simple, en noir et blanc. Les décors sont à peine esquissés car tout repose sur la caractérisation des personnages tant dans les traits de crayon que dans les mots que Satrapi met dans leur bouche.
  • L’adaptation reprend la trame générale de la BD et le trait de crayon de Marjane Satrapi. Elle y ajoute un récit cadre, en couleur, une palette de gris pour le retour dans le passé. Elle resserre l’intrigue autour du contexte politico-historique en supprimant les épisodes plus anecdotiques de la Bande Dessinée.
  • La richesse de l’œuvre permet son exploitation tant en troisième qu’en terminale BacPro avec des éclairages différents. L’adaptation et la Bande Dessinée se complètent, pour une étude fine des procédés narratifs, pour répondre à certaines problématiques spécifiques des programmes des trois niveaux.

Aborder l’œuvre en classe de 3ème

L’œuvre comme son adaptation cinématographique entrent dans la thématique du programme de troisième sur le récit d’enfance et d’adolescence, BO n°6 du 28 août 2008.
La bande dessinée peut être abordée, dans son intégralité, en se concentrant sur les mutations liées aux passages de l’enfance à l’adolescence puis de l’enfance à l’âge adulte.

Comment le dessin rend-il compte de l’influence de la Révolution Islamique, de l’exil sur sa vie ?

  • Il faudra souligner la dimension autobiographique de l’œuvre, en s’intéressant, particulièrement, à la manière dont elle a caractérisé son personnage tant dans le dessin que dans le discours.
  • On peut s’arrêter sur la dimension humoristique de l’œuvre : dans les phylactères, par le choix d’un niveau de langue souvent familier, mais aussi dans l’intitulé des chapitres. On pense notamment, dans le troisième tome, au titre « légume » pour évoquer son expérience de la drogue douce. On pourra faire remarquer aux élèves la présence à plusieurs reprises, de titres liés à la nourriture : « la soupe », « les pâtes », « le croissant ».

Comment la vie d’une petite fille est mise en scène dans un contexte politique difficile ?

Là encore, on analysera avec précision comment le dessin rend compte de la représentation des événements dans l’imaginaire de l’enfant, avec notamment, la représentation des différents régimes politiques, celui du Chah et de la Révolution Islamiste, ainsi que la figuration de la violence et de la mort.
Le film peut être exploité dans son intégralité. On pourra reprendre la problématique proposée pour la Bande Dessinée en l’adaptant au format spécifique du film.

Comment les effets de la Révolution Islamique sur la vie de Marjane sont-ils mis en scène ?

  • Pour éclairer l’analyse du film et aider à sa lecture formelle, la comparaison du film avec la Bande Dessinée, met en lumière certains effets formels comme, par exemple, les fondus enchaînés, le travail sur les nuances de gris pour donner de la profondeur au dessin animé. Le dossier 169 du CNC pour « collège au cinéma » donne de nombreux éclairages pour analyser l’esthétique du dessin.
  • On montrera que le format filmique a resserré l’intrigue autour du rapport de Marjane au contexte politique en Iran. La dramatisation de la scène, dans le dessin animé, mérite d’être comparée à son traitement dans la Bande Dessinée.
  • La Bande Dessinée peut entrer dans la constitution d’un groupement de textes ou d’un corpus de documents, où l’on étudierait, par exemple, des souvenirs d’école. On utiliserait alors le premier chapitre, intitulé « le foulard » du tome 1 de Persepolis où Marjane raconte l’incompatibilité du foulard avec les jeux et les préoccupations des enfants. Dans le Tome 2, on peut choisir son souvenir de rentrée des classes en cinquième où Marjane va se moquer des séances imposées de « pleurs collectifs » pour commémorer les martyrs de la révolution.