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Le camp de concentration de Natzweiler-Struthof

mis à jour le 26/02/14

Struthof (17) L'armistice signé le 22 juin 1940 à Rethondes coupe la France en deux parties par une ligne de démarcation tandis qu’une petite partie du sud-est est occupée par l’Italie du 11 novembre 1942 au 8 septembre 1943. La zone occupée, reste française, mais est soumise au droit de la puissance occupante. Par la suite, dans la zone occupée, le Nord et le Pas-de-Calais vont être rattachés au commandement (Militärbefehlshaber) militaire allemand en Belgique. À ce moment-là, l'Alsace et la Moselle sont « seulement » occupées.

Dès le 27 novembre 1940, l'armistice est violé : ces trois départements sont annexés et intégrés au territoire allemand par le III° Reich, pour la deuxième fois de leur histoire. Hitler bafoue de nouveau le traité de Versailles, comme en 1935 avec le rétablissement du service militaire ou en 1938 avec l’annexion de l’Autriche en 1938. Le 7 août 1940, Robert Wagner est nommé « Gauleiter » d’Alsace.

Le camp de Natzweiler Struthof (Konzentrationslager Natzweiler) est officiellement ouvert le 1er mai 1941, et construit à partir du 21 mai 1941. Il reste l'unique camp de concentration situé sur le sol français (allemand au moment de sa création). Tous les autres camps ouverts par les nazis sur notre territoire sont des camps d'internement et de transit destinés à rassembler des personnes (juives et non juives) en vue d'une déportation en Allemagne ou en Pologne. Le camp de Natzweiler est un camp de concentration et non pas d’extermination, même si des « gazages » furent pratiqués. 22 000 personnes sont mortes dans ce camp et dans ses camps annexes selon l’historien Robert Steegmann.

Le camp de Natzweiler est installé dans les Vosges alsaciennes, sur les hauteurs boisées de la commune de Natzwiller (Natzweiler pendant l’annexion), à 800 mètres d'altitude. La présence de granit rose, est repérée par l'architecte du Reich Albert Speer lors d'un voyage d'observation. C'est le géologue colonel SS Karl Blumberg qui choisit l'emplacement du camp pour une exploitation optimale du granit.

Par Agnès Gerhards, professeur d’histoire honoraire

1. Un camp de concentration

Présentation du camp

Le camp de Natzweiler est un ensemble complexe : il comprend le camp "souche" situé au lieu-dit le Struthof, ainsi que de nombreux commandos (camps de travail annexes) qui dépendent de lui. Ils sont au nombre d'environ 70, situés en Alsace et Moselle mais surtout en Allemagne. Un camp annexe a même été ouvert en Meurthe et Moselle, celui de Thil. C’était le seul en France non annexée.

En septembre 1944, le camp souche comprenait 6 000 prisonniers, alors qu'il avait été conçu pour en recevoir 3 000. 20 000 d'entre eux ont été internés dans les camps annexes.

L'encadrement et l'administration du camp principal étaient assurés par environ 80 SS.

Cinq commandants SS (Zill, Hüttig, Kramer, Hartjenstein, Schwarz) ont dirigé le camp, Joseph Kramer sera ensuite "muté" à Auschwitz-Birkenau puis à Bergen-Belsen où il fut arrêté par les Anglais.

Durant toute la durée de son fonctionnement (1941-1945), 52 000 déportés ont été envoyés vers le camp de Natzweiler. Destiné à anéantir "les ennemis incorrigibles du Reich", le camp fut surtout la destination de déportés politiques et de résistants arrêtés dans toute l’Europe. Le général Delestraint, chef de l'Armée secrète de la Résistance française, y est interné après son arrestation. Dans la nuit du 31 août au 1er septembre 1944, 107 résistants du Réseau Alliance et 35 membres du Groupe Mobile Alsace- Vosges sont assassinés.

Mais les déportés sont aussi Soviétiques, Polonais, Norvégiens ou Allemands. En septembre 1943, Himmler donne l’ordre de transférer à Natzweiler tous les déportés mâles classés NN (Nacht und Nebel).

La vie dans le camp

Les conditions de survie dans ce camp sont parmi les plus dures du système nazi. Le taux de mortalité dépasse les 40%. Des milliers de Juifs polonais et surtout hongrois sont détenus dans les commandos à partir de 1944.

Ce camp est particulièrement connu pour les "expériences médicales" pratiquées sur les détenus par des scientifiques nazis de la Reichsuniversität de Strasbourg. Les cobayes humains sont choisis surtout parmi les Juifs et les tsiganes. La chambre à gaz est construite en 1943 pour mener à bien ces expériences. 86 prisonniers juifs d'Auschwitz furent transférés au Struthof pour y être gazés en août 1943 afin de créer une collection de squelettes pour le professeur de médecine August Hirt de l'Université de Strasbourg.

Face à l'avancée des troupes alliées, le camp est évacué du  2 au 20 septembre 1944. Les déportés furent transférés vers d'autres camps (Dachau) et vers les commandos situés en Allemagne. Le Struthof est le premier camp de concentration découvert par les Alliés à l’ouest de l’Europe (l’Armée rouge a découvert Lublin-Majdanek en juillet 1944).

Le camp après la guerre et sa mémoire

Après la guerre, le camp devient un centre de détention pour prisonniers de guerre et collaborateurs condamnés par la justice.

On y trouve d'anciens membres de tous les partis collaborateurs et d'extrême-droite français (LVF Légion des Volontaires Français, auxiliaires français de la Gestapo, membres du Parti Populaire Français), des membres de l'administration de Vichy, mais aussi des familles allemandes installées en Alsace pendant l’annexion.

Dans les années 1950-51, le camp et la chambre à gaz sont classés monument historique. En 1954, les baraques sont détruites lors d’une cérémonie officielle, à l'exception de quatre d'entre elles. En 1960, le général de Gaulle inaugura un Mémorial au Struthof.

En 1965, le musée de la déportation aménagé dans la baraque n°1 est inauguré.

Ce musée est sauvagement détruit dans la nuit du 12 au 13 mai 1976 par des membres du groupe les "Loups Noirs", un groupe négationniste, néonazi et indépendantiste alsacien qui y déclenche un incendie. Le musée est reconstruit à l'identique.

Le 3 novembre 2005, le président de la République Jacques Chirac inaugure le Centre européen du résistant déporté.

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Mémorial "Aux Martyrs et Héros de la Déportation" et la Nécropole Nationale. Cliché Jacques Robert, SGA/DMPA

Source : Musée du Struthof http://www.struthof.fr/fr/le-kl-natzweiler/introduction-a-lhistoire-du-camp/

En 2013, le Centre européen du résistant déporté et le musée du Struthof a accueilli 180 000 personnes.

 

2. Exploitation pédagogique

Deux thèmes sont ici abordés :

  • Thème 1 : Le système concentrationnaire du Struthof et ses particularités
  • Thème 2 : La vie quotidienne des déportés

Il est possible de partager la classe en deux groupes pour une mise en commun au terme de la séance.

Classe de troisième : « Thème 3 - La Seconde Guerre mondiale, une guerre d’anéantissement (1939-1945) ». Le programme invite à présenter un « camp d’extermination ». Dans le cadre du 70e anniversaire de la Libération du Struthof, il est pertinent de présenter le seul camp de concentration qui ait existé sur le sol français. 

Thème 1 : Le système concentrationnaire du KL-Natzweiler et ses particularités.

Document 1. Les camps dans l’Europe occupée

Struthof (3)

Source : Musée du Struthof : http://www.struthof.fr/fr/le-kl-natzweiler/introduction-a-lhistoire-du-camp/

Questions

1) Où se situe le camp du Struthof ? Quelle est sa particularité géographique dans l'Europe occupée ?

Réponse : Ce camp se situe sur le sol du III° Reich. L'Alsace est à ce moment-là annexée au Reich (la carte est datée de 1943). Il se trouve en réalité sur le sol français actuel.

2) En utilisant la légende, dites de quel type de camp il s'agit.

 Réponse : Il s'agit d'un camp de concentration, donc d'un camp de répression et de travail forcé.

 Document 2. Plan du camp souche (central) du Struthof

Struthof (1)

 Source : Musée du Strutfof  http://www.struthof.fr/fr/le-kl-natzweiler/introduction-a-lhistoire-du-camp/

Document 3. Mirador et enceinte du camp

Struthof (4)

 

1) Quels éléments sur ce plan, montrent qu'il s'agit bien d'un camp de concentration ?

Réponse : L'enceinte du camp, les places d'appel, la potence, le bloc cellulaire, les baraques des déportés, le crématoire.

2) Quels éléments montrent que le travail forcé y est pratiqué ?

Réponse : La carrière et les baraques de la carrière. Il s'agissait d'exploiter du granit rose très rare.

3) Relevez les différents éléments qui montrent que ce camp a procédé à l’extermination de nombreux hommes.

Réponse : On remarque sur le plan différents éléments qui montrent que des hommes y furent exterminés : la chambre à gaz, située en contrebas, la potence, le ravin de la mort, la sablière où de nombreux déportés furent fusillés.

4) Quel est l'élément photographié sur le plan ?
Réponse : Il s'agit de l'enceinte du camp avec barbelés et miradors.

Les prisonniers internés au camp
Les détenus célèbres

  • Le général Aubert Frère, fondateur de l'Organisation de Résistance de l'Armée qui meurt d'épuisement au Struthof le 13 juin 1944
  • Le général Deslestraint, chef de l'Armée Secrète
  • Le général Paul Jouffrault, chef d'Etat major de l'Armée Secrète en zone Sud, mort au Struthof le 5 juin 1944
  • Le futur député SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière) Léon Boutbien
  • L'écrivain slovène Boris Pahor. Il a publié Quand Ulysse revient à Trieste, Jours obscurs…

 

Documents 4. Les plaques commémoratives du camp du Struthof en l’honneur des résistants (Source : musée du Struthof)

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Struthof (6) Struthof (7)

La mémoire des exécutés du réseau " Alliance"

 

 

La mémoire des patriotes norvégiens

Du 15 juin 1943 au 2 septembre 1944, 504

patriotes norvégiens furent internés au camp de

concentration à Natzweiler. 265 échappèrent aux massacres.

 

 

Struthof (8) Struthof (9)

La mémoire des déportés slovènes

 

 

 

LamémoiredesRésistantsnéerlandais

 

 

 

Struthof (10) Struthof (11)

La mémoire des citoyens soviétiques

 

La mémoire des résistants polonais

 

 

Questions

1) À l'aide des documents ci-dessus, identifier qui sont les déportés du camp du Struthof ? (Origine géographique, rôle pendant la guerre et l'occupation).

Réponse : Les déportés sont originaires de toute l'Europe. Ce sont des déportés politiques, intellectuels (écrivains) et résistants (chefs de l'Armée Secrète en France, chefs de réseaux de résistance).

2) Qu'en déduisez-vous sur le "rôle" de ce camp de concentration? (voir aussi texte de présentation du camp)

Réponse : Il s'agit avant tout de briser les hommes et leur résistance à l'occupant. Selon Himmler, il faut anéantir les "ennemis incorrigibles" du Reich.

3) À partir de la première plaque commémorative, montrez la situation particulière de la population alsacienne face à l'occupation. Expliquez-en l'origine. (Voir aussi texte de présentation du camp)

Réponse : L'Alsace est depuis 1940 annexée au III° Reich. Les jeunes hommes sont donc susceptibles d'être incorporés dans l'armée allemande et de servir sous uniforme allemand. Ce que certains refusent au prix de leur vie.

D'autres qui ne fuient pas, deviennent des « Malgré-Nous », des incorporés de force qui ont combattu dans l'armée allemande, sous uniforme allemand, surtout sur le front russe, parfois contre la France.

Document 5. La déportation des Juifs et des Tziganes au camp central (souche) : les "expériences" médicales à Natzweiler (source : Musée du Struthof)

Plaque à la mémoire des 86 Juifs amenés d'Auschwitz et gazés pour servir aux "expériences" du médecin nazi August Hirt et gazés personnellement par le chef du camp Joseph Kramer.

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Document 6. Témoignage de Joseph Kramer, commandant du camp de Struthof, arrêté à Bergen Belsen, devant le juge d'instruction militaire en déplacement à la prison de Celle, avant le procès de Lunebourg. Condamné à mort, il est pendu le 13 décembre 1945.

"Au cours du mois d'août 1943, je me suis rendu à l'institut d'anatomie de Strasbourg où se trouvait le professeur Hirt. Ce dernier me déclara qu'il avait eu connaissance d'un envoi d'internés d'Auschwitz pour le Struthof. Il me précisa que ces personnes devaient être exécutées dans la chambre à gaz du Struthof à l'aide de gaz toxiques et que leurs cadavres devaient être expédiés à l'Institut d'anatomie de Strasbourg pour y être mis à sa disposition".

Joseph Kramer procède et surveille lui-même au gazage d'abord de femmes, puis d'hommes, avec des sels remis par Hirt et qui ne sont pas du Zyklon B. Le Zyklon B a été quasiment exclusivement utilisé à Auschwitz, occasionnellement à Majdanek. À Sobobibor, Belzec, Treblinka, Chelmno, c’était du monoxyde de carbone. Il se sert des corps notamment pour se constituer une collection de crânes de "commissaires bolcheviks juifs" en collaboration avec Himmler. Certains de ces corps ont été retrouvés à l'université de Strasbourg, conservés dans le formol.

Document 7. Plaque à la mémoire des déportés tziganes, apposée au Struthof

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200 Tziganes arrivés directement d'Auschwitz au Struthof sont mis à la disposition du médecin et professeur nazi Haagen. Ils ont servi de « cobayes » pour des expériences sur le typhus qui leur fut inoculé.

 

Questions

1) Sur quelles populations les "expériences" sont-elles réalisées ? Pourquoi ?

Réponse : Pour les nazis, les populations juives et tziganes sont considérées comme inférieures et destinées à être anéanties.

2) Relevez lexpression qui montre que dans ce camp, des hommes sont morts dans la chambre à gaz. 

Réponse : L’expression qui montre que des hommes sont morts dans la chambre à gaz est : « Il me précisa que ces personnes devaient être exécutées dans la chambre à gaz du Struthof à l'aide de gaz toxiques. »

Thème 2 : La vie quotidienne des déportés

Le travail

Document 1. Témoignage de Max Nevers,  responsable d'un réseau de résistance en Bourgogne déporté NN au KL

" C'est déjà sous une rafale de coups qui font très mal qu'on doit courir chercher une pelle et une pioche, courir encore pour se rassembler par petits groupes, courir toujours pour aller à l'endroit prévu et commencer aussitôt à piocher. Les coups redoublent, ils pleuvent drus. Alex, le chien de Fernandel (surnom du SS Ehrmanntraut) est souvent de la partie. Sur ordre il mord tous les mollets à sa portée, sauf ceux des kapos".

Document 2. Dessin de Rudolf Naess, résistant norvégien déporté au Struthof (Source : Musée du Struthof)

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Struthof (14)

 

Document 3. Dessin de Rudolf Naess. Les déportés NN (Nacht und Nebel), Nuit et Brouillard (1)

Le travail à la carrière

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NN. Statut attribué aux déportés opposants à l'Allemagne nazie. Ils étaient destinés à disparaître sans laisser de trace (dans la nuit et le brouillard). En 1943, Himmler donne l'ordre aux commandants de tous les camps de concentration de transférer au Struthof tous les déportés NN qu'ils détiennent.

Témoignage du docteur Goude, déporté rescapé du Struthof

« J'arrivai au camp du Struthof le 19 mai 1944 avec un groupe de sept intellectuels. Ce qui nous intrigua dès l'abord ce furent d'immenses lettres N N barbouillés en rouge sur les vêtements…C'était des hommes complètement retranchés du monde civilisé. C'était l'abrutissement complet, le travail forcené, la furieuse brutalité des kapos (gardiens, le plus souvent prisonniers de droit commun) et des chefs de blocks (baraques). Les détenus ne bénéficiaient pas de cinq heures effectives de sommeil, la vermine se chargeait de les troubler. Le repos dominical de l'après-midi était supprimé. Mais en revanche, la schlague (bâton) toute la journée, les chiens constamment sur les talons, la hantise de la moindre défaillance, la pitance (nourriture) diminuée. »

 

Questions

1) Comment se manifeste la violence des conditions de travail dans le camp ?

Réponse : Cette violence se manifeste par des coups répétés et violents. La vitesse exigée pour réaliser le travail et, la présence du chien qui mord.

2) D'après le dessin 1 montrez que l'on retrouve les éléments de violence décrits dans le texte.

Réponse : Les éléments de violence décrits dans le texte sont : la présence d’un  chien, la vitesse de travail (los), les bâtons des kapos, les morts sur le chemin.

3) D'après le dessin n°2, comment s'effectue le travail à la carrière ? Quels sont ses outils ? Que peut-on en déduire sur la dureté de son travail ?

Réponse : Le travail à la carrière s’effectue sous la surveillance d'un kapo. Le déporté est équipé d'une simple pioche pour casser une des pierres les plus dures, le granit (rose).

4) Décrivez les vêtements du déporté. Quelle lettre figure sur ses vêtements ?

Réponse : Le déporté est vêtu d'un uniforme rayé de simple toile. Il porte une casquette. Dans son dos on peut voir la lettre rouge N ainsi que des traits tracés à la peinture rouge sur sa jambe et une croix rouge dans son dos.

5) D'après ce document 3, qu'est ce qu'un déporté NN ? En quoi leurs conditions de travail sont-elles particulièrement dures ?

Réponse : Le travail forcené, la brutalité des kapos, les coups, les chiens. L'absence de sommeil, la réduction du temps de repos et de la nourriture.

6) En rapprochant ce texte et les dessins, montrez que l'auteur des dessins Rudolf Naess est un déporté NN (Nacht und Nebel).

Réponse : L’auteur des dessins est un déporté NN comme le montre les lettres rouges sur l'uniforme et la violence des conditions de travail.

7) Connaissez-vous un film qui aborde la déportation ?

Réponse : En 1955, le cinéaste Alain Resnais réalise le film Nuit et Brouillard. Jean Ferrat a aussi composé une chanson qui porte le même titre. Dans le premier couplet, il raconte l’arrivée des déportés dans les camps :

« Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent »

La nourriture

Document 1. Témoignage d'Aimé Spitz, officier des Renseignements de la Résistance, déporté NN au Struthof (Source : Musée du Struthof)

« Notre nourriture se composait le matin d'un demi-litre de café ou de soupe à l'eau, à midi un litre de simple soupe liquide. Souvent nos chefs de chambre nous servaient le dessus de la soupe, sans le remuer, afin que l'épais reste au fond du bouteillon. Alors eux se l'accaparaient et ne se gênaient pas de manger l'épais de la soupe devant nous. Le soir au retour du travail, nous recevions un demi-litre de café ou de tisane, environ 350 grammes de pain, 20  grammes de margarine, et une cuillerée à soupe de marmelade, ou un petit bout de saucisson ou un petit morceau de fromage. C'était toute notre nourriture. Le dimanche la soupe de midi était un peu meilleure et contenait quelques petits morceaux de viande. »

Document 2. Dessin de Rudolf Naess déporté norvégien au Struthof.

"Nous pensions sans cesse à manger"

 Struthof (16)

Questions

1) À l’aide du document 1, montrez que la nourriture ne comporte pas d’éléments nutritifs. Pourquoi ? Permet-elle de faire face à de longues et rudes journées de travail ?

Réponse : Elle comporte surtout du liquide peu nourrissant et très peu d'éléments solides. Il était très difficile de survivre avec cette nourriture et les conditions de travail imposées. La main d'œuvre étant abondante, la survie des déportés n'était pas nécessaire.

2) À l’aide du document 2, montrez en comparant les deux documents que les déportés sont affamés.

Réponse : Ils ne pensent qu'à manger et surtout à survivre, rêvent de nourriture, puisque les portions quotidiennes sont très insuffisantes. Il rêve de plats de poissons. L'auteur du dessin est originaire de l'Europe du Nord (Norvège).

À l’aide du cours et des éléments du dossier, dans le cadre de la préparation des élèves au diplôme national du brevet, il est possible de les inviter à rédiger un développement construit.

Proposition 1 : Dans un développement construit, vous décrirez et expliquerez la vie dans un camp de concentration.

Proposition 2 : Vous expliquerez dans un développement construit en quoi les conditions de vie dans le camp du Struthof sont révélatrices d’une guerre d’anéantissement.

3. Ressources

 

 

  • Robert Steegmann, Le Struthof KL-Natzweiler, Histoire d'un camp de concentration en Alsace annexée 1941-1945, La Nuée Bleue, Strasbourg, 2005
Ateliers Giptic
le mer. 22 nov. 2017 de 14:30 à 16:30
ENC Bessières