Les parrains

11 déc. 17

Les Lettres Sup et leurs parrains : Kérangal, Roubaud, Podalydès, Ruf…     

 L’idée de ce parrainage est née d’une insatisfaction et d’une envie du professeur de Lettres: celle-ci parle de littérature depuis sa chaire, avec une approche universitaire, technique. Tel est son travail, et, pour autant, le Professeur et, espérons-le, les étudiants, y trouvent une certaine satisfaction, voire un certain plaisir. Mais ça n’est là qu’un pan du littéraire.

Le parrain, ou la marraine, ne parle pas en tant que professeur mais en tant que lecteur, artiste, créateur, homme, femme : il (ou elle) montre aux étudiants une autre face de la littérature, celle qui l’a formé(e), celle qu’il crée.

En 2016-2017, Eric Ruf, Administrateur Général de la Comédie Française, a été le parrain des Lettres Sup’ ! Ce fut une rencontre artistique, car il est d’abord comédien, scénographe, décorateur, metteur en scène ; grâce à lui, nous avons aussi ou réfléchir aux enjeux pratiques, politiques ou encore économiques d’une institution comme la Comédie Française. Comment choisit-on les pièces ? Quelle part pour le répertoire patrimonial, pour la création ? Nous avons passé du temps dans la « Maison » de Molière, avons rencontré différents corps de métiers : les régisseurs, les décorateurs, les costumiers. Nous avons pénétré des lieux secrets de la Comédie Française : les ateliers de costume sous les toits, le grenier, le foyer des comédiens. Merci à tous les gens de la Maison de Molière qui nous ont accueilli dans les coulisses de la fabrique théâtrale !

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 En 2015-2016, le parrain fut une marraine ! Nous avons lu les romans de Maylis de Kerangal, participé à une journée de colloque en Sorbonne qui lui était consacrée, assisté à une de ses lectures à la Maison de la Poésie. Lors des premières séances d’échange en classe, la discussion a porté sur l’importance, dans son inspiration, des lieux. Elle a ensuite guidé les étudiants vers certains textes qui, sur ce point, l’ont inspirée : Le sentiment géographique de Michel Chaillou, « Proust et les noms » de Barthes (Essais critiques) ou encore les lectures deleuziennes de La recherche du temps perdu. Elle a même soumis les étudiants à des exercices d’écriture, leur suggérant d’écrire « autour » de leur nom, prénom, ou lieu d’origine, faisant « dériver » le mot comme elle le fait du nom Lampedusa dans sa dernière oeuvre, A ce stade de la nuit.

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  En 2014-2015, c’est Denis Podalydès qui parrainait la classe. Nous l’avons lu, écouté, sommes allés l’applaudir et échanger avec lui après certains de ses spectacles … Parmi ses projets de la saison auxquels nous avons un peu participé par son biais : une création de Pascal Rambert, au théâtre de Gennevilliers, Répétition, une mise en scène de La Clémence de Titus de Mozart pour le Théâtre des Champs Elysées, ou encore la reprise de sa mise en scène de Lucrèce Borgia à la Comédie Française. Quand il est venu dans la classe, il nous a parlé de ses textes fondateurs, notamment L’Age d’homme de Michel Leiris, dont il nous a lu quelques passages.

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  En 2013-2014, le mathématicien et poète Jacques Roubaud était le parrain de la classe. Il est venu nous faire partager sa « carrière » en littérature, comme lecteur et comme écrivain, tout au long de l’année il nous a fait suivre ses projets en cours (publication de Tokyo infra ordinaire, création d’une oeuvre commandée à l’Oulipo par l’abbaye de Fontevraud) ; il a aussi élaboré pour la classe des séances où il présentait des textes lui tenant à coeur, comme la littérature des troubadours ou les sonnets. Nous l’avons suivi dans ses lectures, dans ses conférences : nous avons observé à ses côtés la littérature en train de se faire.

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