Les parrains

26 janv. 17

Les Lettres Sup et leurs parrains : Kérangal, Roubaud, Podalydès…     

L’idée de ce parrainage est née d’une insatisfaction et d’une envie du professeur de Lettres: celle-ci parle de littérature depuis sa chaire, avec une approche universitaire, technique. Tel est son travail, et, pour autant, le Professeur et, espérons-le, les étudiants, y trouvent une certaine satisfaction, voire un certain plaisir. Mais ça n’est là qu’un pan du littéraire.

Le parrain, ou la marraine, ne parle pas en tant que professeur mais en tant que lecteur, artiste, créateur, homme, femme : il (ou elle) montre aux étudiants une autre face de la littérature, celle qui l’a formé(e), celle qu’il crée.

 

   En 2015-2016, le parrain est une marraine ! Nous avons lu les romans de Maylis de Kerangal, participé à une journée de colloque en Sorbonne qui lui était consacrée, assisté à une de ses lectures à la Maison de la Poésie. Lors des premières séances d’échange en classe, la discussion a porté sur l’importance, dans son inspiration, des lieux. Elle a ensuite guidé les étudiants vers certains textes qui, sur ce point, l’ont inspirée : Le sentiment géographique de Michel Chaillou, « Proust et les noms » de Barthes (Essais critiques) ou encore les lectures deleuziennes de La recherche du temps perdu. Elle a même soumis les étudiants à des exercices d’écriture, leur suggérant d’écrire « autour » de leur nom, prénom, ou lieu d’origine, faisant « dériver » le mot comme elle le fait du nom Lampedusa dans sa dernière œuvre, A ce stade de la nuit.

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 En 2014-2015, c’est Denis Podalydès qui parrainait la classe. Nous l’avons lu, écouté, sommes allés l’applaudir et échanger avec lui après certains de ses spectacles … Parmi ses projets de la saison auxquels nous avons un peu participé par son biais : une création de Pascal Rambert, au théâtre de Gennevilliers, Répétition, une mise en scène de La Clémence de Titus de Mozart pour le Théâtre des Champs Elysées, ou encore la reprise de sa mise en scène de Lucrèce Borgia à la Comédie Française.
Quand il est venu dans la classe, il nous a parlé de ses textes fondateurs, notamment L’Age d’homme de Michel Leiris, dont il nous a lu quelques passages.

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En 2013-2014, le mathématicien et poète Jacques Roubaud était le parrain de la classe. Il est venu nous faire partager sa « carrière » en littérature, comme lecteur et comme écrivain, tout au long de l’année il nous a fait suivre ses projets en cours (publication de Tokyo infra ordinaire, création d’une œuvre commandée à l’Oulipo par l’abbaye de Fontevraud) ; il a aussi élaboré pour la classe des séances où il présentait des textes lui tenant à cœur, comme la littérature des troubadours ou les sonnets.
Nous l’avons suivi dans ses lectures, dans ses conférences : nous avons observé à ses côtés la littérature en train de se faire.
Jacques Roubaud a écrit et publié dans Le Monde un « trident » (forme poétique de son invention) pour chacun des étudiants de la classe.
http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/03/28/36-vus-de-paris_4391640_3232.html?xtmc=roubaud&xtcr=6

 Pour tous ces moments, pour ces envols, nous lui sommes infiniment reconnaissants.

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