Coordinatrices du projet : Mme Hotte, professeure de Lettres ; Mme Jolivard, professeure d'Education Physique et Sportive


Activités

Danse : Rachid Ouramdane

Compte-rendu de la sortie au Théâtre de la Cité internationale de la classe de 4.5 du 8 novembre 2016 pour le spectacle de chorégraphie "Tordre" de Rachid Ouramdane.

Le spectacle de danse contemporaine - la pièce chorégraphique "Tordre" au TCI - nous a été présentée par le réalisateur lui-même, Rachid Ouramdane, co-directeur du Centre national chorégraphique de Grenoble. Il nous a expliqué, à nous qui l’écoutions avant le spectacle, qu'il choisissait particulièrement pour ses interprètes de scène, des "étrangers" dits d’origine diverse ou bien porteurs d’une différence – des êtres qui en général, ont développé une façon de danser qui leur est propre, à partir de leurs propres contraintes et particularités, de leur histoire intime – une réalité difficile à vivre au départ qui s’est transformée en une belle force véritable . Voilà pourquoi le chorégraphe a fait appel à Annie Hanauer, danseuse américaine, et Lora Juodkaite, d'origine lituanienne.

Les deux artistes sont entrées sur scène pour accomplir leur danse personnelle, au-delà de leur handicap – physique ou bien « moral ». Nous étions bien installés aux premiers rangs du balcon, nous avons pu ainsi bien voir et dominer le spectacle. L'éclairage de la salle a disparu puis les lumières de la scène se sont installées.

Les danseuses sont arrivées sur le plateau, l'une côté cour et l'autre côté jardin : elles se sont croisées souvent tout en entamant une danse individuelle, chacune de son côté, à la manière des accessoires scéniques, ainsi deux hélices posées et installées sur le plateau et qui tournaient selon leur vitesse propre.

La danseuse lituanienne n'en finissait pas de tourner sur elle-même tandis que l'interprète américaine dont un bras est continué par une prothèse s'élançait sur la scène dans des mouvements amples et gracieux, une danse large et généreuse.

Les danseuses sont entrées en contact par instants, et l'une – plus élancée dans l’espace - a semblé arrêter l'autre dans son cercle infernal de tournoiement.

Celle-ci a expliqué son enfance et l’origine de cette danse incessante sur elle-même : la peur et le mal-être l’ont conduite à cette gestuelle, à côté de sa sœur qui la regardait danser sur le tapis rouge familial qu’elles ont fini par ôter toutes les deux.

La chanson "Feelings" de Nina Simone a envahi l'espace - et Annie Hanauer s'est mise à l'écoute de ces sensations sonores, répondant par le corps aux invectives.

Le spectacle est gracieux ; il joue sur la répétition, le silence et la finesse d'une musique envoûtante alors que les deux interprètes dansent de toute leur âme.

 

Oviyah Thevarajah  classe de 4.5