Simone Weil, une femme philosophe

Simone Weil, une femme philosophe

lycée Simone Weil - Paris 3ème

Sa vie

   simone weil          Simone WEIL

est née à Paris en 1909 dans une famille bourgeoise et cultivée ; normalienne, agrégée, à ses débuts elle enseigne la philosophie au lycée du Puy. En 1934 et 1935 elle décide de travailler en usine comme manœuvre. Elle dira sur la condition ouvrière « l'ignorance totale de ce à quoi on travaille est excessivement démoralisante ».

Selon elle, la vérité est toujours individuelle car « la personne participe davantage du sacré que la collectivité ». Ainsi dès le début des années 30, elle dresse une analyse extrêmement lucide du colonialisme, de la barbarie nazie, de la tyrannie stalinienne.

En 1936, elle s'engage aux côtés des républicains dans la guerre d'Espagne. Son pacifisme résolu se transforme après l'entrée des Allemands à Prague en 1939, en appel à la lutte armée contre Hitler. En juin 1940 elle quitte Paris occupé pour Marseille puis pour l'Ardèche où elle travaille comme ouvrière agricole.

Profondément mystique, elle refuse cependant l'adhésion par le baptême à aucune église visible.

Elle gagne Londres où elle travaille pour la « France Libre ». Très malade elle ne peut rejoindre la Résistance sur le sol français. Elle s'alimente de moins en moins et meurt en août 1943 à Ashford, en Angleterre, où elle est enterrée.

Bibliographie

En quelques dates :

  * 1947 - La Pesanteur et la Grâce, préface de Gustave Thibon, Paris, Plon.

  * 1949 - L'Enracinement. « Prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain », Paris, Gallimard ; Coll. Idées, Paris, Gallimard 1968.

  * 1949 - Attente de Dieu, introduction de Joseph-Marie Perrin, O. P. Paris, La Colombe, Éd. du Vieux Colombier ; Paris, Fayard, 1966.

  * 1950 - La connaissance surnaturelle, Coll. Espoir, Paris, Gallimard.

  * 1951 - Intuitions pré-chrétiennes, Paris, La Colombe, Éd. du Vieux-Colombier, 1951.

  * 1951 - Cahiers, I, Coll. L'Épi, Paris, Plon, 1951 ; nouvelle éd. revue et augmentée, 1970.

  * 1951 - Lettre à un religieux, Coll. Espoir, Paris, Gallimard 1951 ; Coll. « Livre de Vie », Paris, Éd. du Seuil, 1974.

  * 1951 - La condition ouvrière, avant-propos d'Albertine Thévenon, Coll. Espoir, Paris, Gallimard, 1951 ; Coll. Idées, Paris, Gallimard, 1972.

  * 1953 - La Source grecque, Paris, Gallimard.

  * 1953 - Cahiers, II, Coll. L'Épi, Paris, Plon, 1953 ; nouvelle éd. revue et augmentée, 1972.

  * 1955 - Oppression et liberté, Coll. Espoir, Paris, Gallimard, 1955.

  * 1955 - Venise sauvée, Gallimard.

  * 1956 - Cahiers, III, Coll. L'Épi, Paris, Plon, 1956 ; nouvelle éd. revue et augmentée, 1974.

  * 1957 - Écrits de Londres et dernières lettres, Coll. Espoir, Paris, Gallimard.

  * 1959 - Leçons de philosophie (Roanne 1933-1934), transcrites et présentées par Anne Reynaud-Guérithault, Paris, Plon 1959 ; Coll. 10/18, Paris, UGD, 1970.

  * 1960 - Écrits historiques et politiques, Coll. Espoir, Paris, Gallimard, 1960.

  * 1962 - Pensées sans ordre concernant l'amour de Dieu, Paris, Gallimard.

  * 1966 - Sur la science, Paris, Gallimard.

  * 1988 - Œuvres complètes, Paris, Gallimard. Tome 1 : Premiers écrits philosophiques, Tome 2 : Écrits historiques et politiques.  

Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_Weil

Extraits :

   simone weil     Lettre à élève (Cahiers condition ouvrière) :

 « Car la réalité de la vie, ce n'est pas la sensation, c'est l'activité - j'entends l'activité et dans la pensée et dans l'action. Ceux qui vivent de sensations ne sont, matériellement et moralement, que des parasites par rapport aux hommes travailleurs et créateurs, qui seuls sont des hommes. J'ajoute que ces derniers, qui ne recherchent pas les sensations, en reçoivent néanmoins de bien plus vives, plus profondes, moins artificielles et plus vraies que ceux qui les recherchent. Enfin la recherche de la sensation implique un égoïsme qui me fait horreur, en ce qui me concerne. Elle n'empêche évidemment pas d'aimer, mais elle amène à considérer les êtres aimés comme de simples occasions de jouir ou de souffrir, et à oublier complètement qu'ils existent par eux-mêmes. On vit au milieu de fantômes. On rêve au lieu de vivre. »  

 

   simone weil    Oppression et liberté :

          « Il n'y a pas de maîtrise de soi sans discipline, et il n'y a pas d'autre source de discipline pour l'homme que l'effort demandé par les obstacles extérieurs. Un peuple d'oisifs pourrait bien s'amuser à se donner des obstacles, s'exercer aux sciences, aux arts, aux jeux ; mais les efforts qui procèdent de la seule fantaisie ne constituent pas pour l'homme un moyen de dominer ses propres fantaisies. Ce sont les obstacles auxquels on se heurte et qu'il faut surmonter qui fournissent l'occasion de se vaincre soi-même. Même les activités en apparence les plus libres, science, art, sport, n'ont de valeur qu'autant qu'elles imitent l'exactitude, la rigueur, le scrupule propres aux travaux, et même les exagèrent. Sans le modèle que leur fournissent sans le savoir le laboureur, le forgeron, le marin qui travaillent comme il faut, pour employer cette expression d'une ambiguïté admirable, elles sombreraient dans le pur arbitraire. La seule liberté qu'on puisse attribuer à l'âge d'or, c'est celle dont jouiraient les petits enfants si les parents ne leur imposaient pas des règles ; elle n'est qu'une soumission inconditionnée au caprice. »         

 

    simone weil       L'enracinement :

         « L'obéissance est un besoin vital de l'âme humaine. Elle est de deux espèces : obéissance à des règles établies et obéissance à des êtres humains regardés comme des chefs. Elle suppose le consentement, non pas à l'égard de chacun des ordres reçus, mais un consentement accordé une fois pour toutes, sous la seule réserve, qu'il soit généralement reconnu, et avant tout par les chefs, que de la récompense constitue en fait le ressort principal de l'obéissance, de manière que la soumission ne soit jamais suspecté de servilité. Il faut qu'il soit connu aussi que ceux qui commandent obéissent de leur côté ; et il faut que toute la hiérarchie soit orientée vers un but dont la valeur et même la grandeur soient senties par tous, du plus haut au plus bas. »            

Coordonnées X  
  • Lycée général et technologique
    SIMONE WEIL
    7 RUE DE POITOU
    75003 Paris
    tel : 0148873774

Liens utiles X