Les contes et la parité - Un petit chaperon différent

03 févr. 17

UN PETIT CHAPERON DIFFERENT

 

Il y a très longtemps, le monde était envahi par les Petits Chaperons Verts. Ils adoraient tous la célèbre Vernadette, une chanteuse Chaperonne exceptionnelle. Une vraie star ! Un jour de pluie, naquit au milieu de tous ces bonshommes Verts, un petit Chaperon… Rouge !

- Un Petit Chaperon Rouge ? S’étonna la mère. Berk !

- Il ne peut pas rester avec nous, répliqua le père, il est trop… bizarre !

- Il est horrible !

- Il fait peur !

- Il n’est pas comme nous, disait le peuple.

Le Petit Chaperon Rouge alla donc se cacher chez sa bonne vieille grand-mère, qui elle se moquait bien de sa couleur. Sa grand-mère habitait tout au fond de la forêt. Le Petit Chaperon Rouge marcha longtemps dans le silence absolu de la forêt. Longtemps, longtemps. Quand tout à coup, il entendit des pas qui se rapprochaient de plus en plus près. Puis en grelottant à cause du froid humide, il vit une ombre noire se rapprocher de lui. Et devant lui… le loup ! Le Petit Chaperon Rouge était mort de peur. Il vit toute sa courte vie défiler devant ses yeux. C’était sa dernière heure, c’était sûr ! Le loup allait bondir et le manger tout cru. Mais non pas du tout.

- Tu ne me manges pas ? Interrogea Le Petit Chaperon Rouge stupéfait.

- Bien sûr que non ! Je ne mange que BIO et végétarien ! Mais où vas-tu comme ça ?

- Je vais me cacher chez ma bonne vieille grand-mère parce que les Petits Chaperons Verts m’ont rejeté à cause de ma couleur. Ils la trouvent bizarre et pas commune (le loup et le Petit Chaperon Rouge se lièrent vite d’amitié).

Soudain, un cri retentit… un cri à nous donner la chair de poule !

Le Petit Chaperon Rouge reconnut tout de suite la voix de Vernadette, la célèbre Vernadette ! Subitement, le Petit Chaperon Rouge se rendit compte qu’une fumée noire et étouffante apparaissait à la cime des arbres.

De gigantesques flammes envahissaient la forêt. Vernadette, la pauvre Vernadette, était coincée au milieu d’un cercle de feu brûlant. Les Petits Chaperons Verts, en égoïstes qu’ils étaient, s’étaient enfuis et avaient laissé Vernadette dans la forêt enflammée. Le Petit Chaperon Rouge en avait assez. A vrai dire lui aussi aimait Vernadette. D’un seul coup, il tira la queue du loup et s’y agrippa aussitôt. De douleur, le loup bondit en direction de Vernadette. Ils sautèrent au-dessus des flammes, évitèrent les chutes de branches enflammées et les troncs en feu. Le Petit Chaperon Rouge fit signe à Vernadette de monter sur le dos du loup. Vernadette s’accrocha sur le dos du loup et ils sortirent de l’incendie.

Ils regagnèrent le village qui était déserté.

Aucun Petit Chaperon Vert n’était présent.

Pour les remercier, Vernadette chanta sa chanson favorite, c’était celle des Petits Chaperons Verts également. Tout à coup, attirés par la chanson, la colonie arriva en sifflotant les paroles. Vernadette leur raconta l’héroïsme du Petit Chaperon Rouge et du loup : l’incendie, les flammes, le sauvetage… A la fin du récit, les Petits Chaperons Verts étaient si contents de retrouver Vernadette, si désolés de l’avoir oubliée qu’ils remercièrent mille fois le Petit Chaperon Rouge et son ami le loup.

Ces deux-là repartirent du village se reposer chez leur grand-mère. Mais les jours passaient et le Petit Chaperon Rouge s’ennuyait. Vernadette lui manquait. De son côté, elle aussi s’ennuyait.

Le Petit Chaperon Rouge lui manquait également.

Il décida alors d’aller rendre visite à Vernadette.

Quand il arriva au village, Vernadette était là, elle chantait. Et elle chantait tellement bien !

Son regard croisa celui du Petit Chaperon Rouge.

Lui, la fixait déjà. Ils se regardèrent longtemps, puis ils coururent l’un vers l’autre et se serrèrent dans les bras. Ils s’échangèrent des mots doux, comme : « tu m’as manqué » et des « enfin te voilà !». Le Petit Chaperon Rouge demanda la main de Vernadette qui accepta sans hésiter. Ils se marièrent, eurent beaucoup d’enfants (des verts et des rouges), et s’en allèrent vers de nouvelles aventures qui n’appartenaient qu’à eux.

 

Alice C. et Lilah L. - CM2B