La République

Statue de Clésinger

Grâce à la générosité de ses petits enfants, Georges et Jeanne, la chambre de Victor Hugo, au 130, avenue d’Eylau, où il passa les dernières années de sa vie, de 1878 à 1885 a pu être fidèlement reconstituée. Parmi ce mobilier, on trouve des cadeaux que l’écrivain, personnage public, a reçus pour son 80ème anniversaire : La République, par Clésinger, un vase de Sèvres, offert par Jules Ferry au nom du gouvernement.

Clesinger

La République

 

Jean Baptiste dit Auguste Clésinger, 1879

Plâtre doré

H: 110 cm x 60 cm

C'est une République quelque peu guerrière qu'a représentée Clésinger, coiffée d'un casque et le buste protégé par un corps d'armure ouvragé passé sur une fine chemise qui protège sa peau.
En 1878, Clésinger présente à l'Exposition Universelle une sculpture monumentale représentant La République assise commandée par l'Etat. Coiffée d'un casque à cimier, tenant une épée dans la main droite (disparue dans la version du musée de Cahors), elle symbolise la Constitution de 1875 dont les lois sont inscrites sur une tablette soutenue par le bras gauche de la statue. Ce modèle en terre cuite porte une dédicace sur le socle à Léon Gambetta.
A partir de cette sculpture Clésinger réalise une série de bustes avec de légères variantes pour décorer les hôtels de ville. Un exemplaire est aujourd'hui encore présent dans la Salle des conférences du Sénat.
Clésinger a pris pour modèle la femme qui partage alors sa vie, Berthe Courrière, figure des milieux occultistes décrite de grande taille et avec un physique imposant. Cette physionomie participe à l'impression de monumentalité donnée par ces oeuvres.
En 1879, Clésinger offre une réduction en plâtre doré de la statue de 1878 à Victor Hugo, son ami. Dédicacée, cette statuette ne quittera jamais le chevet de l'écrivain. Elle est aujourd'hui conservée dans la maison de Victor Hugo à Paris. (source : Musée de Cahors - Henri Martin - https://musees-occitanie.fr/musees/musee-de-cahors-henri-martin/collections/sculpture-xixe-xxe-siecle/jean-baptiste-dit-auguste-clesinger/la-republique-1/)

 

Monarchie et République

En 1852, une nouvelle tête apparaît sur les timbres français: Louis Napoléon Bonaparte. En 1853, le personnage reste mais une modification importante est mentionnée sur le timbre. En 1863, une nouvelle modification encore ! Elle traduit la difficile installation de la République au cours du siècle que Victor Hugo a traversé.

Timbre Napoleon III

Oeuvre de comparaison

Liberté Assemblée

Statue de la République, par Feuchères, place du Palais-Bourbon.

Sculpture intitulée "La Loi" sur socle sculpté en bas-relief protégée par une grille. Elle tient la table des "DROITS / DE / L'HOMME" et la main de la Justice. 

D'une photographie de 1852 de Charles Marville, il ressort de la description de l'exposition, parue dans L'Illustration du 13 janvier 1849, que cette oeuvre correspond à celle figurant sur la photographie de la place du Palais Bourbon, prise par Marville en 1852 (cf. http://parismuseescollections.paris.fr/fr/musee-carnavalet/oeuvres/statue-de-la-republique-place-du-palais-bourbon-7eme-arrondissement-paris-0#infos-principales   ). Elle aurait donc été placée sur le socle vide, puis remplacée par la statue en marbre, commandée à Feuchère le 13 février 1849 pour figurer La Constitution, qu'il termina en 1852 et qui ne fut érigée qu'en 1855 sous le nom de La Loi, intitulé moins contraignant pour le nouveau régime ! L'accent est mis sur l'ordre ainsi que le montre la posture assise, la gravité et la coiffure végétale. Dans la main gauche de la statue : le sceptre avec main de justice ; dans la main droite les tables gravées évoquent la Loi.

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/place-bourbon.asp