Une galerie de moulages exceptionnels

Moulages

Selon le Nouveau manuel complet du mouleur (1850), « le moulage consiste à reproduire une figure, en prenant promptement toutes ses formes et ses contours. Pour y parvenir, il faut d’abord faire un creux ou un moule sur la figure à reproduire. Ce creux, véritable contrepartie de la figure modèle, servira à couler le plâtre qui la reproduira exactement ». 

Trois techniques de moulage ont été mises en œuvre pour constituer les collections du musée :

  • Le moulage à bon creux ou à pièces est un procédé qui a notamment été employé pour mouler des œuvres en plâtre ou en matériau dur (pierre, marbre, bronze). Il autorise la conservation du moule sans limitation de durée et permet de réaliser des épreuves à la demande.
  • Le moulage à la gélatine, qui s’emploi en coulée, permet lui aussi l’exécution de plusieurs épreuves. Le matériau est cependant fragile ; il se rétracte, se déforme et se solidifie rapidement.
  • À la différence des procédés précédents, l’estampage à la terre ou moulage à creux perdu n’autorise le tirage que d’une épreuve unique. Il a notamment été employé pour prendre l’empreinte d’œuvres ne pouvant supporter le contact d’un corps gras ou humide, et pour concevoir les grands moulages d’architecture du musée.

La gélatine et la terre ne sont aujourd’hui plus en usage : ils ont été remplacés par le silicone, un élastomère d’une grande plasticité, facile d’emploi. Sa principale qualité est de résoudre les contraintes liées aux volumes de formes complexes ou en creux.

Poursuivre avec le diaporama associé à cette ressource : https://www.citedelarchitecture.fr/fr/article/techniques-de-moulage

 

Une collection unique

Les collections de la galerie des moulages concrétisent plus d’un siècle d’activité de la commission des Monuments historiques, fondée en 1837 afin d'assurer la sauvegarde du patrimoine national. La constitution des collections de moulages en plâtre reflète la diversité des axes de recherche portés aux XIXe et XXe siècles par les pères de l’archéologie médiévale et les premières défenseurs de la cause patrimoniale.

Les milliers de moulages en plâtre à grandeur réelle que comptent les collections de la galerie ont été rassemblés au cours des cent-trente dernières années. Ils ont pour origine le musée de Sculpture comparée d’Eugène Viollet-le-Duc, ouvert en 1882 au sein du palais du Trocadéro. Après le musée de Cluny (1843), ce musée contribua à faire connaitre l’architecture et la sculpture médiévales auprès du grand public, en un temps où l’art des cathédrales gothiques était encore négligé par l’Académie des beaux-arts.

La liste des œuvres à mouler en priorité a été dictée par les rapports et écrits théoriques d’Eugène Viollet-le-Duc, dont les thèses sur l’évolution de la sculpture étaient illustrées à travers le parcours muséographique. C’est ainsi qu’ont été moulés aux premières heures du projet le portail de la basilique de Sainte-Marie-Madeleine à Vézelay, celui de Notre-Dame-du-Port à Clermont-Ferrand et plusieurs statues des cathédrales de Chartres, Reims ou Paris... À ces morceaux choisis se sont ajoutés au gré des années des centaines de moulages, dont l’intérêt avait été débattu par une assemblée composée de membres de la commission des Monuments historiques, ou adoptés de facto sur proposition des directeurs du musée.

Pour concevoir les collections, tous ont pu s’appuyer sur le savoir-faire, en partie perdu aujourd’hui, de sculpteurs statuaires et de mouleurs en plâtre, –  ceux de l’atelier du musée au premier chef. Ils les ont missionnés à travers la France, et parfois hors de ses frontières, pour recueillir l’empreinte de sculptures de chaque type d'architecture et la quintessence de l’œuvre des maîtres de la Renaissance et des Temps modernes. Certains moulages ont aussi été acquis auprès d’institutions françaises et étrangères, d'autres sont entrés par voie d’échange ou par donation, à l’exemple des grandes sculptures des cathédrales de Senlis et de Laon. Exécutés dans les années 1840, lors des premiers travaux de restauration, ces moulages sont les plus anciens des collections.