Concorde

Concorde

Le Concorde Sierra Delta 213 F-BTSD Air France

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(c) MAE

Un bref descriptif

Après de nombreuses études séparées puis en commun, le 25 octobre 1962, un traité était signé entre la France et la Grande Bretagne pour la réalisation d’un avion de transport supersonique baptisé Concorde. Sud Aviation devait initialement produire une version moyen-courrier et la British Aircraft Corporation la version long-courrier de la même cellule, capable de transporter 100 passagers à une vitesse de croisière de Mach 2,2.

Défi de l’Europe aux Etats-Unis, l’appareil nécessita le développement des technologies les plus audacieuses et l’adaptation à un partenariat non exempt de difficultés. La première pièce vit le jour en avril 1965 et le Concorde 001, premier prototype, sortit d’usine le 11 décembre 1967. Après quinze mois d’essais au sol, Concorde 001 décollait de Toulouse le 2 mars 1969 piloté par André Turcat assisté de Jacques Guignard, Henri Perrier et Jacques Rétif. L’appareil, ainsi que le prototype britannique 002, ouvrit le domaine de vol. Le 001 atteignit Mach 1 le 1er octobre 1969 et Mach 2 le 4 novembre 1970 – performances que son concurrent, le Toupolev Tu-144 soviétique avait déjà réalisé.

Après avoir accumulé 812 heures de vol dont 255 en supersonique, Concorde 001 termina son 397e vol en se posant devant le musée de l’Air et de l’Espace le 19 octobre 1973.

 Le contexte historique et social

Jusqu’à la fin des années 1940, la vitesse de croisière des avions de ligne est de 350 Km/h à 550 km/h. Vers la fin des années 1950, avec la mise en service des longs courriers Boeing 707 et DC-8, la vitesse de croisière atteint 900 km/h (Mach 0,84). Au début des années 1960, l’objectif d’un doublement de la vitesse semble accessible pour la prochaine génération de transport de passagers. La vitesse de croisière visée sera donc supersonique, de l’ordre de Mach 2, soit environ 2 000 km/h.

 Les premières études

Côté français, l’étude d’un moyen-courrier supersonique, la Super Caravelle, est débutée à la fin des années 1950. Les dirigeants de Sud aviation « laissent » implicitement le développement du long courrier aux américains. Côté britannique, c’est un long courrier, le BAC 223 qui est envisagé. Ces deux projets seront présentés sous forme de maquettes lors du Salon du Bourget de Juin 1961.

 Dès 1959, de multiples échanges considèrent la possibilité d’un regroupement franco-britannique sur le projet d’un avion de transport supersonique. Ces contacts aboutissent à l’accord industriel BAC  – Sud aviation, du    25 octobre 1962 suivi du protocole d’accord intergouvernemental du 29 novembre 1962. Le financement, le développement et la production seront partagés à 50/50, avec une clef de répartition tenant compte de la prédominance britannique dans le domaine de la motorisation. L’accord industriel porte sur deux versions du projet, l’une « moyen-courrier » cher aux Français (100 t, 100 places), l’autre « long courrier » (119 t, 90 places). La vitesse de croisière retenue est Mach 2,2. La motorisation est assurée par l’Olympus 593 de Bristol Siddeley (Rolls Royce ensuite) avec la participation de la SNECMA. Un prototype doit voler dans chaque pays en 1966, tandis que les premières livraisons sont prévues en 1970. Deux chaînes d’assemblage sont installées, l’une à Filton, l’autre à Toulouse.

 Développement

En 1964, les projets sont fusionnés en faveur du long-courrier. Au fil de l’avancement des études, la masse maximum au décollage atteint 125 t (128 sièges), puis 148 t (119 sièges). La version de série atteindra 185 t (100 sièges).

Le  prototype  Français  (le  001,  F-WTSS  du  Musée)  sort  officiellement  de  son  hangar  d’assemblage,  le    11 décembre 1967. A cette occasion, le ministre britannique de la technologie, Antony Wedgwood Benn tranche en faveur du nom « Concorde » (avec un E comme Excellence, England, Europe, et Entente). Le premier vol a lieu le 2  mars 1969. Le  prototype britannique (002, immatriculé G-BSST)  vole pour la première fois le      9 avril. Durant le Salon du Bourget de 1969, les deux prototypes sont présentés en vol simultanément.

Le 1er octobre 1969, le 001 dépasse pour la première fois Mach 1 après 45 vols (25 mars 1970 pour le 002 britannique). Mach 2 est atteint le 4 novembre 1970 pour le 001, le 12 novembre pour le 002.

 Les aspects commerciaux.

Le maximum des options de commandes, 80 exemplaires, est atteint en 1972 (74 + 3 Iran Air + 3 CAAC chinoise jamais mentionnées par les constructeurs). 18 compagnies aériennes sont clientes.

Le 31 janvier 1973, Pam AM décide de renoncer à ses options. Les autres compagnies clientes suivent. Seules restent Air France et British Airways qui réceptionneront les 14 machines de série produites.

 Les raisons de l’échec :

Le bruit, surtout au décollage

Le bang sonique (interdiction de vol supersonique hors des zones maritimes)

La consommation importante et donc l’autonomie limitée. L’avion peut relier Londres ou Paris à New York, mais n’a pas assez d’autonomie pour réaliser le vol depuis Frankfort ou Rome.

Les coûts de maintenance.

 L’utilisation commerciale par Air France et British Airways.

Air France :

Paris-Rio de Janeiro (avec escale à Dakar), Paris Caracas (avec escale aux Açores), Paris Washington (prolongé vers Dallas et Mexico en coopération avec Braniff) et enfin Paris New

York, 5 machines en exploitation sur les 7 livrées.

British

Airways :

Projet vers l’Australie en coopération avec Singapore Airways. Au final Londres New York

seulement, 7 machines en exploitation.

 L’accident du 25 juillet 2000 et les suites.

C’est une mesure exceptionnelle en cas d’accident : tous les Concorde sont bloqués au sol dès le début de l’enquête. Après les modifications apportées au matériel (renfort des réservoirs, nouveaux pneus Michelin), les Concorde sont remis en service en novembre 2001, au pire moment pour le transport aérien. Après les premiers vols de reprise remplis d’invités, certains vols partent avec plus de membres d’équipage que de passagers… Lorsque la fin d’exploitation est annoncée pour fin mai 2003, les vols Concorde deviennent « collector » et donc avec des coefficients de remplissage très élevés.

 

Pour en savoir plus :

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Concorde_(avion)

 https://www.museeairespace.fr/aller-plus-haut/collections/aerospatiale-bae-concorde-sierra-delta- 213-f-btsd-air-france/

 https://www.museeairespace.fr/aller-plus-haut/collections/bac-sud-aviation-concorde-prototype- 001-f-wtss/

Pliages

Quelques idées de pour réaliser un avion en papier par pliage:

http://www.letribunaldunet.fr/insolite/pliages-avion-en-papier-vole-bien.html 

 

Atelier pliage au pied (aux roues) du Concorde :

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