Visite au Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France

CC-BY-NC-ND SarahTarno

Un vaste réseau souterrain qui s’étend sous le jardin des Tuileries nous emmène dans différents laboratoires, où les restaurateurs conservent les traces de l’histoire, toute l’histoire de l’objet…

Dans le laboratoire des Matériaux pierreux, des Apôtres du musée de Cluny sont en cours de restauration. Le nettoyage de la pierre se fait par photo-ablation par lumière infrarouge (une technique pas si éloignée de la dermabrasion en institut de beauté !)
C2RMF
Nous sommes accueillis dans la Salle de radiographie des peintures par un chef d’œuvre de la peinture flamande : La Vierge aux donateurs de Van Dyck (1599-1641).

Le tableau est entouré d’une série de radios, qui comme un puzzle le reconstitue dans son intégralité. Leur étude a permis de faire des découvertes invisibles à l’œil nu : les « repentirs » de l’artiste, quelques traces de restaurations antérieures, et même un changement de format datant du XVIIIème siècle.

AGLAE

AGLAE l’accélérateur de particules, le seul au monde dédié à l’analyse d’œuvres d’art, est capable de percer les mystères de matériaux très sensibles et fragiles. On introduit des noyaux d'hydrogène ou d'hélium qui vont subir une accélération jusqu’à 30.000 km/seconde. Dans la salle de contrôle, chimistes, physiciens et informaticiens  déduisent de leurs rayonnements la composition de l’objet.


De ces recherches dépendent la connaissance approfondie mais aussi la conservation de l’oeuvre. Par exemple, l’analyse chimique de micro-échantillons de peinture a révélé que beaucoup de rouges des tableaux de Van Gogh ont blanchi car il utilisait du minium, un oxyde de plomb qui se dénature à la lumière. Ainsi, les deux chemins menant à L’église d’Auvers sur Oise étaient rouges.

Il n’est pas question de restaurer la peinture dans son état originel, mais peut-être faudra-t-il encore davantage protéger les Van Gogh de la lumière…