CHARLEVILLE-MÉZIÈRES 2019, COMPTE RENDU

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CHARLEVILLE-MÉZIÈRES 2019, COMPTE RENDU
Les élèves en option Études théâtrales d'hypokhâgne au lycée Victor Hugo ont séjourné les 25, 26, 27 et 28 septembre 2019 au 20ème Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes de Charleville-Mézières.

Les élèves en option Études théâtrales d'hypokhâgne au lycée Victor Hugo ont séjourné les 25, 26, 27 et 28 septembre 2019 au 20ème Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes de Charleville-Mézières.
Ils y ont assisté à quatorze créations venues d'Afrique du Sud, d'Allemagne, d'Argentine, du Burkina Faso, du
Canada, du Chili, d'Espagne, des États-Unis, de France, d'Italie, du Japon, des Pays-Bas, du Portugal.
Ils ont bénéficié de trois rencontres avec des artistes - sans compter diverses rencontres informelles après les spectacles. Ils ont visité au moins deux expositions. Ils ont également découvert l'École Supérieure Nationale des Arts de la Marionnette grâce à une visite conduite et commentée par son directeur, ainsi que par deux élèves de cette École… naguère passées par l'option Études théâtrales de l'hypokhâgne du lycée Victor Hugo. Sans oublier, dans ce programme… trois séances de leur cours d'études théâtrales « transplanté » à Charleville-Mézières. Cette exploration de l'univers de la marionnette sera prolongée, en partenariat avec le Mouffetard, par deux stages de pratique : initiation en octobre 2019 et création en avril 2020.


Voici, par ces élèves, le compte rendu de leur séjour.


La double alchimie
Nous voici à Charleville-Mézières, cœur international de l’art de la marionnette, accompagnés de
notre professeur d’Études théâtrales ainsi que d’une ancienne hypokhâgneuse, devenue spécialiste du théâtre
de marionnettes. Sont à notre programme quatorze spectacles, la visite de lieux emblématiques comme
l'École d’art de la marionnette ou la tombe de Rimbaud, ainsi que des rencontres avec plusieurs
marionnettistes qui commenteront leur création. Entre découverte de l’art de la marionnette pour certains et
pour d’autres initiation au camping… sous la pluie, Charleville-Mézières promet d’étonner notre charmante
petite classe d’hypokhâgne.
Après un réveil bien humide le splendide lycée Chanzy nous accueille en matinée, offrant un refuge
contre le froid et une salle pour travailler. Et voici les premiers spectacles. Nous nous effaçons dans les
gradins, tous attentifs face à un art inconnu. Une marionnette, des ombres, les vers de Rimbaud traduits en
anglais, un bercement onirique : c'est L'Alchimie des mots. Calm blue sky d'Andy Gaukel est ingénieux et
politique, le spectacle évoquant les populations bombardées en Irak ; du papier et une lampe torche suffisent
à créer une déconcertante illusion. Xavier Arranda fait l'unanimité avec Vida. Nous quittons la salle
émerveillés par sa capacité à créer la vie à partir de ses mains et de presque rien.
Jeudi, le spectacle chilien Tchaïka nous a troublés : “S’agissait-il d’une voix off ou de la voix de
l’actrice ?” demandait un élève. C’est en réalité grâce à une technique vocale et marionnettique incroyable
que la jeune actrice seule, portant la marionnette grandeur nature de la vieille comédienne Tchaïka, jouait
tout à la fois son propre personnage, celui de Tchaïka et, principalement grâce à des objets, ceux de La
Mouette de Tchekhov. Puis vint L'Antica Tradizione di Pulcinella, spectacle de marionnette à gaine
napolitaine traditionnelle de Gaspare Nasuto. Par la dimension rythmique et burlesque Pulcinella a provoqué
rire, compassion et complicité chez les spectateurs. Enfin Joe 5 présentait une expérience dystopique où
Duda Paiva maniait danse troublante, marionnettes portées et lumières futuristes.
Le vendredi s’ouvre sur l’intervention de deux marionnettistes, Andy Gaukel puis Gaspare Nasuto.
Alors que l’un offre une approche personnelle de sa passion, l’autre nous livre un discours plus savant sur
l’art de la marionnette. Après cet échange enrichissant nous replongeons dans le festival. Chimpanzee de
Nick Lehane nous impressionne tant par sa technique empruntée au "bunraku" japonais que par l’émotion
qui s’en dégage et nous discutons avec les interprètes qui nous éclairent sur leurs intentions. Profitant de nos
heures libres, nous nous immergeons dans l’atmosphère animée et chaleureuse du centre-ville, et nous nous
réunissons pour conclure la journée sur une note festive.
Samedi.… Dans les locaux du Festival un café chaud nous accueille et Duda Paiva clôt notre série de
rencontres avec des metteurs en scène. L’après-midi nous visitons l’École Supérieure Nationale des Arts de
la Marionnette où nous découvrons les subtilités de cet art, de la fabrication à la manipulation. Viennent
ensuite Voyage en Kamishibaï, qui fait revivre cette forme disparue de théâtre japonais ambulant ; puis
Macbeth muet, très comique, où le théâtre d'objet modernise de façon burlesque la pièce de Shakespeare. La
journée s’achève avec le dernier spectacle Room qui nous submerge dans une mise en scène particulièrement
épurée, proposant une métaphore de l’enfermement de l’homme.
Notre voyage à Charleville-Mézières fut une formidable expérience, tant humaine qu’artistique. Nous
y fîmes une double découverte. Ignorants de l’art de la marionnette, nous découvrîmes un art qui n’a pas sa
juste place dans la hiérarchie commune des arts du spectacle, mais surtout dans l’imaginaire collectif.
Ignorants, pour la plupart, de la personnalité des uns et des autres, nous apprîmes à nous connaitre tous et le
lien que nous avons tissé durant ces cinq jours – et ces cinq nuits – constitue une part essentielle,
exceptionnelle de notre voyage. Nous éprouvons encore sa solidité… En un mot, ce séjour fut celui des
révélations : les spectacles de marionnettes ne sont pas (que) pour les enfants ! Nos camarades de théâtre
sont formidables ! Et qui sait si certains d’entre nous n’ont pas trouvé leur vocation… ?


Compte rendu rédigé collectivement et progressivement par
Chahinez Bengueddach, Joseph Braunstein, Fanny Jouet (4 octobre 2019)
Evan Gogolachvili, Lou Khalifa, Apollonie Morot Sir (5 octobre 2019)
Roxane Badii, Lancelot Le Gall, Matteo Riou (6 octobre 2019)
Maëlle Millet, Nine Potier, Joad Vernay (7 octobre 2019)
Lola Breathnach, Héloïse Chéronnet, Grégoire Suillaud (8 octobre 2019)
Louna Gohoungo, Alice Marcou, Lolita Picquet (9 octobre 2019)