La carte des terres nourricières d’Île-de-France

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Compte-rendu de l’intervention de Monsieur Cyril De Koning sur la Carte des Terres Nourricières, 

réalisé par Sabine Renon et Léah Lecarpentier

 

Le 23 janvier 2020, au collège Alain-Fournier, pour les élèves de l'Eco-club, Cyril De Koning, qui fait partie de l’association “What the food”, est intervenu. 

 

Pour le projet CARMA (Coopération pour l’Ambition du Rural dans le Métropolitain pour l’Avenir), un projet de renouvellement agricole, il a créé une carte de l’Ile-de-France représentant les différents espaces agricoles et naturels.

 

Pour commencer, il a d’abord raconté l’histoire de Paris. Si la capitale est installée ici, c’est grâce aux terres fertiles. Sur la Plaine de France, la profondeur de la terre est de 6 mètres, alors que, en moyenne, en France, elle est de 75 cm. Malheureusement, la ville s’étend sur ces terres très fertiles, avec un dépassement de l’urbain sur le rural (depuis 2 ans, il y a 52% d’urbain et 48% de rural).

 

L'exposition a beaucoup plu aux élèves... qui ont posé plein de questions dès l'ouverture de la séance... et ils ont été nombreux. 

 

Ensuite, il a expliqué les légendes et les différents lieux d’agriculture de sa carte qu’il avait valorisés ou pas :

  • les maraîchers, une agriculture bio de proximité, situés le plus souvent au sud-est de l’Ile-de-France (IDF),
  • lieux de cueillettes avec vente dans la ferme 
  • les AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) sont des associations entre les paysans et les citadins, où les citadins payent d’avance le paysan (79 en IDF).
  • les apiculteurs, nombreux en IDF
  • les jardins partagés, en grande expansion dans la ville (le rural infiltre l’urbain)
  • les jardins pédagogiques et insertion (ex : les fermiers de la Francilienne dans le 18ème)
  • les élevages de poules ou moutons
  • les élevages de bovins qui sont responsables de 30% des gaz à effet de serre de la France

 

Il nous a présenté son diaporama, où il y avait des chiffres importants. 

En 2010, il y avait :

  • 593 100 ha de sols agricoles
  • 54 200 ha de sols naturels
  • 3 650 ha de légumes frais
  • 95 ha de légumes secs (lentilles, pois…)
  • 1 838 ha de fruits à pépin

 

En 2018, il  y avait :

  • 19 961 ha certifiés bio (3,36 %)
  • 242 000 ha de blé tendre (40%)
  • 82 500 ha de colza (13,5%)
  • 40 836 ha de culture industriel (betterave à sucre)

 

Entre 2002 et 2012, il y a eu une :

  • perte en moyenne de 1 308 ha de terres agricoles/an
  • perte de 518 ha de sols naturels/an

 

Entre 2012 et 2017, il y a eu :

  • une perte en moyenne de 590 ha de terres agricoles/an
  • un gain en moyenne de 96 ha de sols naturels/an (dû à la création “d’espaces verts" urbains, dont ⅓ en zones denses)

 

Puis, il a fait part de l'évolution du métier d'agriculteur. Les agriculteurs sont en baisse de 52% depuis 1997.

38% des agriculteurs ont plus de 55 ans. C’est le métier avec le plus fort taux de suicide.

 

Enfin, il a détaillé certains projets néfastes pour l’IDF :

  • château de 40 ha pour l’extension d’une déchetterie (enfouissement des déchets dans des terres fertiles)
  • création du plateau de Saclay (120 ha) sur l’une des terres les plus riches de l’IDF
  • la ville de Sevran veut fabriquer un surf-parc
  • extension d’une cimenterie de 45 ha à 550 ha sur une forêt
  • lieux de dépôt de nourritures pour Paris dans des hangars AMAZON sur des terres agricoles en banlieu (1897 ha)
  • triangle de gonesse, sols naturels (situé entre l'aéroport de Roissy et de bourget) changé en Europacity (projet annulé)

 

Monsieur De Konning a clôturé son intervention en insistant sur le fait que son rôle premier est de transmettre à son public trois grands principes :

  • "Résister" à la tentation de toujours vouloir...
  • "Construire" plus sans prendre en considérarion les effets néfastes sur l'environnement 
  • "Eveiller" les consciences sur les dangers des dérèglements climatiques... Certaines terres peuvent encore être sauvées (Terres à sauver : ce sont des terres menacées, mais il est peut-être possible de les sauver). S'agissant d'une alimentation saine, que chacun prenne l'engagement de manger de plus en plus sain... il y a des saisons pour chaque fruit et légume. UNE CONSOMMATION DURABLE ET RESPONSABLE ! 

 

 

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