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César des Lycéens 2021

Le Lycée Balzac a été sélectionné pour participer au César des Lycéens. Les élèves de Terminale enseignement optionnel Cinéma ont visionné les 5 films sélectionnés, farouchement débattu et finalement…voté !

Résultat des votes le 12 mars, lors de la 46ème Cérémonie des César.

Ils ont envie de partager avec vous leurs coups de cœur !

Adieu les cons, Albert Dupontel

 

Annotation 

César des Lycéens : Le Coup de Cœur d’Isaure

« Adieu les cons » et bonjour l’audace !

 

Je découvre durant ces trois jours de visionnage des Césars des lycéens 2021, Adieu les cons, le dernier film de Albert Dupontel.

Dans son scénario spielbergien, Albert Dupontel met en scène trois personnages aussi attachants que délirants condamnés par une société déshumanisée : Suze est coiffeuse, elle apprend qu'elle est victime d'une maladie auto-immune, elle décide alors de partir à la recherche de son enfant qu'on l'a forcée à abandonner lorsqu'elle avait 15 ans. Jean-Baptiste, informaticien en plein burn-out, tente de se suicider, mais sa tentative de suicide tourne mal, on le prend pour un dangereux criminel. Quant à Monsieur Blin, gardien des archives, aveugle et abandonné au sous-sol, il a été victime d'une bavure policière.

Ces trois laissés pour compte ont un point commun : ils se trouvent tous au bord du gouffre. Mais par un coup de maître narratif, le récit permet à nos protagonistes de lier leurs destins. Ils se lancent à la recherche de cet enfant perdu, une quête qui semble leur permettre à tous trois de surmonter leurs peurs et de trouver une raison de vivre et de mourir…

Qu’ont-ils à perdre si en effet ils avaient déjà tout perdu ?

Nous avons là un film rythmé par de l'humour burlesque, des échos cinématographiques et des effets spéciaux. Albert Dupontel a le talent et l’audace de mélanger tous les types de styles cinématographiques. Ainsi il contraste son œuvre entre le passé et le futur à travers l’image, le son et l’histoire. La réalisation et la forme du récit nous rappellent Jeunet, Terry Jones ou encore Terry Gilliam, avec une touche de Bonnie and Clyde et de Matrix, de quoi montrer à l’écran la liberté du mélange de registres dans la création de Dupontel.

On retrouve une critique appuyée de la société numérique dans laquelle la mémoire a été détériorée par les bases de données, où la parole a été réduite aux sms et où les yeux ont été éblouis par les écrans lumineux. Ce film nous interroge de différentes manières sur notre façon de vivre et sur ce monde incertain.

Adieu les cons est un film d’action plein d’émotions, à voir absolument quand vous en aurez l’occasion !

 

Isaure Trétout, élève de l’enseignement de spécialité & optionnel cinéma

Adolescentes, Sébastien Lifshitz

 

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César des Lycéens : Le Coup de Cœur de Serena

 

Sébastien Lifshitz, après les Invisibles (2012) et avant Petite Fille (2020), signe ici un autre documentaire, haut en couleur et au message fort.

On y voit grandir deux jeunes amies, Anaïs et Emma, de leur 13 ans jusqu’à leur 18 ans. Tout au long de ce documentaire, doté d’une magnifique photographie, Lifshitz tente d’illustrer l’évolution des questionnements de jeunes adolescentes dans une des phases les plus structurelles de notre existence. À travers Anaïs, on retrouve la France des milieux précaires auxquels la vie ne fait pas de cadeaux et son amie Emma décrit une famille plus confortable dans laquelle les problèmes relationnels sont partie intégrante. Les inquiétudes changent. Quand, au collège, les filles s’inquiétaient des bruits de récré, à la fin du lycée, elles sont confrontées aux peurs de l’avenir. Elles reflètent tout à fait la jeunesse d’aujourd’hui, vivant dans un présent imprévisible et un futur plein d’incertitudes et de craintes. Tout au long de ces cinq ans regroupés en 2h15 de documentaire, sont choisis les événements phares de cette décennie, comme les élections présidentielles ou bien les attentats terroristes, mais est surtout mis en avant la vision, franche et tranchée, bien marquée par leur milieu social, que des jeunes filles peuvent s’en faire.

En somme, Lifshitz fait ici le dessin d’une France bien démoralisée, où le stress, la précarité et le doute sont omniprésents. Mais avec le regard toujours bienveillant qui le caractérise.

Une œuvre à voir absolument !

Serena Furnari, élève de Terminale enseignement optionnel Cinéma

Antoinette dans les Cévennes, Caroline Vignal

 

à venir

Été 85, François Ozon

 

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César des Lycéens : Le Coup de Cœur d’Aude

"La seule façon de lui redonner vie, l'écrire dans un roman."

 

Grâce aux Césars des lycéens 2021, j'ai eu la chance de voir le film Été 85 de François Ozon.

N'avez-vous jamais rencontré quelqu'un avec qui vous voulez passer tout votre temps et pourtant, quand vous êtes avec cette personne, cela ne vous suffit pas ?

C'est ce qu'Alexis ressent lorsqu'il rencontre David durant l'été 85. Mais la mort prématurée de David rompt cette idylle et amène à cette promesse faite sur l'oreiller, de danser sur sa tombe. À travers l'écriture d'Alex, on revit les émois des amours adolescentes, la jalousie et la peine. François Ozon arrive à mettre en place une esthétique joyeuse, colorée et dominée par l'amour, contrastée par la mort.

Les choix de réalisation d'Ozon nous suggèrent la nostalgie des amours de vacances et des années 80. On peut parler d'un film créé de toutes pièces par la vision du personnage principal car il en est le narrateur. Ozon n'hésite pas à suggérer avec subtilité les thèmes de l'amour, de la sexualité et de la mort. Cette relation éphémère prend de l'importance dès le début du film, à travers l'écriture de l'un, exprimant la mort et l'amour de l'autre. D'une part nous avons Alex, un personnage innocent, pour qui l'amour est inconnu. Puis David l'incitateur de cet amour naissant, mais qui jouit de sa propre liberté et de ses amours frivoles.

Les multiples références utilisées par François Ozon comme La Boum de Claude Pinoteau, Un Été 42 de Robert Mulligan ou bien encore Plein Soleil de René Clément, lui permettent de s'approprier le roman d'Aiden Chambers avec une douce nostalgie. La mort omniprésente est amenée avec douceur et légèreté jusqu'à en oublier la douleur de cet amour condamné.

Un très bon film dans cet univers de vacances.

 

Aude Armengaud, élève de l’enseignement de spécialité & optionnel cinéma

 

César des Lycéens : Le Coup de Cœur de Sarah

 

J’ai adoré le film Été 85 en partie car l’histoire des personnages est assez réaliste, entre Alexis qui voit son obsession pour la mort au départ innocente, se heurter à la réalité ce qui le fait grandir de manière brutale et inattendue, il perd une partie de son innocence, et David qui au départ apparaît comme un ado frivole et insouciant, qui au final a du mal à s’engager auprès d’une seule personne depuis que son père est décédé. Peut-être se cherche-t-il encore ou cherche-t-il à combler désespérément le vide que lui a laissé son père ? Il meurt malheureusement dans un accident de moto.

Plus on avançait dans le film et plus j’étais aspirée dans l'histoire, l'intimité des personnages et leurs pensées. J’ai aussi aimé la façon dont François Ozon approche l'érotisme auprès d’adolescents. On ressent le désir et la découverte de soi, surtout à travers Alexis, et la naïveté ainsi que la douceur des deux garçons de manière douce et tempérée. Ils sont amoureux de la façon la plus simple qui soit. Ce n’est pas un film sur l’homosexualité mais sur l’amour, je pense qu’on peut s’y identifier facilement indépendamment de notre orientation. Les lents travellings ressemblant à des caresses qui s’attardent sur les corps des deux jeunes hommes, ou les moments où la caméra est immobile, ajoutent un aspect intime et naturel essentiel à ce film. J’ai trouvé ce film simple dans l’optique où finalement ce n’est qu’un autre film qui parle d’un amour d’été entre deux ados, mais intéressant car il retrace magnifiquement et vraiment de nombreux aspects que cela peut présenter, comme ne jamais vouloir quitter son amant, le désir, une séparation parfois non voulue, le temps de deuil de la relation (et ici de la mort de David aussi), tourner la page de cette relation éphémère, et le début d’une nouvelle aventure avec une nouvelle personne.

A mon avis ce film retrace en quelque sorte l’été de n’importe quel adolescent en quête de sensations.

 

Sarah Diakhaté, élève de l’enseignement optionnel cinéma

Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait, Emmanuel Mouret

 

à venir