130 ans de la mort de RIMBAUD

Depuis plus d'un siècle la photo emblématique de d'Arthur RIMBAUD par Etienne CARJAT contribue au mythe du poète révolté en pleine adolescence. 

Mais s'agit-il d'un portrait fidèle du poète? 

Rimbaud : Le portrait qui créa le mythe

 

Cette photo est la dernière image d’Arthur Rimbaud nette. Il a 17 ans. Devenu un objet de pop culture, cette photo a contribué à faire de lui un éternel adolescent.

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C’est Etienne CARJAT, le portraitiste des écrivains de l’époque (il a photographié Emile ZOLA, Victor HUGO, Charles BAUDELAIRE) qui prend cette photographie en 1871. La même année où  peu avant il prend un autre cliché ou la ressemblance est douteuse. Etienne CARJAT était connu pour flatter ses clients et a certainement modifié au crayon sur le négatif en plaque de verre.

Etienne CARJAT a certainement contribué à créer le « mystère Rimbaud » en lui offrant la plus belle image promotionnelle.

Si l’on compare cette photo aujourd’hui légendaire et une autre photographie faite par Etienne CARJAT d’Arthur RIMBAUD : 

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Sur cette photo, il apparaît les traits plus lisses et le flou brumeux sert aussi son mystère. Dans le détail, la pause d’Arthur RIMBAUD est plus dressée, un nœud papillon de travers et le regard lointain servent l’idée de l’anticonformisme du poète.

Sur l’autre cliché il apparaît plus enfantin, a le regard plus direct dans le même costume mais sans nœud papillon. Le grain de la photographie est plus net.

En changeant la position de son modèle et en modifiant certainement l’ovale du visage, Etienne CARJAT a contribué au mythe de l’adolescent rebelle à la beauté saisissante.

Parfait produit de marketing aujourd’hui, cette photographie contribue au mythe RIMBAUD. Il a considérablement influencé les poètes du XIXe et XXe siècles.

Son écriture se démarque par ses accumulations, ellipses ou néologismes et défi les contraintes grammaticales. Son style et ses sujets dépassent les conventions de l’époque et cherchent une certaine liberté d’expression.

 

Pour aller plus loin vous pouvez consulter le documentaire de France.tv à ce sujet : 

https://www.france.tv/documentaires/art-culture/2273245-rimbaud-le-portrait-qui-crea-le-mythe.html

 

Vous pouvez  voir une présentation sur ce poète au CDI du Lycée HENRI BERGSON. 

Vous pourrez également emprunter ou consulter divers ouvrages de ce poète ou des ouvrages le concernant notamment "La constellation RIMBAUD" de Jean ROUAUD qui vient de paraître. Ce livre met à jour les connaissance sur Arthur RIMBAUD, une enquête qui avance régulièrement avec la découverte de documents iconographique ou traces de témoignages concernant ce poète.

Jean ROUAUD vous présente son travail :

Comment peut-on, adolescent, faire la démonstration d’un talent inouï au point de devenir une sorte de bête de foire dans les milieux littéraires parisiens, et à vingt ans, renoncer brutalement à la poésie pour partir vendre du café et des casseroles en Afrique  ? C’est ce qu’on a l’habitude d’appeler le mystère Rimbaud. Cette répudiation lui a valu anathème (André Breton) et incompréhension (Etiemble), certains comme René Char se montrant plus compatissants (« tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud  »). Mais aucun ne s’est demandé si ce n’était pas plutôt la poésie qui l’avait lâché, inapte désormais à rendre compte de la modernité qui, sous la bannière du progrès, rendait obsolète le vieux monde de l’alexandrin et du sonnet.
Or le jeune Rimbaud fut en première ligne dans ce changement à vue. Il fut hébergé par Charles Cros, poète et inventeur du phonographe, fréquenta Paul Demeny dont le frère Georges est un des pionniers du cinéma, usa abondamment des trains et des vapeurs, posa pour Carjat, le photographe des «  people  », assista à la construction du premier métro du monde, celui de Londres, et il connaissait au moins par Cabaner les discussions enflammées du café Guerbois où Monet, Manet, Cézanne, procédait au dynamitage de l’académisme.
«  Il faut être absolument moderne  », lâche-t-il dans  Une saison en enfer, établissant bien moins sa feuille de route que reprenant un mantra du temps. Et la poésie dans tout ça  ? «  Ne va-t-il pas être bientôt temps de supprimer l’alexandrin  ?  » glissa-t-il à Banville, alors grand maitre du Parnasse. Il s’en chargea dans  Une Saison en enfer et dans les  Illuminations.
Pour nous aider à percer le mystère, restent heureusement les témoins. Et dans cette constellation, les étoiles de première grandeur  : Ernest Delahaye, l’ami du collège, Georges Izambard, le professeur à peine plus âgé que son élève, Isabelle qui accompagna avec un dévouement amoureux l’agonie de son frère, et Alfred Bardey qu’on ne peut soupçonner d’avoir été influencé par un passé dont il ignorait tout quand il engagea à Aden pour surveiller ses entrepôts de café un jeune Français trainant dans les ports de la Mer Rouge. Mais tous s’entendent pour confirmer la prophétie du vieux professeur du collège de Charleville  que fixait derrière son pupitre le regard pervenche : «  Rien de banal ne germera dans cette tête.  »
Jean Rouaud
 

Sources :

Grasset.fr

FranceTv