Heureux à l'école ... enfin presque : une enquête de l'Observatoire international de la violence à l'école (2011)

Le rapport de recherche réalisé pour l’Unicef par l’Observatoire international de la violence à l’école rend compte d’une enquête réalisée auprès de 12 326 élèves de cycle 3 dans plus de 150 écoles françaises.
Rendue publique le 29 mars 2011, cette enquête de « victimation et climat scolaire » a été réalisée avec le soutien du ministère de l’éducation nationale.

Remarques finales du rapport

Sont affirmés fortement le bien-être de près de 9 élèves sur 10 et la qualité de leurs relations aux enseignants.
Cependant l’enquête livre des résultats beaucoup plus difficiles pour une minorité d’élèves assez importante  :

  • « Nous estimons à environ 11-12% le taux d’élèves harcelés, ce harcèlement pouvant monter à 14% pour le seul harcèlement verbal et symbolique. Il convient de se rappeler les conséquences psychologiques, les conséquences en termes de santé mentale et les conséquences scolaires de ce ou ces harcèlements telles qu’elles ont été mises en évidence par la recherche internationale : décrochage scolaire, absentéisme, perte d’estime de soi, tendances dépressives et suicidaires de long terme. On comprendra alors combien notre enquête montre l’importance quantitative de cette violence cachée, qui n’avait pas jusqu’ici été mesurée avec autant de précision. »
  • « Notre recherche n’a pas été réalisée dans un but prescriptif : elle ne vise pas à donner des “solutions” contre la violence, mais à la décrire. »
  • « Cependant tout nous conduit à une préconisation massive : centrer la lutte contre la violence à l’école par une action en profondeur sur le harcèlement entre pairs est primordial. »
  • « Intervenir dès le plus âge non pour ficher et punir mais pour aider et prévenir est un droit des enfants : contre les effets de long terme du harcèlement entre pairs. »
  • « La recherche a d’ailleurs bien montré que les programmes de prévention précoce du harcèlement étaient à la fois plus efficaces et coûtaient beaucoup moins chers en termes de dépenses de santé, d’assistance sociale et de maintien de l’ordre que les dispositifs ultérieurs de répression ou de traitement. »
  • « Il faut encore préciser qu’il ne faut pas confondre prévention précoce et répression précoce ou fichage ».
  • Il s’agit aussi de viser « à développer des compétences sociales chez les enfants (en particulier l’empathie). Ces actions nécessitent un consensus dans les établissements scolaires : l’amélioration du climat scolaire est fortement relié à une baisse des victimations. »
  • « Ce consensus doit aussi se faire jour sur le plan politique et sociétal : le harcèlement à l’école ne peut significativement diminuer qu’avec des actions de très long terme : violence en continu, il nécessite une action qui sache elle aussi prendre son temps. »

Questions/réponses : un chat avec Georges Fotinos

Spécialiste de la question, ancien inspecteur général de l’éducation nationale, membre de l’Observatoire international de la violence à l’école il répond à une enseignante qui veut instruire et non éduquer :
« Vous posez le problème à l’envers. Nous avons un ministère de l’éducation nationale depuis quasiment un siècle, et non un ministère de l’instruction publique. Donc la responsabilité éducative est partagée entre l’école et les parents. Dans toutes les expériences réussies d’amélioration du climat de l’école, on voit que l’enseignant se considère aussi comme un éducateur. Enseigner une discipline, c’est aussi créer les conditions favorables pour que l’élève apprenne. »

(Sur le Ouverture vers une nouvelle fenêtre site du Monde)

Documents relatifs à cette enquête

Fichier-pdf  Enquête de victimation et climat scolaire auprès d’élèves du cycle 3 des écoles élémentaires, réalisée par l’Observatoire international de la violence à l’école pour l’UNICEF France (mars 2011) - 630,78 Ko

Fichier-pdf  Synthèse des résultats de l'enquête (mars 2011) - 231,91 Ko

fichier word  Article rendant compte de l’enquête (avec schémas significatifs) et interview d’Eric Debarbieux, directeur de l’Observatoire international de la violence à l’école, par Benoît Floc'h, Le Monde du 30 mars 2011 - 108,5 Ko