Comptines : lien entre école, parents et enfants

Une contribution de Chantal Grosléziat, musicienne et directrice de l’association Musique en Herbe, lors du colloque "La musique et le jeune public, entre tradition et création", organisé par les éditions Didier Jeunesse, en partenariat avec France Musique (27 mai 2008).

Logo Musique en herbeDepuis de nombreuses années, l’école se préoccupe des elations avec les parents, essentielles pour la qualité de l’accueil et de l’intégration des enfants. Tous les enseignants reconnaissent la difficulté à rentrer en relation avec les parents. Comment la musique peut prendre place dans cette problématique et quel rôle peut-elle y jouer ?

Dès sa naissance, l’enfant est ouvert aux influences culturelles et se laisse imprégner par elles. Prêt à entendre, sentir, voir, il est à l’écoute des émotions, des sensations de sa mère. Il ne perçoit pas de frontière entre la parole et le chant, tous les sons peuvent être porteurs de sens et permettre la communication. Pour lui, la musique fait partie de la vie de tous les jours, il l’intègre dans ses jeux, dans sa découverte des autres et de l’environnement. Dans de nombreuses sociétés traditionnelles, la vie quotidienne est jalonnée de sons, de chants signifiants. La musique accompagne les travaux des champs, les jeux des enfants, les réunions de famille, les départs, les migrations, les louanges aux ancêtres... Les berceuses transmettent à la fois des histoires populaires anciennes, ou l’histoire que la maman invente autour de sa famille, ses soucis, ses désirs…

Des transmissions contrariées

Pour beaucoup de parents, l’accès à la musique n’a pas existé pour diverses raisons (sociales, économiques et culturelles). Ils éprouvent à son égard une attirance mêlée d’un sentiment d’infériorité, de non-savoir. Or, une mémoire sonore existe au même titre que visuelle, tactile, gustative ou olfactive. Même non-musicien, tout adulte possède sa propre histoire sonore et musicale.
En France, les familles issues de l’immigration sont bien souvent isolées des structures culturelles. Les mères, riches d’un savoir-faire traditionnel en ce qui concerne la transmission et l’éducation, ont abandonné ou oublié nombre d’histoires, de comptines destinées à éveiller leur enfant et le maintenir dans sa lignée. L’entrée à l’école maternelle est vécue par la mère comme une cassure. Ses compétences restent étrangères à l’école. L’enfant dans le même temps s’adapte rapidement à la vie des enfants de son âge. Il a le désir profond de s’intégrer au groupe le plus important et de s’identifier à lui. Un divorce se crée entre la culture familiale et celle du pays d’accueil.
D’autres parents, d’origine française mais coupés de leurs racines, souvent de milieux défavorisés, éprouvent également cette perte de repères, de valeurs et d’objets culturels à transmettre à leurs enfants. La relation à l’école se fait en creux, celle-ci devant apporter tout ce qu’ils ne peuvent donner. L’enseignant voit son travail d’apprentissage se doubler de nombreuses fonctions éducatives et culturelles. L’objectif recherché ici, consiste à créer des liens différents entre les familles et l’école, le but musical étant de donner la part belle à l’oralité.

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Chantal Grosléziat, directrice de l’association Musique en Herbe

Contact :
Musique en Herbe BP 103 - 93 130 Noisy-le-Sec Tél / fax : 01 48 40 66 19
Site : www.musique-en-herbe.com - courriel : musique-en-herbe[a]wanadoo.fr

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