Lectures pour les Terminales littéraires - été 2017

mis à jour le 03/07/14

L'épreuve de Littérature

Il faut absolument lire l'œuvre Oedipe Roi de Sophocle
des évaluations sont prévues dès le mois de septembre

Généralités 

Le programme détaillé est consultable sur la page du bulletin officiel.

Extrait du programme de Terminale (BOEN) :

« Le programme de l'enseignement de littérature en classe terminale de la série littéraire (arrêté du 12 juillet 2011 publié au B.O.EN) souligne que le travail sur le domaine « Littérature et langages de l'image » vise à « conduire les élèves vers l'étude précise des liens et échanges qu'entretiennent des formes d'expression artistique différentes ». Il envisage « quelques grands types de relations » entre l'œuvre littéraire et l'œuvre visuelle, et propose notamment « l'imbrication », « l'agrégation » ou « l'amplification » comme pistes d'études.

L’épreuve de littérature en quelques chiffres :

2 œuvres, 2 heures de cours + 1h30 d’AP, 2 heures d’épreuve, coefficient 4

 

"Oedipe Roi"

 1. Domaine d’étude « Littérature et langages de l’image »

      Oedips Roi  Oedipe Pasolini  

Œdipe Roi, pièce de Sophocle  (430-420 avant J.-C.),

Œdipe Roi, film italien de Pier Paolo Pasolini,  1967

Édition de référence : Livre de poche

Il faut lire l’œuvre cet été : des évaluations sont prévues dès le mois de septembre.

Extrait du programme

Le programme de l'enseignement de littérature en classe terminale de la série littéraire (arrêté du 12 juillet 2011 publié au B.O.E.N. spécial n° 8 du 13 octobre 2011) indique que le travail sur le domaine « Littérature et langages de l'image » doit « conduire les élèves vers l'étude précise des liens et des échanges qu'entretiennent des formes d'expression artistiques différentes ». L'inscription au programme de la tragédie de Sophocle Œdipe Roi (~425 av. JC) et de la version filmique qu'en a donnée Pier Paolo Pasolini (1967) met en jeu les relations entre littérature et langage cinématographique. La pièce de Sophocle et le film de Pasolini relèvent à l'évidence de la relation d'adaptation. La lecture croisée de l'un et de l'autre, recourant aux outils d'analyse adéquats à chacun, permettra aux élèves d'apprécier les œuvres « dans la double perspective de leur singularité et de leur intertextualité ».

Avec Œdipe Roi, Sophocle ouvre une nouvelle ère du tragique, dont les conflits ne jouent plus seulement entre l'humain et des forces divines, mais aussi entre le sujet et sa propre conscience, faisant surgir ainsi l'individu au cœur de la Cité.

L'Œdipe Roi de Pasolini s'affiche comme une réécriture de la pièce de Sophocle. Emblématique du « cinéma de poésie » théorisé par le réalisateur, le film fait de la tragédie antique l'archétype d'un questionnement sur soi, qui met aussi en jeu l'énigme de l'identité créatrice. Doublement dépaysée dans le temps et dans l'espace, la pièce y est enchâssée dans une fable autobiographique qui la réinterprète à la lumière des thèses freudiennes sur le « complexe d'Œdipe ». De la cristallisation initiale à la sublimation finale, le film relate, en s'attachant à manifester cinématographiquement la subjectivité d'un auteur, un parcours initiatique dont la tragédie grecque retrace, en abyme, la préhistoire. Traitée sur un mode onirique, la pièce de Sophocle s'inscrit dans le film à la manière d'un scénario inconscient et archaïque, dans lequel symboles et silences sont aussi signifiants que les mots, les sons et les cris. À la fois autoportrait et figure légendaire, le héros tragique devient, comme dans la pièce antique, le vecteur d'une interrogation sur la condition humaine, dont la portée universelle est clairement signifiée par le syncrétisme culturel qui caractérise le choix des décors, des costumes et de la musique.

 

La tragédie antique se fait aussi, conformément à sa fonction originelle, l'instrument d'une mise en question du présent. La transposition de la pièce de Sophocle dans un univers « primitif » et « barbare » traduit, chez Pasolini, une nostalgie du sacré, dont l'oubli ou la négation fonde le tragique moderne. L'épilogue du film, inspiré d'Œdipe à Colone, l'infléchit vers une réflexion sur le collectif, de nature politique, qui tout à la fois rappelle l'origine de la tragédie et appelle une réflexion sur le rôle de l'homme, et plus particulièrement de l'artiste, au sein de la Cité.

"Les Faux-Monnayeurs"

2. Domaine d’étude « Lire - écrire - publier »

 André Gide, Journal des Faux-Monnayeurs

Angré Gide, Les Faux-Monnayeurs

 

Le programme de l'enseignement de littérature en classe terminale de la série littéraire indique que le travail sur le domaine "Lire-écrire-publier" invite les élèves "à une compréhension plus complète du fait littéraire, en les rendant sensibles, à partir d'une oeuvre et pour contribuer à son interprétation, à son inscription dans un ensemble de relations qui intégrent les conditionsd e sa production comme celles de sa réception ou de sa diffusion". Dans cette perspective, l'étude conjoints du "Journal des Faux-Monnayeurs" et des "Faux-Monnayeurs" d'andré gide privilégiera la réflexion sur la genèse de l'oeuvre, par la découverte et l'exploration du processus de cration littéraire. 

Moin de donner à voir les différents états du roman, à travers les manuscrits et brouillons qui en constitueraient l'avant-texte, le "Journal des faux-Monnayeurs" relate et réélabore l'histoire de sa coposition. Du projet initial d'écrire une suite aux "Caves du Vatican" à l'élaboration d'une intrique om Lafcadio est finalement absent, ces deux cahiers décrivent la mise au point d'un projet romanesque. A la fois cafnet de travail et laboratoire de cration, le "Journal des Faux-Monnayeurs" est le témoin du dialogue constant de l'écrivain avec lui-même, dont l'oeuvre est le produit. Outre les anecdotes, des documents et annotations autobiographiques qui feront - avec des nombreux passages du 3journal" personnel de l'écrivain - la matière première de la fiction romanesque, Gide y recueille ses réflexions sur la porosité de la littérature et de la vie, la présence ou la dilution du romancier dans son opeuvre, la transparence de la fiction, ses hésitations entre le "roman pur", sans parasite, et une forme qui agrège toutes les perturbations extérieures, personnelles, morales, voire idéologiques. 

Avec le "Journal d'Edouard", ces réflexions se transposent au coeur du roman, lui-même conçu comme un laboratoide de création, "un carrefour à problèmes". Simultanément création et théorie de la création romanesque, "Les Faux-Monnayeurs" se compose de deux "foyers" d'intrigue qui se font écho. Aux faits relatés par les différentes voix narratives répondent les interrogations de l'écrivain sur leur traitement romanesque, dans un retour constant sur sa propre réflexion qui mène à l'abandon des pistes d'écriture tour à tour explorées. A la fois double et repoussoir de l'auteur, Edouard incarne une conception du genre romanesque comme itinéraire soumis aux aléas des expériences et des rencontres, où le travail de production importe plus que le produit fini, conception avec laquelle contraste singulièrement la composition très concertée des "Faux Monnayeurs". 

La question de la genèse du roman devient aini le centre de gravité d'un diptyque où le livre achevé n'est plus que l'une des composantes de l'oeuvre, qui intègre aussi son travail préparatoire. En attirant l'attention sur le processus cratif, le roman et son journal interrogent non seulement la place de l'écrivan face ç son oeuvre ou dans son oeuvre mais celle du lecteur, constamment ballotté dans un emboîtement de points de vue et de commentaires souvent divergents. Cette double instance suggère différentes postures de lecture, du lectuer impliqué et piégé par l'illusion romanesque au lecteur distant portant un regard réflexif sur ce qu'il vient de lire, voire sur ses propres expériences de lecture. Dès la conception de l'o"uvre, Gide prend ainsi en compte les attentes du public, pour en jouer, les déjouer et finalement les bouleverser.

Il s'agira donc bien d'envisager deux des éactes" définis par les contenus du programme que sont "La Genèse : lire-écrire" et "La publication : écrire-publier". en concentrant notamment les analyses sur la tension entre la publication d'un journal de bord de la cration et celle d'un roman qui interroge, avec le genre romanesque, l'écriture dans son rapport à la vie.

 

 

 

 

 

Lectures complémentaires

3. Lectures complémentaires

N'hésitez pas à lire d'autres oeuvres de Gide ou de Sophocle pour enrichir votre lecture, par exemple les autres pièces de la trilogie de Sophocle ("Oedipe à Colone", "Antigone"), un autre roman de Gide ("Les Caves du Vatican"). Découvrez aussi l'oeuvre cinématographique de Pasolini ("Acattone", "Médée"...), des réécritures d'Oedipe-Roi ("Ma Machine Infernale" de Cocteau, "Les Gommes" d'Alain Robbe-Grillet, "Oedipe sur la route" d'Henri Bauchau). 

 

L'épreuve de littérature en quelques chiffres

2 oeuvres, 2 heures de cours (+1h30 d'AP), 2 heures d'épreuve, coefficient 4.

 

Bonnes vacances !