"Les bâtisseurs du beau langage" (action interdegré avec le collège C. Peguy)
Résumé

La Passerelle Poétique est un projet inter degrés réunissant 3 classes de CM2 des écoles Bolivar, Rampal et Lasalle et le collège Peguy. Il a pour objectif de favoriser la continuité école-collège à travers un projet culturel et artistique portant sur l'oralité, la littérature et la poésie.

Chapeau

Compte rendu de la 1ère rencontre avec le Amadou Elimane Kane : "Raconter et se rencontrer"

Contenu

Le projet La passerelle poétique s’inscrit dans la liaison inter-degré entre le collège Péguy et les écoles élémentaires Bolivar,  Lasalle et Rampal. Il a pour objectif de faire rencontrer élèves et professeurs autour d’un travail sur l’oralité et la littérature, plus particulièrement la poésie.

C’est aujourd’hui le jour de la rencontre très attendue avec le poète Amadou Elimane Kane.

Les élèves sont déjà venus au CDI du collège pour travailler sur la poésie avec Mme Chemin, professeur documentaliste. C’est ici l’occasion de découvrir l’existence et le fonctionnement du CDI, de prendre contact avec de nouveaux interlocuteurs et de créer un lien pédagogique entre le 1er et le 2nd degré.

En classe les élèves ont lu et appris un poème de M. Kane et ont préparé des questions à poser au poète.

M. Kane commence par offrir un exemplaire de son dernier livre, Les soleils de nos libertés,  à chaque élève. Dans cet ouvrage « c’est l’école qui est célébrée ».

Dans cette séance, intitulée « Raconter et se raconter », M. Kane commence par définir l’oralité et la poésie.

L’oralité, d’oris – la bouche – en latin, c’est « tout ce qui se transmet par la parole ». Elle est « synonyme de compréhension, écoute, solidarité, partage ».  M. Kane rappelle aux élèves que l’oralité est partout présente.

La poésie est définie comme étant « tout ce qui est agréable à entendre, par une expression qui travaille le rythme, les sons, et les images ».

Il invite les élèves à entrer dans le projet  en ouvrant aux élèves la porte de la création littéraire et de l’oralité : « Je vois en chacun de vous un bâtisseur du beau langage ».

La rencontre

M. Kane se présente et raconte aux élèves ses origines, son parcours professionnel en tant qu’enseignant et poète.  Puis les élèves sont invités à lui poser des questions. Le dialogue s’installe rapidement et les élèves interrogent M. Kane sur ses origines - le Sénégal -  et son arrivée en France, la langue, l’inspiration, la poésie en générale et celle de M. Kane en particulier, la passion, l’engagement…

C’est ensuite au tour des élèves de se présenter, exerçant cette oralité dont il est question dans un cadre bienveillant et une posture de communication que M. Kane aura pris soin de définir auparavant. Tous osent et participent.

Raconter

M. Kane poursuit la séance en contant. Il précise aux élèves qu’il conte au présent. Quand l’histoire s’interrompt, les élèves formulent des hypothèses, interprètent les intentions des personnages, imaginent des dialogues, débattent sur la morale de l’histoire et des personnages.

Le conte et la séance se terminent, bien évidemment, avec un poème.

3 autres séances suivront

  • Le dire poétique
  • L’écriture
  • Dire poétique à partir des textes des élèves : rencontre CM2 – 6ème

Conclusion

Tout au long de la séance chacun a pu apprécier la qualité de l’écoute, la richesse des échanges. L’étude de l’oralité et de la littérature est partout présente, vivante. Elle inclut tous les élèves. Elle se situe dans cet espace, portée par l’approche culturelle, qui répond aux 5 besoins fondamentaux des élèves, décrits par Serge Boimare dans La peur d’enseigner, Dunod, 2012 :

  • Etre intéressés par ce qui se fait dans la classe.
  • Etre nourris par un apport culturel quotidien.
  • Etre initiés et entrainés à l’activité réflexive par de l’entraînement au débat (oral et écrit).
  • Etre confrontés à des savoirs qui prennent du sens et des racines en étant reliés à l’apport culturel ou au débat qu’il a suscité.
  • Etre intégrés à la classe grâce à la  construction d’un patrimoine commun donné à tous avec la culture et avec le débat sur le temps de la classe.

Julien Garbarg – CPC 19A