L'histoire en première année de classes préparatoires littéraires (Hypokhâgne)

Présentation d'Olivier Golliard, professeur d'histoire en hypokhâgne.

Objectifs et méthode

1. Les grands objectifs de la première année

Les étudiants de première année bénéficient de 5 heures par semaine et de trois interrogations orales ("colle" ou « khôlle ») dans l’année (oral de 30 mn). Le programme est constitué de trois thèmes choisis à la liberté du professeur dans les quatre grandes périodes historiques. Ces thèmes permettent des approches variées (histoire politique, économique, sociale, ou culturelle) et complémentaires. Les connaissances s’organisent autour d’une réflexion critique sur les sources, les approches historiographiques. Les problématiques et concepts visent à former la culture historique de l’étudiant. Des exercices méthodologiques sont proposés dès la première année : composition d’histoire, commentaire critique de documents, initiation à la recherche historique, comptes rendus.

HK histoire 2017 Golliard

Estampe (eau forte) de Jose de Ribera, vers 1620

http://www.bne.es/es/Micrositios/Exposiciones/Tesoros_descubierto/Exposicion/Seccion2a/Obra03.html?origen=galeria

 

Les grands objectifs de l’année sont :

  • Se constituer une culture historique ; cela passe par l’apprentissage régulier du cours, la constitution de fiches de lectures, la lecture d’articles spécialisés. Les étudiants sont formés à l’esprit critique.
  • Etudier les sources et s’approprier les outils indispensables au travail d’historien. La présentation de diverses sources et leur mise en perspective avec le récit historique visent à préparer les étudiants aux concours des grandes écoles.
  • Faire des recherches: un dossier documentaire devra être constitué, intégré dans l’une des thématiques de l’année. Basé sur l’étude de sources en archives, il donnera lieu à une évaluation sous forme de présentation orale devant un jury (à déterminer par le professeur).

Les instructions officielles présentent plusieurs objectifs.

  • exercer l’esprit critique 
  • favoriser l’ouverture d’esprit, notamment en dégageant, chaque fois que possible, des perspectives culturelles et en établissant, si nécessaire, des liens avec d’autres disciplines 
  • donner des éclairages sur la façon dont on écrit l’histoire, notamment en présentant des exemples de débats historiographiques et en initiant à la recherche historique 
  • maîtriser l’exercice de la dissertation historique 
  • se familiariser avec différents types de documents historiques 
  • améliorer l’expression orale 
  • renforcer l’autonomie et la capacité à mener des recherches personnelles et collectives

2. Les méthodes de travail

Pas de première année réussie si l’histoire n’intéresse pas. Par métonymie, l’histoire désigne à la fois la succession des faits passés et le récit raisonné de ces faits (ou science historique), auquel cas, elle peut prendre parfois un H majuscule. Il convient donc de se tenir informé de l’actualité historique (commémorations, célébrations, débats, controverses etc.). Des revues spécialisées (L’Histoire par ex), des émissions (Fabrique de l’Histoire sur France culture), des évènements (RDV de l’Histoire de Blois en octobre, expositions diverses) facilitent également l’acquisition de ces savoirs.

L’essentiel des connaissances est fourni par le cours (magistral essentiellement), mais des travaux complémentaires sont régulièrement demandés (DM de plan détaillé, résumé). Il est préférable de prendre en notes le cours de façon manuscrite (l’ordinateur portable n’est pas prohibé, mais la mémorisation est meilleure avec le geste d’écrire manuellement).

Les devoirs sur table (DS) d’une durée de 4 heures se déroulent toutes les 4 semaines environ et deux concours blancs (CB courant décembre/janvier et avril/mai d’une durée de 5 h). Le programme de révision est alors tout le cours, le sujet proposé ne constituant pas un intitulé de cours.

Il est donc nécessaire de relire régulièrement son cours, d’en compléter des parties si nécessaires (sur une biographie, une œuvre etc.), d’en faire des fiches thématiques (et non des cours réduits à la « taille bristol »). Un répertoire (papier ou numérique) peut être utile pour l’apprentissage du vocabulaire spécialisé ou pour des auteurs particuliers.

3. Exercice : La composition d’histoire

A la différence de la composition d’histoire en terminale, le nombre de sujets est illimité et ces sujets peuvent brasser plusieurs champs historiques (politique, social, économique, culturel). L’exercice consiste en une réponse argumentée à une problématique historique. En aucun cas, elle n’est la simple restitution « par cœur » des savoirs transmis par le professeur

Les types de sujet :

Plusieurs types de sujet peuvent être proposés :

  • sujet-évolution qui consiste à expliquer une évolution historique. Le plan est alors chronologique.
  • sujet-tableau qui explique une situation historique à un moment donné (une année, une décade par ex). Le plan est alors thématique.
  • sujet-bilan dressant le bilan d’un fait historique (une guerre par ex), d’un régime politique, d’un acteur, d’un phénomène (l’industrialisation par ex). Le plan est dialectique (thèse, antithèse, nuance)
  • sujet dialectique mettant en avant des relations entre des acteurs ou des faits. Le plan peut être chronologique (l’évolution religieuse en France et Italie au XVIe siècle) ou thématique (le citoyen à Sparte et Athènes au Ve siècle av-JC)
  • sujet-comparaison opposant deux faits (différences/complémentarités). Le plan peut être thématique ou chronologique (Nazisme et fascisme, deux régimes totalitaires)

La composition se prépare au brouillon. Ce brouillon ne doit pas être rédigé car c’est une perte de temps. Elle n’est pas non plus une épreuve d’érudition, mais une démonstration. Inutile de multiplier les citations, les auteurs, les analogies sans lien avec la question posée.

A.    Lecture et analyse du sujet

Etape 1.

La lecture du sujet est primordiale. Il faut le définir et le délimiter dans un premier temps : lui fixer des limites chronologiques et spatiales

Ex : Femmes et politique à Athènes au Ve siècle av-JC ne vous oblige pas à décrire longuement le fonctionnement des institutions politiques. De même, Sparte peut servir de point de comparaison, mais pas une partie entière.

Etape 2.

Il est ensuite conseillé de faire la liste (sous forme classique, sous forme de schéma mental par ex) des notions, informations en lien avec le thème.

Ces informations sont classées dans un plan et hiérarchisées (idées principales, secondaires, arguments, exemples). Les contextes, dates, acteurs, faits participent à la « mise en intrigue » (P.Ricoeur) constitutive du récit historique. Les meilleures copies parviennent à mobiliser les débats historiographiques et les historiens.

Formuler une problématique : celle-ci ne doit pas consister à poser une question « fourre-tout » comme « qu’est-ce que… ? » ou « quelle est l’évolution de … ? ». La problématique ne doit pas susciter chez votre lecteur correcteur une réponse immédiate « oui », « non »…mais inviter à réfléchir.

Ex : l’administration de l’Etat en Espagne au XVIIème siècle

Quelle est l’évolution l’administration ?, mais Dans quelle mesure l’administration a-t-elle contribué à renforcer le pouvoir monarchique en Espagne ?  ou bien L’Espagne, un Etat sous administré ?  

B.   La rédaction

Introduction et conclusion doivent être rédigées avant la rédaction du développement. L’introduction doit faire une page grand maximum (donc recto/verso), la conclusion pas moins de 15 ligne

1) L’accroche

L’accroche est recommandée. Elle vise à capter l’attention du correcteur, à susciter sa curiosité. L’originalité (et non l’excentricité) est ici valorisée. L’accroche peut partir de l’actualité, d’un exemple précis, d’un ouvrage récemment publié, d’une citation… etc. Deux ou trois faits précis sont attendus dans l’introduction.  La candidat s’interdit les « on » et les « etc », les dates approximatives, « l’antiquité » au lieu de « Ve siècle av-JC », ou les termes génériques « les hommes »…au lieu des magistrats athéniens par ex.

Définition et limites du sujet sont ensuite exposés. Aucun terme du sujet n’est oublié, donc il faut prendre en compte tous les aspects du sujet. Ainsi « l’ouvrier en France au XIXe siècle » ne se limite pas à l’ouvrier d’usine ; il y a également l’ouvrier du petit atelier, l’ouvrier agricole, l’ouvrier au chômage, l’ouvrier immigré, l’ouvrière etc. De même « ouvrier » fait référence à un statut professionnel, mais également à une  condition sociale (âge, sexe, origine, niveau de vie, place dans la société etc.), et induit un regard sur son rôle politique et pas seulement dans le cycle de la production. Il est également nécessaire de différencier le début et la fin de la période, de différencier les espaces, de comparer les branches de la production.

  Si des choix sont faits, il faut les justifier. Par exemple ici, prolonger brièvement l’étude jusqu’en 1914, la condition ouvrière ne changeant guère ou bien parce que la loi de 1906 sur les retraites modifierait leur condition.

2) L’introduction

Elle définit  le sujet et en délimite les bornes chronologiques et géographiques. Les bornes chronologiques doivent être explicitées et justifiées. Ces limites donnent son sens au sujet en faisant généralement émerger des enjeux et des notions. L’annonce du plan vient après la problématique. Cette annonce peut être formulée de différentes manières, les « on va voir dans une première partie », « on verra dans une deuxième partie » etc. sont proscrits. Attention à ne pas faire deux parties trop proches, car le risque de répétition est alors élevé. Si l’annonce du plan est un passage quelque peu formel, elle donne un fil directeur au correcteur pour la suite de sa lecture. Chaque partie doit répondre à la problématique.

3) Le plan et l’argumentation

Tous les plans (ou presque) sont acceptés à condition qu’ils soient cohérents, construits, ordonnés, équilibrés et que les termes de l’organisation du plan soient légitimés. L’idéal est un croisement entre les plans thématiques et chronologiques. Dans tous les cas, il faut justifier les dates, problématiser les introductions, définir les concepts. Le hors-sujet est doublement pénalisé (moins de points, temps perdu à rédiger).

Le plan doit être cohérent, en trois grandes parties. Le rédacteur pourrait s’affranchir de cette tradition, mais les correcteurs y tiennent. Entre chaque partie, sauter une ligne (ne pas numéroter les titres des parties, ni les souligner), entre paragraphes aller à la ligne. Ne pas couper les mots au mauvais endroit si vous devez aller à la ligne.

La composition doit être équilibrée (pas de partie deux fois plus grande qu’une autre). Si le plan est chronologique,  les parties l’indiquent ainsi que les sous-parties, et vice versa pour le plan thématique.

4) La conclusion

La conclusion clôt le sujet. Il ne s’agit pas de résumer le devoir, mais d’en indiquer l’intérêt, de le mettre en perspective. Un élargissement (ou « ouverture ») est conseillé, mais pas obligatoire, surtout si elle est très formelle et improvisée comme « mais comment l’ouvrier vit il au XXe siècle ? »

5) Les « bonus » et les « malus »…

La mise en perspective historiographique

Une bonne copie ne peut faire l’impasse sur les questions épistémologiques ou historiographiques posées par le sujet, notamment les « nouveaux champs historiques » ou les nouvelles approches, mêlant par exemple anthropologie et histoire, sociologie et histoire, le genre, l’histoire globale, histoire politique etc.

• Ainsi, dans le sujet de 2011 sur « le travail des femmes en France », il fallait « mettre en relation l’histoire classique du travail avec l’histoire des genres, aujourd’hui en plein développement ».

Le style

Évitez, autant que possible, un style « assez plat », la « répétition de formules standard, parfois jargonnantes ». Évidemment, l’idéal serait « un minimum d’élégance », sans verser dans la littérature évasive, sans faits, sans dates, sans acteurs.

Au minimum, visez une « orthographe correcte » (sans fautes d’accord ni de concordance des temps) et un « style concis » et non ampoulé.

Copies

Feuilles doubles grands carreaux. Laisser un cartouche pour les commentaires et utiliser une encre noire ou bleue suffisamment foncée pour permettre une lecture aisée. Numéroter les pages.

 4. A quoi sert l’histoire ?

Le plaidoyer qui suit vise à donner aux futurs étudiants une vision d’ensemble de la manière dont l’histoire appréhende ses objets d’étude. Au fur et à mesure de l’année, certains points seront abordés plus spécifiquement.

L’histoire sert d’abord à éclairer le passé et à démontrer que les rapports entre passé/présent/futur sont complexes. L’étymologie du mot « histoire » est plurielle. Chez les auteurs de la Grèce antique, histôr est tout à la fois celui qui enquête dans le cadre d’une affaire, c’est aussi la procédure, c’est à dire l’enquête elle-même.  Les historiai cherchent les causes des évènements.

 A.     Une discipline qui interroge le passé

L’histoire est  un mode de connaissance du passé qui questionne l’homme en société. Pour être constituée en récit, elle nécessite une formation et une rigueur scientifique (d’où l’impossibilité de qualifier les certains chroniqueurs médiatisés d’historiens). Ce n’est pas la seule science à s’intéresser à l’humain et à son passé, mais la connaissance historique explique le passé et forge une conscience indispensable à l’existence d’une culture commune ; au sein des sciences sociales, elle est la seule à remplir cette fonction.

  • L’histoire est évolutive

Le récit de l’historien n’est jamais complet, car la connaissance historique est par essence parcellaire, au contraire des sciences nomographiques desquelles découlent des lois indéfiniment reproductibles : l’histoire est donc une science idiographique (qui s’attache à la spécificité, à l’individualité des faits. Son savoir est ténu, car il repose sur le peu de traces qui restent du passé. Ces traces mises en série, constituent la matière du travail historique : l’historien y découpe des tranches de vies passées à partir desquelles il noue une intrigue, participant à un récit total à l’exemple des titres des travaux comme « La Révolution française » ou « La vie municipale dans l’empire romain ».

  • L’histoire est incertaine

L’incertitude explique l’existence de controverses historiques et l’évolution du récit historique. « L’histoire bataille » n’est plus la clé d’entrée dans la société médiévale depuis bien longtemps.

Les problématiques liées aux angoisses ou attentes de notre société suscitent des questions nouvelles. La commémoration de la Grande Guerre en 2014 rencontre forcément l’historien qui interpelle le présent à la lumière du passé. De même, un fait passé n’est jamais reproductible, il est toujours polysémique et son histoire n’est jamais univoque. Les controverses participent donc de façon directe à la connaissance historique inscrite dans le présent. C’est dans ce sillon étroit que constitue l’incertitude que l’historien navigue  pour élaborer un récit toujours inachevé.

B.      Une discipline qui se renouvèle en permanence

L’histoire acquiert sa dimension scientifique au XIXe siècle avec l’école méthodique qui la définit comme « science positive ». Le récit historique est présenté comme « récit de vérité » et trouve son fondement dans la lecture critique des documents, associant les critiques interne et externe toujours indispensables aujourd’hui.

  • L’historiographie est également évolutive

C’est dans ce cadre que l’historiographie participe après 1880 à la construction d’une histoire nationale où les « grands hommes ». Les victoires militaires guideraient la France vers le progrès incarné par la République triomphante pense-t-on alors. Ce « roman national » a donc une mission civique. Cette dimension politique de l’historiographie est rapidement remise en cause par la sociologie à la fin du XIXe siècle, puis par les Annales entre les deux guerres. Pour elles, les faits historiques sont des constructions sociales. Entre 1930 et les années 1970, l’école des Annales forme le socle de l’histoire universitaire. Grâce à la diversification des sources, elles cherchent à problématiser les objets d’étude et favoriser une approche pluridisciplinaire qui s’ouvre à l’économie, la géographie ou la démographie. Les Annales trouvent leur fondement dans la Société féodale (1939) de Marc Bloch (historien français et juif, fusillé en 1944) ; ouvrage dans lequel il écrit que « tous ces vieux découpages, en un mot, nés d’une tradition monarchique et oratoire, commencèrent ainsi de céder la place à un autre type de divisions, fondées sur l’observation des phénomènes sociaux » avant de confirmer ses intentions plus loin : « en d’autres termes, c’est l’analyse et l’explication d’une structure sociale, avec ses liaisons, qu’on se propose de tenter ici »[1].

  • L’histoire s’affirme comme science des hommes et science du changement

Les Annales, devenues en 1946 Annales Economies Sociétés Civilisations, militent pour un rapprochement avec les autres sciences sociales. Elles influencent toujours l’histoire scolaire : l’« histoire-problématique » de Lucien Febvre, les approches socio-économiques, l’abandon de la continuité sont autant de legs majeurs. Mais les annalistes s’essoufflent dans les années 1970 ; on critique leur approche continuiste et causaliste, ainsi que leur prisme quantitativiste, base d’une histoire sérielle désincarnée. Des historiens critiquent leur prétention à une « histoire totale »[2]. La Nouvelle Histoire propose alors une vision moins mécanique du temps historique. L’histoire des mentalités, l’histoire du corps, l’anthropologie historique, l’étude du langage etc. ouvrent de nouveaux champs. Les acteurs sont de plus en plus  interrogés. A partir des années 1980, un renouvèlement se poursuit avec C. Ginzburg, G. Levi, B.Lepetit représentants de la microstoria, ou plus récemment des historiens de l’histoire globale et d’autres domaines encore.

 C.      Banalité ? L’histoire sert d’abord à expliquer le passé et à comprendre le présent

  • L’histoire ne fixe pas d’horizon à l’Homme

L’historien se détache des grands modèles explicatifs, continuistes, téléologiques qui présentent les faits comme successifs. Il n’existe donc pas de point d’achèvement en histoire. L’économiste Francis Fukuyama avait lancé peu avant le chute du mur de Berlin, l’idée d’une « fin de l’histoire » avec la fin de la guerre froide et la chute des dictatures. Or, l’histoire sert à démontrer qu’aucune société humaine n’entre dans un schéma historique ; une nouvelle fois, dans cette optique, pour l’historien « le temps des contemporains n’est pas un aboutissement » (J.L Mayaud). Le temps ne se dirige pas vers une direction ou un horizon salvateur. L’historienne Arlette Farge présente ainsi la discipline comme « disruptive ».

  • L’histoire est « représentation » du passé

L’histoire est toujours « contemporaine » (B.Croce). Les historiens interrogent le passé au présent, avec des mots du présent, avec des problématiques du présent. Ils reconstituent des faits à partir de traces incomplètes, d’autres à jamais perdues, mais des traces qui ne leur sont jamais destinées. L’histoire ne peut donc être qu’une « représentation » du passé (re-présenter): une construction intellectuelle et sociale, une façon de faire revivre le passé au présent, de le rendre présent à nouveau pour mieux en décrypter les caractéristiques, les mécanismes, les logiques. L’anachronisme est donc intégré dans l’enquête historique. Il en est ainsi du découpage du passé en quatre grandes périodes, ou de termes non usités dans le passé, mais auxquels l’historien a recours ; ainsi des notions de « tolérance » ou « d’acculturation » au XVIe siècle. Les notions de « religion » ou de « mythologie » sont par exemple étrangères aux Grecs du Ve siècle av-JC.

Pour rendre cohérent le récit historique, l’historien a besoin d’un cadre, d’une matrice d’observation qui est le temps organisé ainsi découpé arbitrairement.

L’histoire sert à découvrir les ressorts profonds des sociétés, ceux qui expliquent leur évolution et leur instabilité permanente. Elle interroge les relations sociales, porte un regard critique sur les traces du passé, leur interprétation commune. L’histoire sert à lutter contre l’oubli, le mensonge ou même la falsification du passé. L’historien doit alors veiller à lutter contre l’instrumentalisation politique ou idéologique de l’histoire, à mener la guerre contre les imposteurs et se méfier de la médiatisation.

  • L’histoire lutte contre le présentisme

L’histoire sert à lutter contre la nostalgie d’un passé révolu et parfois présenté comme meilleur que le présent, ou bien alors, le contraire comme ces expressions absurdes « c’est la tradition» pour désigner une habitude, ou « la nuit des temps », ou alors « le plus vieux métier du monde » etc.

S’opposer au « c’était mieux avant » des déclinistes par exemple est l’une des missions de l’historien. L’histoire n’a jamais non plus immunisé de la guerre, du génocide « à supposer qu’éviter une guerre soit une bonne chose » (P.Ory).

  • L’histoire ne donne pas de leçon.

Elle doit rester le plus neutre possible, c’est « l’impartialité » de l’historien (P.Ricoeur). L’histoire ne prend jamais position pour le « bien » ou le « mal », le « mauvais » et le « meilleur ». L’historien peut ainsi écrire « le régime hitlérien était criminel », mais pas « Louis XVI était un imbécile ». Il évite donc les jugements à l’emporte-pièce et les généralisations. Ainsi il ne peut écrire « En 1940, les Français étaient des lâches ». L’histoire n’est pas non plus à confondre avec la mémoire. Commémorer ou entendre un témoin n’est pas faire de l’histoire.

 5. Les différentes approches en histoire.

Chacune de ses approches a été initiée à un moment précis de l’évolution historiographique. Chacune de ces approches s’est accompagnée de remises en cause et de renouvèlement. Dans tous les cas, elles donnent à l’histoire sa dynamique et son originalité.

Les grands domaines : histoire sociale, histoire politique, histoire économique, histoire culturelle.

Il y a une profusion de sous-domaines, parfois inspirés par les écoles historiques étrangères, anglo-saxonnes notamment :

- cultural studies, gender studies (histoire du genre), digital studies, histoire globale, microstoria, histoire-bataille, histoire comparée, histoire croisée, colonial studies, post-colonial studies, histoire sérielle, histoire de l’art, histoire des mentalités, histoire des relations internationales, histoire des sciences et des techniques, histoire religieuse, histoire du temps présent, histoire immédiate, histoire connectée, égo-histoire etc.

Un travail de recherche mobilise nécessairement plusieurs champs historiques et épistémologiques. Les thèmes de cette année 2015 intègrent donc plusieurs de ces champs

De fait, l’histoire n’est pas une science figée et le récit historique un récit froid, détaché des contingences contemporaines. Tout objet historique s’inscrit dans une historiographie, mouvante, à laquelle s’ajoutent d’autres sciences participant en filigrane à la construction du récit.

_____________________________

[1] BLOCH M., La société féodale, Paris, Albin Michel, 1982.

[2] DELACROIX C., DOSSE F., GARCIA P., Les courants historiques en France, Paris, Gallimard, 2007.

 

Principes

4. A quoi sert l’histoire ?

 Le plaidoyer qui suit vise à donner aux futurs étudiants une vision d’ensemble de la manière dont l’histoire appréhende ses objets d’étude. Au fur et à mesure de l’année, certains points seront abordés plus spécifiquement.

 L’histoire sert d’abord à éclairer le passé et à démontrer que les rapports entre passé/présent/futur sont complexes. L’étymologie du mot « histoire » est plurielle. Chez les auteurs de la Grèce antique, histôr est tout à la fois celui qui enquête dans le cadre d’une affaire, c’est aussi la procédure, c’est à dire l’enquête elle-même. Les historiai cherchent les causes des évènements.

 Une discipline qui interroge le passé

 L’histoire est un mode de connaissance du passé qui questionne l’homme en société. Ce n’est pas la seule science à s’intéresser à l’humain et à son passé, mais la connaissance historique explique le passé et forge une conscience indispensable à l’existence d’une culture commune ; au sein des sciences sociales, elle est la seule à remplir cette fonction.

  • L’histoire est évolutive

Le récit de l’historien n’est jamais complet, car la connaissance historique est par essence parcellaire, au contraire des sciences nomographiques desquelles découlent des lois indéfiniment reproductibles : l’histoire est donc une science idiographique (qui s’attache à la spécificité, à l’individualité des faits. Son savoir est ténu, car il repose sur le peu de traces qui restent du passé. Ces traces mises en série, constituent la matière du travail historique : l’historien y découpe des tranches de vies passées à partir desquelles il noue une intrigue, participant à un récit total à l’exemple des titres des travaux comme « La Révolution française » ou « La vie municipale dans l’empire romain ».

  • L’histoire est incertaine

L’incertitude explique l’existence de controverses historiques et l’évolution du récit historique. « L’histoire bataille » n’est plus la clé d’entrée dans la société médiévale depuis bien longtemps.

Les problématiques liées aux angoisses ou attentes de notre société suscitent des questions nouvelles. La commémoration de la Grande Guerre en 2014 rencontre forcément l’historien qui interpelle le présent à la lumière du passé. De même, un fait passé n’est jamais reproductible, il est toujours polysémique et son histoire n’est jamais univoque. Les controverses participent donc de façon directe à la connaissance historique inscrite dans le présent. C’est dans ce sillon étroit que constitue l’incertitude que l’historien navigue pour élaborer un récit toujours inachevé.

 Une discipline qui se renouvelle en permanence

L’histoire acquiert sa dimension scientifique au XIXe siècle avec l’école méthodique qui la définit comme « science positive ». Le récit historique est présenté comme « récit de vérité » et trouve son fondement dans la lecture critique des documents, associant les critiques interne et externe toujours indispensables aujourd’hui.

  •  L’historiographie est également évolutive

C’est dans ce cadre que l’historiographie participe après 1880 à la construction d’une histoire nationaleoù les « grands hommes ». Les victoires militaires guideraient la France vers le progrès incarné par la République triomphante pense-t-on alors. Ce « roman national » a donc une mission civique. Cette dimension politique de l’historiographie est rapidement remise en cause par la sociologie à la fin du XIXe siècle, puis par les Annales entre les deux guerres. Pour elles, les faits historiques sont des constructions sociales. Entre 1930 et les années 1970, l’école des Annales forme le socle de l’histoire universitaire. Grâce à la diversification des sources, elles cherchent à problématiser les objets d’étude et favoriser une approche pluridisciplinaire qui s’ouvre à l’économie, la géographie ou la démographie. Les Annales trouvent leur fondement dans la Société féodale (1939) de Marc Bloch (historien français et juif, fusillé en 1944) ; ouvrage dans lequel il écrit que « tous ces vieux découpages, en un mot, nés d’une tradition monarchique et oratoire, commencèrent ainsi de céder la place à un autre type de divisions, fondées sur l’observation des phénomènes sociaux » avant de confirmer ses intentions plus loin : « en d’autres termes, c’est l’analyse et l’explication d’une structure sociale, avec ses liaisons, qu’on se propose de tenter ici ».

  • L’histoire s’affirme comme science des hommes et science du changement

Les Annales, devenuesen 1946 Annales Economies Sociétés Civilisations, militent pour un rapprochement avec les autres sciences sociales. Elles influencent toujours l’histoire scolaire : l’« histoire-problématique » de Lucien Febvre, les approches socio-économiques, l’abandon de la continuité sont autant de legs majeurs. Mais les annalistes s’essoufflent dans les années 1970 ; on critique leur approche continuiste et causaliste, ainsi que leur prisme quantitativiste, base d’une histoire sérielle désincarnée. Des historiens critiquent leur prétention à une « histoire totale ». La Nouvelle Histoire propose alors une vision moins mécanique du temps historique. L’histoire des mentalités, l’histoire du corps, l’anthropologie historique, l’étude du langage etc. ouvrent de nouveaux champs. Les acteurs sont de plus en plus interrogés. A partir des années 1980, un renouvellement se poursuit avec C. Ginzburg, G. Levi, B. Lepetit représentants de la microstoria, ou plus récemment des historiens de l’histoire globale et d’autres domaines encore.

 Banalité ? L’histoire sert d’abord à expliquer le passé et à comprendre le présent

  • L’histoire ne fixe pas d’horizon à l’Homme

L’historien se détache des grands modèles explicatifs, continuistes, téléologiques qui présentent les faits comme successifs. Il n’existe donc pas de point d’achèvement en histoire. L’économiste Francis Fukuyama avait lancé peu avant le chute du mur de Berlin, l’idée d’une « fin de l’histoire » avec la fin de la guerre froide et la chute des dictatures. Or, l’histoire sert à démontrer qu’aucune société humaine n’entre dans un schéma historique ; une nouvelle fois, dans cette optique, pour l’historien « le temps des contemporains n’est pas un aboutissement » (J.L Mayaud). Le temps ne se dirige pas vers une direction ou un horizon salvateur. L’historienne Arlette Farge présente ainsi la discipline comme « disruptive ».

  • L’histoire est « représentation » du passé

L’histoire est toujours « contemporaine » (B.Croce). Les historiens interrogent le passé au présent, avec des mots du présent, avec des problématiques du présent. Ils reconstituent des faits à partir de traces incomplètes, d’autres à jamais perdues, mais des traces qui ne leur sont jamais destinées. L’histoire ne peut donc être qu’une « représentation » du passé (re-présenter): une construction intellectuelle et sociale, une façon de faire revivre le passé au présent, de le rendre présent à nouveau pour mieux en décrypter les caractéristiques, les mécanismes, les logiques. L’anachronisme est donc intégré dans l’enquête historique. Il en est ainsi du découpage du passé en quatre grandes périodes, ou de termes non usités dans le passé, mais auxquels l’historien a recours ; ainsi des notions de « tolérance » ou « d’acculturation » au XVIe siècle. Les notions de « religion » ou de « mythologie » sont par exemple étrangères aux Grecs du Ve siècle av-JC.

Pour rendre cohérent le récit historique, l’historien a besoin d’un cadre, d’une matrice d’observation qui est le temps organisé ainsi découpé arbitrairement.

L’histoire sert à découvrir les ressorts profonds des sociétés, ceux qui expliquent leur évolution et leur instabilité permanente. Elle interroge les relations sociales, porte un regard critique sur les traces du passé, leur interprétation commune. L’histoire sert à lutter contre l’oubli, le mensonge ou même la falsification du passé. L’historien doit alors veiller à lutter contre l’instrumentalisation politique ou idéologique de l’histoire, à mener la guerre contre les imposteurs et se méfier de la médiatisation.

  • L’histoire lutte contre le présentisme

L’histoire sert à lutter contre la nostalgie d’un passé révolu et parfois présenté comme meilleur que le présent, ou bien alors, le contraire comme ces expressions absurdes « c’est la tradition» pour désigner une habitude, ou « la nuit des temps », ou alors « le plus vieux métier du monde » etc.

S’opposer au « c’était mieux avant » des déclinistes par exemple est l’une des missions de l’historien. L’histoire n’a jamais non plus immunisé de la guerre, du génocide « à supposer qu’éviter une guerre soit une bonne chose » (P.Ory).

  • L’histoire ne donne pas de leçon.

Elle doit rester le plus neutre possible, c’est « l’impartialité » de l’historien (P.Ricoeur). L’histoire ne prend jamais position pour le « bien » ou le « mal », le « mauvais » et le « meilleur ». L’historien peut ainsi écrire « le régime hitlérien était criminel », mais pas « Louis XVI était un imbécile ». Il évite donc les jugements à l’emporte-pièce et les généralisations. Ainsi il ne peut écrire « En 1940, les Français étaient des lâches ». L’histoire n’est pas non plus à confondre avec la mémoire. Commémorer ou entendre un témoin n’est pas faire de l’histoire.

 5. Les différentes approches en histoire.

Chacune de ses approches a été initiée à un moment précis de l’évolution historiographique. Chacune de ces approches s’est accompagnée de remises en cause et de renouvèlement. Dans tous les cas, elles donnent à l’histoire sa dynamique et son originalité.

Les grands domaines : histoire sociale, histoire politique, histoire économique, histoire culturelle.

Il y a une profusion de sous-domaines, parfois inspirés par les écoles historiques étrangères, anglo-saxonnes notamment :

- cultural studies, gender studies (histoire du genre), digital studies, histoire globale, microstoria, histoire-bataille, histoire comparée, histoire croisée, colonial studies, post-colonial studies, histoire sérielle, histoire de l’art, histoire des mentalités, histoire des relations internationales, histoire des sciences et des techniques, histoire religieuse, histoire du temps présent, histoire immédiate, histoire connectée, égo-histoire etc.

Un travail de recherche mobilise nécessairement plusieurs champs historiques et épistémologiques. Les thèmes de cette année 2015 intègrent donc plusieurs de ces champs

 

De fait, l’histoire n’est pas une science figée et le récit historique un récit froid, détaché des contingences contemporaines. Tout objet historique s’inscrit dans une historiographie, mouvante, à laquelle s’ajoutent d’autres sciences participant en filigrane à la construction du récit.

Bibliographie générale

6. Eléments bibliographiques sur la construction de l’histoire

BOURDE Guy, MARTIN Hervé, Les écoles historiques, Paris, Gallimard, Folio Histoire, 1997, 341 p.

DELACROIX Christian et alii, Historiographies, 2 Vol., Paris, Seuil, 2010, 1325 p.

DELACROIX Christian et alii, Les courants historiques en France, Paris, Seuil, 2005, 723 p.

DE CERTEAU Michel, L’écriture de l’histoire, Paris, Gallimard, 1975, 376 p.

GRUZINSKI Serge, L’histoire pour quoi faire ?, Paris, Fayard, 2015, 192 p.

LAURENTIN Emmanuel (dir.), A quoi sert l’histoire aujourd’hui, Paris, Bayard, 2010, 171 p.

OFFENSTADT Nicolas, L’historiographie, PUF, QSJ, 2011, 128 p.

VEYNE PAUL, Comment on écrit l’histoire, Paris, Seuil, 1996, (1971, 1ère édition), 438 p.

Bibliographie 2017-2018

7. Bibliographie indicative sur les thématiques de l'année

Cette liste n’est pas exhaustive. Il ne s’agit pas non plus d’acheter ces ouvrages, mais au moins d’en lire quelques chapitres utiles en bibliothèques (la Bibliothèque Sainte-Geneviève est idéale pour cela) pour travailler et approfondir les thèmes. Quelques uns d’entre eux sont accessibles gratuitement sur le web.

 Sur Athènes aux VIe-Ve siècles av-JC

  • Ouvrages généraux

AUSTIN Michel, VIDAL-NAQUET Paul, Economies et sociétés en Grèce ancienne, Paris, Colin, rééd. 2007

BRIANT Pierre, DESCAT Raymond, Le monde grec aux temps classiques, 2 vol., Paris, PUF, 1995/2004.

ORRIEUX Claude, SCHMITT-PANTEL Pauline, Histoire grecque, Paris, PUF, 2003, 528 p.

RUZE François, AMOURETTI Marie-Claire et alii, Le monde grec antique, Paris, Hachette éducation, 2011, 352 p

frise grecque Elgin Marbles5

 Scène des Panathénées, partie de métope de la frise ouest du Parthénon (Commons Wikimedia)

  •  Cité, démocratie

AZOULAY Vincent, Périclès. La démocratie athénienne à l’épreuve du grand homme, Paris, Colin, 2010, 277 p.

HANSEN Mogen H., Polis. Introduction à la cité grecque, Paris, Belles Lettres, 2008, 284 p.

HANSEN Mogen H, Police et cité-Etat. Un concept antique et son équivalent moderne, Paris, Belles Lettres, 2001, 370 p.

  • Mythes, croyances, religion

BREMMER Jan.N, La religion grecque, Paris, Belles Lettres, 2012, 228 p.

VERNANT Jean-Pierre, VIDAL-NAQUET Pierre, Mythe et tragédie en Grèce ancienne, Paris, La Découverte, 2 vol., 2005

VILLACEQUE Noémie, Spectateurs de paroles ! Délibération démocratique et théâtre à Athènes à l’époque classique, Rennes, P.U.R, 2013, 431 p.

  • Sur Identité et construction de l’Etat espagnol au XVIIème siècle

BENNASSAR Bartolomé, Le siècle d’or espagnol, 1525-1648, Paris, Perrin Tempus, 2017, 480 p.

BENNASSAR Bartolomé, Histoire des Espagnols, du VIème au XVIIème siècle, T1, Paris, Perrin Tempus, 2005, 704 p.

DEDIEU Jean-Pierre, L’Espagne de 1492 à 1808, Paris, Belin sup, 2005, 271 p.HK histoire 2017 Golliard

DULPHY Anne, Histoire de l’Espagne, Paris, Hatier, 1992, 415 p.

HERMANN Christian, MARCADE Jacques, La péninsule ibérique au XVIIème siècle, Paris, Sedes, 1995, 348 p.

PEREZ Joseph, Histoire de l’Espagne, Paris, Fayard, 1996, 920 p.

PEREZ Joseph, NOURY Philippe, Histoire de l’Espagne des origines à nos jours, Paris, Tallandier, 2013, 800 p.

Estampe (eau forte) de Jose de Ribera, vers 1620

http://www.bne.es/es/Micrositios/Exposiciones/Tesoros_descubierto/Exposicion/Seccion2a/Obra03.html?origen=galeria

Sur travailler et produire en France au XIXe siècle

ASSELAIN Jean-Charles et alii, Précis d’histoire européenne, Paris, Colin, 2011, 463 p.

ASSELAIN Jean-Charles, Histoire économique de la France (de l’Ancien régime à la première guerre mondiale), Paris, Points Seuil, 2010, 209 p.

DEMIER Francis, La France au XIXe siècle, Paris, Points Seuil, 2000, 602 p.

NOIRIEL Gérard, Les ouvriers dans la société française, Paris, Points Seuil, 2002, 310 p.

VERLEY Patrick, La révolution industrielle, Paris, Folio, 1997, 544 p.

VERLEY Patrick, Nouvelle histoire économique de la France, Paris, la Découverte Repères, 2003, 128 p.

Groupe de cafus des mines de DouchyGroupe de cafus dans les mines de Douchy, 1900 (Commons Wikimedia)

Informations concours

Voici des liens utiles :

http://www.ens.fr/IMG/file/concours/2015/Notice_concours_2015_%20vFINALE.pdf

et le rapport          pour le concours 2016 :                                http://www.ens.fr/IMG/file/concours/2016/rapports/AL/16_AL_rapport_ecrit_epreuve_commune_histoire.pdf

Le rapport sur les épreuves 2014

sujet 2017 : Les institutions de la colonisation et l’Afrique, 1871-1962 http://www.ens.fr/IMG/file/concours/2017/AL/2017-BEL-Composition-dhistoire.pdf

sujet 2016 : Obstacles et oppositions aux unités allemande et italienne (1815-1871) http://www.ens.fr/IMG/file/concours/2016/sujets/AL/16_BEL_Composition-dhistoire.pdf

Sujet ENS 2015

Ecricome : Informations sur la voie littéraire