Textes officiels - Spécialité art/danse

Composante culturelle

L'enseignement obligatoire art-danse en cycle terminal organise cette composante de formation autour de l'étude successive de problématiques. La première, « la danse entre narration et abstraction », est étudiée en classe de première. La seconde, « la danse entre continuité et rupture », est étudiée en classe terminale.

En vue du baccalauréat, un programme limitatif, renouvelé pour partie régulièrement, est publié au Bulletin officiel du ministère de l'Éducation nationale. Il est constitué d'œuvres particulièrement propices à l'étude de la problématique du programme. Les autres œuvres étudiées, dont le choix relève de la responsabilité de l'équipe pédagogique, permettent d'en approfondir la connaissance et nourrissent celle des œuvres mises au programme du baccalauréat.

 

Classe de première : la danse entre narration et abstraction

Cette problématique invite à construire quelques repères fondamentaux de l'histoire de la danse en caractérisant l'évolution de ses prétextes, de ses techniques et de ses esthétiques. Elle engage à étudier des œuvres « narratives » et des œuvres « abstraites » écrites à différentes époques et relevant de différentes esthétiques. Elle est étudiée et expérimentée sous quatre angles complémentaires :

  • La danse et ses formes de théâtralité, en lien avec l'histoire des arts et par la comparaison de diverses esthétiques de la danse.
  • La danse et ses formes de virtuosité, que celles-ci relèvent d'un registre technique, physique ou énergétique, temporel, ou encore psychologique.
  • La danse et la relecture des répertoires, c'est-à-dire les moyens mis en œuvre par les chorégraphes pour renouveler ou transformer le patrimoine de la danse.
  • La danse et l'interprétation, c'est-à-dire la place et le rôle de l'interprète, tout à la fois matière de la danse, acteur au service du chorégraphe et créateur.

Classe terminale : la danse entre continuités et ruptures

Cette problématique invite à étudier les relations que certains chorégraphes entretiennent avec le patrimoine et les œuvres qui le fondent tout en s'appropriant les inventions de leurs contemporains. Elle permet de saisir comment des innovations majeures, repérables dans leurs œuvres, sont nées de leur formation personnelle, d'emprunts aux œuvres du passé, mais aussi de créations originales déplaçant délibérément les repères et provoquant des ruptures. Elle est étudiée sous quatre angles complémentaires :

  • La danse et les autres arts : la danse échange - et parfois partage - ses pratiques avec les autres arts (musique notamment, mais également théâtre, arts plastiques, littérature, cirque) ; il s'agit alors d'étudier différentes rencontres, ce qui les a justifiées, la façon dont elles se sont construites, les traces qu'elles ont laissées dans l'histoire de la danse. Les collaborations de cette nature devenues emblématiques seront particulièrement étudiées.
  • La danse et les techniques du corps : les fondements du mouvement dansé changent et font évoluer les techniques corporelles. Il s'agit alors d'appréhender ces évolutions et d'en saisir les transformations les plus marquantes.
  • La danse et les nouvelles technologies : les chorégraphes s'emparent volontiers des innovations technologiques (vidéo, informatique, photo, capteurs de son et de mouvement, etc.) pour nourrir leur travail et développer de nouveaux processus d'écriture avant de les intégrer à leurs créations. Les outils de la captation permettent aujourd'hui de constituer une mémoire et de développer une nouvelle relation à l'art chorégraphique. Les impacts des technologies sur la danse, son écriture, sa diffusion et sa réception seront étudiés dans leur diversité.
  • La danse, l'espace scénique et ses conventions : les espaces scéniques et les lieux d'expression de la danse sont variés et diversement investis ; il s'agit de réfléchir à la façon dont les créateurs, jouant de lieux et dispositifs différents, instaurent des rapports divers entre le corps dansant et l'espace, le temps et le public.

 

Œuvres et thèmes de référence - année scolaire 2015-2016 et session 2016 du baccalauréat (Cf. (B.O. n° 44 du 29 novembre 2012)

La danse et ses réinventions

Le Sacre du printemps, œuvre chorégraphique réinventée plus de cent fois par de nombreux chorégraphes depuis 1913 sur la musique d'Igor Stravinsky, sera l'œuvre de référence. En rupture avec les codes établis, la première présentation provoqua un scandale.

Le Sacre du printemps chorégraphié par Pina Bausch, ou celui de Maurice Béjart, illustrent ce processus de réinvention.

 

La danse et les autres arts

May B, pièce chorégraphique de Maguy Marin créée en 1981. En 1981, Maguy Marin adresse une lettre aux éditions de Minuit. Elle y demande, sans y croire, l'autorisation de transposer à la scène les vies fissurées de Samuel Beckett. May B bouleverse les codes en vigueur, réconcilie théâtre et danse, marque l'histoire des arts vivants par sa grâce. Maguy Marin, à qui Samuel Beckett conseilla la liberté lors de la création de la pièce, a su extraire de son œuvre l'essence d'une danse minimale, un théâtre du geste quotidien sublimé que l'on joue en pantoufles trouées et chemise de nuit loqueteuse.

 

La danse et les nouvelles technologies

Les chorégraphes s'emparent volontiers des innovations technologiques pour nourrir leur travail et développer de nouveaux processus d'écriture. L'œuvre de référence sera Biped de Merce Cunningham créée le 23 avril 1999. « À partir des années 1970, Cunningham aborde la vidéo et le cinéma. Ses collaborations avec des réalisateurs attitrés, Ch. Atla et Elliot Caplan, lui permettent de dépasser les limites imposées par la scène ; dans les années 1990, il se saisit de l'ordinateur pour trouver des mouvements et des enchaînements inconcevables autrement » (In Dictionnaire de la danse, Larousse, 1999). Différentes pièces d'Alwin Nokolaïs dont Kaleidoscope (1956)  permettent aussi d'illustrer cette thématique.

 

Pour chacune de ces thématiques, les œuvres proposées constituent la référence nationale pour l'épreuve écrite de culture chorégraphique. Toutefois, ceci n'exclut pas l'ouverture vers d'autres références artistiques en fonction des ressources locales  mises à disposition des établissements scolaires.