Un peu d'Histoire...

10 févr. 16

 

Construit au début du XXème siècle, le bâtiment scolaire du 28 de la rue Debelleyme, est très représentatif du modèle architectural de l’école Jules Ferry nationalement reconnaissable.

Avec sa façade régulière de symétrie verticale et ses hautes fenêtres, il est typique de ces constructions implantées en limite du trottoir, sa porte d’entrée ouvrant directement sur la rue.

Il est bâti des matériaux typiques de ce modèle, meulière pour le soubassement, brique beige pour le corps du bâtiment, brique rouge pour les ornements. A l’intérieur les étages sont hauts, les fenêtres hautes aussi et à petits carreaux, les escaliers encore aujourd’hui en bois de chêne.

 

Bâtiment à vocation scolaire dès son origine, il a au cours des décennies vécu plusieurs vies.

 

Ecole primaire, il a été destiné à être groupe scolaire de filles et de garçons.

 

Puis école primaire de filles avec cours complémentaire commercial entre les deux guerres, il devient Collège d’Enseignement Commercial, C.E.C. jusqu’en 1985.

A partir de 1985, avec la création du baccalauréat professionnel, le collège devient Lycée d’Enseignement Commercial, puis Lycée d’Enseignement Professionnel, avec une partie Technologie pendant quelques années avec la création d’une section STG.

Depuis 2011 il est Lycée Professionnel du tertiaire.

 

A la rentrée 1980, le collège avait reçu 5 classes d’élèves déficients auditifs précédemment installées au 5 de la rue Béranger, pour les préparer au CAP commercial.

Commence alors une période de 25 ans, jusqu’à la loi de 2005 sur le handicap, pendant laquelle l’établissement recevra jusqu’à la moitié de ses effectifs des élèves sourds et mal-entendants. Jusqu’à dix orthophonistes les accompagneront, les enseignants seront formés à la langue des signes. Des travaux d’aménagement seront faits : boxes pour les séances d’orthophonie, salles de classe insonorisées.

Cet accueil des sourds et malentendants, qui pour certains venaient de loin, en fera l’un des seuls établissements publics de France dépendants de l’Education Nationale assurant une formation dans un milieu entendant. Dans le Bulletin Officiel de 1988, le lycée avait été classé «établissement particulier ».

 

En mars 1988 il a été baptisé Lycée François Truffaut, en présence de l’épouse et de l’une des filles du cinéaste.

Pourquoi Truffaut ? Certainement à cause du regard avec lequel Truffaut filmait l’enfance et parce que le lycée accueillait en ses murs des élèves pour qui l’enfance était compliquée. Certainement aussi à cause de son film « L’Enfant sauvage ».

Et sans aucun doute parce que Truffaut est un grand cinéaste dont les films ne vieillissent pas. Nous le constatons chaque année, puisque élèves et adultes, travaillant au lycée François Truffaut et prononçant quotidiennement ce nom, nous visionnons régulièrement des films du cinéaste. Et constatons toujours combien ses films parlent avec justesse des sentiments humains fondamentaux, combien ils sont devenus intemporels, bref qu’ils sont devenus des classiques qui touchent beaucoup nos élèves.

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