La classe à double niveau

La classe à double niveau est un sujet régulièrement abordé dans nos écoles.
Obligation ou choix, conséquence d'effectifs, de classes d'âges hétérogènes, de problèmes de climat scolaire, d'envie de travailler autrement… la classe à double niveau ne saurait faire l'objet d'aucune règle unique, d'aucun résultat constant, d'aucune pratique immuable. C'est pour ça qu'elle est redoutée par certains, vantée par d'autres.

Les avantages recensés sont, tout naturellement l'acquisition de l'autonomie, d'une méthodologie efficace, et très souvent, l'établissement d'un climat d'entraide favorisant l'apprentissage. Plusieurs doubles-niveaux dans une même école permettent aussi des échanges de services et des allègements. Ils rassurent les parents. Dans la préparation de la classe, la différenciation est une donnée de base, là où, dans les classes avec un seul niveau, l'hétérogénéité n'est pas un critère systématique préalable pour la rédaction des fiches de séquences et séances.

Les inconvénients portent beaucoup sur la difficulté d'organisation des enseignants, qui nécessite, bien entendu une somme de travail très conséquente, mais aussi une rigueur qui peut effrayer. Le risque de privilégier un niveau par rapport à un autre est aussi souvent cité. Certaines associations sont parfois à éviter.

Il n'est pas de règle exclusive quant à la gestion d'une classe à double niveau tant chacune est singulière. Toutefois, les conditions qui président à la tenue de classes à double niveau peuvent déterminer une conduite particulière.

Quelques conditions classiques

  • La raison (effectif, climat scolaire, envie de travailler autrement)
  • La répartition des classes d'âge (moitié-moitié ou deux tiers-un tiers ou encore un tout petit noyau de grands, de petits…)
  • Les niveaux, proches ou éloignés
  • Le nombre de classes à double niveau, permettant ou pas le travail en équipe
  • Et bien sûr, la classe choisie ou la classe subie.

Pas de réponse univoque, donc, mais quelques remarques de bon sens

  • Préparer une programmation pour chaque niveau, même si des moments communs sont envisagés.
  • Réfléchir aux domaines qui peuvent faire l'objet de séances communes (Littérature de jeunesse, Enseignement Moral et Civique, poésie, arts, E.P.S…) et ceux qui demandent des traitements séparés. Des projets fédérateurs permettront la communication interdegré.
  • Organiser ses séances avec des parties communes complètement accompagnées, des parties différenciées avec un niveau accompagné et un niveau en autonomie, des parties différenciées en complète autonomie.
  • Prévoir des emplois du temps lisibles pour tous les élèves, (avec la place de l'enseignant matérialisée grâce à des codes couleur, des icones…).
  • Et, bien sûr, comme pour toute gestion de classe, mais avec un renforcement pour le double niveau : insister sur certains rituels, annoncer clairement les objectifs et les critères de réussite, travailler la méthodologie (étudier la consigne, rendre lisibles et accessibles les outils, soigner l'affichage…), se doter de supports de travail spécifiques (autocorrection, fiches…)

La classe à double niveau peut devenir une opportunité pédagogique si l'enseignant se dote de moyens techniques et pratiques, surtout s'il établit un savant dosage entre organisation rigoureuse et créativité. Une gageure, certes, l'équipe de circonscription est à la disposition des enseignants qui souhaitent se lancer dans l'expérience.

Ci-dessous, le document de M. Breton, ancien IEN de la circonscription 14B.

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