Salle du Conseil (1er étage)

Salle du Conseil

clé voute 

Donjon du château de Vincennes, voûtes de la chambre du roi, salle centrale du deuxième étage - © Jean-Pierre Delagarde / Centre des monuments nationaux

Le donjon, d’une hauteur de 50 m, a la forme d’une tour carrée de 5 étages, de 16,20 m. de côté dont les murs ont une épaisseur de 3,25m. Il est flanqué de quatre tourelles d’angle qui assurent une fonction de contrebutement. L’équilibre du donjon a posé de gros problèmes à l’architecte Raymond du Temple, qui a mis en œuvre des techniques et des solutions architecturales novatrices pour cet édifice hors du commun à la fois logis royal et symbole de force et de puissance. La particularité du donjon est l’utilisation du métal dans sa construction. Douze tonnes de fer ont été nécessaires pour en réaliser l’armature. Un cerclage des murs et des supports de dalles renforcent la structure. Chaque étage est occupé par une grande salle voutée dont les ogives s’appuient sur un pilier central. Cette vaste salle du conseil voûtée de plan carré est une prouesse de l’architecture gothique : une grande partie du poids des voûtes en croisées d’ogive repose sur une colonne centrale dont la finesse signale la qualité de la pierre. La retombée de charge des voûtes, sur les 6 niveaux, s’effectue en grande partie sur cette colonne vertébrale centrale tandis que les murs, corsetés de ceintures de fer cachées dans l’épaisseur des parois, absorbent le reste (on peut apercevoir des barres de fer dans le couloir de l’entrée). Ce système a permis d’ouvrir de grandes fenêtres dans les murs épais du château. À chaque étage, autour de la pièce centrale, des pièces sont aménagées dans les tourelles d’angle. Le soin apporté au décor et au confort de cette salle est encore visible : les crochets servaient à fixer les lambris qui couvraient intégralement les murs au 14e siècle. La salle du Conseil est le cœur de la vie politique : le roi donnait ici des réceptions officielles ou organisait des séances de travail avec ses conseillers. Les lambris, qui d’ailleurs subsistent encore au niveau des voûtes, avaient une fonction pratique – ils assuraient l’isolation thermique de la salle – et esthétique : ils étaient peints et ornés de tapisseries.

Croisées d'ogives

cf. "Croisées d'ogives, comment ça tient ?" du parcours à la Cité de l'architecture et du patrimoine :