Prison (RdC)

Une prison

prison 

Donjon du château de Vincennes, portes entre la cour et la salle du puits, au rez-de-chaussée, vues de l'intérieur

© Jean-Pierre Delagarde / Centre des monuments nationaux

 

Au Moyen Âge, le niveau bas du donjon n’était accessible que depuis le premier étage par le petit escalier en vis. Cela indique qu’il ne relevait pas des espaces nobles, fréquentés par le souverain, mais des espaces communs réservés à sa domesticité.

Le donjon, dès la Renaissance, pendant les périodes de désaffection devient une prison royale. Les portes qui ouvrent sur la cour ont été percées au 18e siècle lors d’aménagements liés à la fonction carcérale du donjon. Au 17e siècle, ses premiers hôtes de prestige seront des Grands du royaume ayant pris part à la Fronde ou encore Fouquet, le fastueux surintendant des finances de Louis XIV.

Lettre de Diderot

Mais c’est au siècle des Lumières que le donjon devient le symbole de l’arbitraire royal en «accueillant » des écrivains célèbres – Diderot, Sade, Mirabeau – emprisonnés par lettre de cachet, pour raisons politiques ou privées. La lettre de cachet est une lettre fermée par un sceau royal de cire, dit « du secret ». Elle contient un ordre pour faire emprisonner ou éloigner une personne. La lettre court-circuite la justice : il n’y a donc pas de procès. La lettre de cachet devient rapidement le symbole d’un pouvoir royal absolu et arbitraire.

Denis Diderot est enfermé du 24 juillet au 3 novembre 1749, pour avoir écrit «  La Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient » dont le matérialisme choque.

Il démontre que les aveugles construisent leurs idées à partir de ce qu’ils sentent et touchent et prouve ainsi que ce n’est pas Dieu qui place nos idées dans notre âme. L’athéisme de Diderot que l’on nomme « matérialisme » est jugé dangereux et condamné par la censure. Au XVIIIe siècle la CENSURE a pour mission de donner un droit d’imprimer qu’elle peut refuser si elle juge que l’œuvre est immorale, ou dangereuse. Elle peut même condamner les auteurs et les éditeurs à des amendes et peines de prison.

Si le philosophe sort de Vincennes au bout de trois mois c’est grâce à l’action des éditeurs de l’Encyclopédie qui voyaient le travail prendre du retard.

Lettre Diderot 3 

"Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient", par Denis Diderot, Londres, 1749.

© Reproduction Philippe Berthé / CMN

 

Lettre Diderot 1 

Lettre Diderot 2