Confinés et créatifs

Les créations des élèves: que leur inspire le confinement?

ex-arts plastiques 
 

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                                                        Confinement

 

Confinement, c'est ennuyant !

Je veux sortir maintenant !

 

Confiné, ça me déplait !

Rendez-moi ma liberté !

 

C'est bien pour la nature,

mais pour moi, ça me dénature !

 

Il fait beau, pour les corbeaux.

Moi, je dois rester enfermé avec mes BD !

 

Je pense qu'à m'évader,

pour me promener !

 

Bientôt, je pourrai,

enfin m'aérer,

et vous retrouver !

C. L.

 

 

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Haïku sur le confinement

 

 

Enfermé dans ma maison

Mon esprit vagabonde

Plus loin que l’horizon

 

 

Chez moi l’ennui s’oublie

Rien ne pourrait m’en empêcher

Je suis heureux

 

Restez chez vous

Restez dans votre cœur

Il ne faudra qu’un instant

 

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Reste à la maison

 

 

Rester à la maison pour dire des mensonges,

Pour apprendre nos leçons,

On sort les crayons,

On sort les cahiers et nous travaillons,

On est tous enfermé dans notre maison,

Pour notre protection.

 

A. J.

 

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Tout le monde à la maison

 

Tout le monde à la maison,

On garde la raison,

Tout le monde à la maison,

On apprend nos leçons,

Tout le monde à la maison,

On chante des chansons,

Tout le monde à la maison,

On traîne nos chaussons,

Tout le monde à la maison,

On n’utilise le téléphon,

Tout le monde à la maison,

On garde la liaison,

Tout le monde à la maison,

On prend des nouvelles de nos proches dans d’autres régions,

Tout le monde à la maison,

On sort car il faut que nous mangions,

Tout le monde à la maison,

On reste à la maison, nous nous protégeons.

 

A. J.

Réflexion en famille

 

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                                        LE CIEL ETAIT BLEU

 

Je n’en pouvais plus. Tout autour de moi régnait la misère. Elle était partout, autant dans les recoins sombres et sales des innombrables cellules que dans les cœurs des détenus que l’abîme du désespoir avait engloutis.  Non, je n’en pouvais plus.

« Lève-toi. »          

L’ordre fusa dans l’air, impitoyable. Immense et terrifiante une silhouette se tenait devant les barreaux crasseux de ma cage. C’était la première fois depuis… En fait je ne savais pas. Je ne savais plus. Cela faisait trop longtemps que j’avais perdu le compte des jours. Cette prison était un cauchemar éveillé. Le temps n’était plus qu’une subtilité qui ne respectait aucune règle. Lentement, je déroulai mon corps réveillant chaque blessure, chaque plaie qui le couvrait telle la fresque de mon enfermement. La porte de fer claqua.

« Plus vite. »

Qu’ai-je fait ? J’ai obéi. Défier l’autorité était une chose que l’on nous apprenait à ne pas faire ici-bas. Et le plus rapidement possible.

« On veut te voir. »

Mais qui ? Je n’avais plus personne. C’était une réalité dure, je le savais. Mais ne pas l’admettre aurait été de l’espoir. Or dans cette forteresse, l’espoir se transformait bien souvent en poison. Un poison qui s’infiltrait jusqu’au plus profond de votre âme, hantait vos rêves et votre âme. Un poison vicieux qu’il fallait éviter à tout prix. Et je le ferais. Après tout ne l’avais-je pas toujours fait ?

« Sors »

Ha. Oui. Notre cher garde. Voyez-vous, je l’avais presque oublié.  Alors lentement, mes pieds abîmés frappant faiblement les pierres couvertes de sang, je m’avançai. Au fur et à mesure que je traversais l’allée, les prisonniers s’agitaient. Je les comprenais. Lorsque l’un d’entre nous sortait, le plus souvent cela signifiait la mort. Le dehors dont nous rêvions tant devenait alors une menace, la pelle qui creuserait notre tombe. Soudain, mon guide s’arrêta devant une porte noire et lugubre.

« Tu es arrivé. »

Je le voyais bien. Être enfermé ne signifiait pas perdre tout sens de la déduction. Enfin, dans un grincement, le garde ouvrit avec effort le battant de métal. Eblouissante, la vie m’apparut alors. Tremblant je la retrouvais comme on retrouvait un vieil ami. Au loin je pouvais voir le monde, magnifique et dangereux. Allais-je mourir ? Je n’en savais rien. En moi, une seule certitude demeurait. Le ciel était bleu.   

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C : cloîtrer
O : obliger
N : nostalgie
F : fermer
I : interdiction
N : nettoyage
E : enfermer
M : mort
E : ennui
N : nourriture
T : télétravail

 

O. B.

 

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Jour 16 :

Cela fait fort longtemps... la lumière du soleil,

Et que je n’ai pas respiré l’air frais de la surface.

J’ai réussi à maîtriser pleinement chaque capacité de mon corps,

Je suis en harmonie avec moi-même et comme je peux le constater,

La nature reprend ses droits de force.

J’ai usé jusqu'à la moindre miette de divertissement,

J’ai lu tout livre qui se trouvait devant moi,

Ma culture générale en fut accrue.

 

Je m’endors paisiblement, en rêvant de savoir à quoi ressemble l’extérieur.

 

A. E.

 

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A part faire mes devoirs, jouer avec mes frères,

je n'ai rien à faire.

 

Alors je regarde des documentaires sur la mer

et sur la terre.

 

Depuis le confinement le matin je me réveille

paisiblement.

Réveillé par la voix de ma maman,

je me réveille paisiblement.

 

Y. B.

 

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Le confinement –

Ne pas aller à l'école

Ce qui est très bien !

Le confinement –

Plus de promenades au parc !

Inconvénient.

Le confinement –

Je regarde par la fenêtre,

Trop de devoirs...

Le confinement –

Devoirs sont longs à faire

Donnez-nous-en moins !

Le confinement –

On ne se fait plus punir

C'est un avantage

Le confinement –

Personne ne nous crie dessus.

Un gros avantage !

Le confinement –

On dort autant qu'on le veut !

Enorme avantage !

A. K.

 

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1-L'enfant de la lune

Le confinement... Je ne connais que trop bien ce mot, puisqu'il m'a accompagné toute ma vie. En effet, j'ai toujours vécu dans un perpétuel confinement : presque jamais je ne suis sortie de chez moi, et je n'ai vu le ciel bleu de l'extérieur que très rarement, le regardant plutôt à travers la fenêtre de ma chambre, ou le dévorant des yeux à la télévision. Pourquoi donc ? Car je suis une enfant de la lune. Derrière ce nom poétique et délicat se cache une maladie rare, scientifiquement nommée Xeroderma Pigmentosum ; c'est elle qui m'empêche de sortir et m'oblige à rester cloîtrée chez moi, me privant des délices d'une vie banale ; car pour moi une simple exposition aux rayons UV du soleil serait dévastatrice. Mon visage et le reste de mon corps sont tapissés de tâches brunes et blanches malgré toutes les précautions prises, alors je n'imagine même pas le résultat si je sortais dehors en plein soleil ! Je suis une adolescente ravagée de tâches, et mes parents sont ravagés de tristesse pour moi, à cause de moi ; je les ai ruinés pour couvrir les vitres de la maison, ainsi que celles de la voiture, de filtres anti-UV ; et même la vitre de la télévision. Tant d'argent gaspillé pour que je puisse regarder aux fenêtres de ma propre maison, et les beaux projets de mes parents évanouis, pour que je puisse avoir un semblant de vie.

2-Un malheur partagé, Corona oblige !

Ainsi aucune personne ne peut se haïr autant que moi je me hais, pour des raisons qui m'accablent encore plus que la haine que je m'inflige. Les cas de ce charmant virus qu'est la maladie des enfants de la lune sont très rares (pour être exacte, nous sommes 91 en France à être confinés pour protéger notre peau), mais ceux du Coronavirus le sont beaucoup moins. Cette épidémie ravage le monde comme les tâches ravagent mon épiderme ; "le gouvernement, pour protéger les personnes ayant auparavant tout le loisir de sortir, a déclaré un confinement national" ; ces mots me trottent dans la tête, m'obsèdent, monopolisent mes pensées. Le pays tout entier connaît dorénavant mon exécrable existence.

Et la façon dont se plaignent ces Français qui avaient l'immense liberté de sortir m'effare. S'ils savaient que je vis dans ce calvaire depuis toujours peut-être se tairaient-ils ou se terraient-ils !

3-Astrale solitude

Les seuls moments d'évasion que m'offre cette existence de malheur, sont ceux que je passe la nuit. Avant de dépenser leurs économies dans des filtres anti-UV, mes parents avaient emménagé dans une grande maison en bord de mer. Le grenier a été converti en chambre pour m'accueillir, donnant accès directement au toit par une trappe et une échelle. A la nuit tombée, j'escalade cette échelle et j'emprunte cette trappe et j'admire la lune, je lui conte mes infortunes et j'ai l'impression qu'elle me sourit. Alors à ce moment-là, je m'allonge et me blottis parmi les tuiles, la contemple une dernière fois, et m'assoupis, nichée près de la cheminée.

A. L.

à venir ...