Enseignement de l'anglais

Enseignement de l'anglais

M. Marchebout

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LVA : 4 heures hebdomadaires toute l’année.

LVB : 4 heures hebdomadaires au premier semestre, avec possibilité, au second semestre, de ne plus suivre les 2 heures de complément (littérature), si l’on conserve 4 heures d’autres options, voire d’abandonner les 4 heures, si l’on a une option lourde (études théâtrales et/ou lettres classiques [latin+grec]).

Les étudiants de LVA et de LVB sont mélangés, mais l’effectif total de la classe est, grossièrement, divisé en deux, ce qui offre des conditions très favorables à la prise de parole de chacun.

Les compétences langagières travaillées, comme pour toute langue étrangère, sont l’expression écrite, l’expression orale, la compréhension écrite et la compréhension orale.

 

Le cours du lundi est consacré prioritairement à la consolidation et à l’enrichissement de la langue, mais les activités pratiquées sont indissociables de l’acquisition de connaissances ayant trait à la littérature et à la civilisation, puisque tout texte étudié sous le double angle linguistique et traductologique pourrait fort bien faire l’objet d’une analyse littéraire avec des enjeux civilisationnels (et vice versa), esquissée dans une introduction en anglais contextualisant auteur et œuvre, avant une lecture à voix haute, segment par segment, chaque étudiant(e) proposant tour à tour sa traduction, ses condisciples intervenant éventuellement pour soumettre des variantes ou apporter des corrections, le professeur validant les solutions permettant de rendre fidèlement sens, syntaxe, registre et style.

Concrètement, le lundi après-midi, l’évaluation de l’acquisition de lexique thématique, de la maîtrise de chapitres de grammaire et/ou de syntaxe, de l’appropriation de connaissances historiques, géographiques et culturelles relatives aux pays du monde anglophone, est systématique ; puis, après ces vingt premières minutes, le reste des deux heures consiste en une initiation aux techniques de la traduction, pratiquée dans les deux sens : chaque semaine, le thème grammatical est donc complété par l’entraînement à la version littéraire, avec un choix de deux auteurs majeurs, une femme et un homme, d’une sélection de pays, ce qui permet de parcourir l’aire anglophone en passant deux semaines en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Inde, au Sri Lanka, au Kenya, en Afrique du Sud, au Nigeria, au Liberia, aux Caraïbes, aux États-Unis, au Canada, en Irlande, en Ulster, en Écosse, au pays de Galles, en Angleterre, par exemple. De loin en loin, l’on pratique aussi le thème littéraire, auquel seuls les étudiants choisissant la spécialité anglais en khâgne devront s’entraîner régulièrement.

 

Le vendredi matin, les deux heures de cours, intégralement en anglais, alors que le panachage linguistique est la règle le lundi, se déroulent ainsi :

- reprise rapide des textes donnés en khôlle le mardi ou le mercredi (trois fois dans l’année, les étudiants ont une heure pour lire, comprendre et analyser un texte, puis disposent d’une vingtaine de minutes pour présenter au professeur les grandes lignes d’un commentaire où s’équilibrent synthèse et micro-analyses, les dix dernières minutes étant occupées par un échange sur la base de cet exposé, afin de préciser, nuancer, compléter certains points) ;

- présentation orale par un(e) étudiant(e) d’un passage de l’une des œuvres complètes étudiées au cours de l’année (les trois principaux genres [prose, théâtre et poésie] sont abordés, mais les œuvres varient : à titre d’exemple, cette année, les étudiants auront travaillé une sélection de nouvelles de Katherine Mansfield, le roman le plus célèbre de Mary Wollstonecraft Shelley, la tragédie écossaise de William Shakespeare et un florilège de poèmes qui doivent faire partie du bagage culturel de tout angliciste) ;

- sur cette base, ses condisciples, guidés et aidés par le professeur, étoffent et/ou amendent les axes interprétatifs envisagés, les échanges visant à construire un commentaire, initialement linéaire et finalement composé, fondé sur le repérage des caractéristiques narratologiques, thématiques et stylistiques saillantes de l’extrait, situé dans l’œuvre (souvent un incipit, un apogée ou un explicit) et exploré en profondeur (un texte littéraire est un tissu aux multiples replis, qu’il s’agit d’expliquer, ce verbe signifiant déplier), tout en élucidant le sens littéral, qui ne doit pas être négligé, puisque, pour la majorité, l’anglais est une langue étrangère, dont la compréhension ne va pas forcément de soi.

Cette initiation aux littératures des pays du monde anglophone, surtout des XIXe, XXe et XXIe siècles (conformément au texte de cadrage des épreuves subies aux concours des ÉNS), et à la méthodologie de l’analyse littéraire sera profitablement complétée par la lecture par tous des textes étudiés par une poignée en khôlle, qui, par leur variété, offrent un vaste panorama, et par la lecture de grands classiques, notamment mais pas seulement du Royaume-Uni et d’Amérique, ainsi que par la fréquentation des incontournables de la critique littéraire, surtout si les auteurs sont anglophones, voire anglophones et praticiens reconnus de la nouvelle, du roman, du théâtre et/ou de la poésie, ce qui n’est pas rare.

L’actualité des pays du monde anglophone sera parfois commentée à l’occasion d’un événement lié au fonctionnement des institutions, à une figure éminente, à une tendance sociétale ou aux fêtes et traditions populaires, par exemple, mais la presse (quotidiens de qualité et magazines d’actualité, imprimés ou dématérialisés) ne sera pas étudiée dans le détail en hypokhâgne, ce qui ne signifie pas que sa lecture régulière n’est pas encouragée.

Plus prosaïquement, la moyenne semestrielle est calculée à partir des notes obtenues aux concours blancs (deux dans l’année, en guise d’entraînement à l’épreuve d’anglais LVA de six heures, avec une version partielle et un commentaire intégral d’un texte littéraire, que subiront les candidats aux ÉNS à la fin de leur khâgne), aux devoirs surveillés de deux heures (quatre dans l’année : deux versions et deux commentaires), aux khôlles (trois dans l’année), aux thèmes grammaticaux (une vingtaine dans l’année, soit au moins deux cents phrases complexes), aux tests lexicaux (une vingtaine aussi, soit au moins huit cents mots), etc., les coefficients variant selon la durée et la difficulté.

Enfin, la communication en langue anglaise dans un cadre universitaire demeurant relativement artificielle et les exercices pratiqués ne permettant pas de couvrir tout le champ des connaissances et des compétences, les étudiants sont invités à séjourner dans les pays du monde anglophone, à fréquenter les antres de la capitale où se retrouvent Britanniques, Américains, etc., à écouter les chaînes de radio et à regarder les chaînes de télé en langue anglaise, à choisir les diffusions en version originale sous-titrée, au cinéma comme à la maison, bref à saisir toutes les occasions de pratiquer l’anglais dans le monde réel, passivement, en écoutant, plus activement, en produisant.