La justice, d’hier à aujourd’hui

4B MGI

Ils ont lu et étudié la version abrégée de L’Homme qui rit de Victor Hugo (Classiques abrégés, Ecole des loisirs) et se sont interrogés sur les grandes questions de l’œuvre. 

L’injustice, l’inégalité sociale, la barbarie des hommes, le cri dénonciateur de Gwynplaine porté à la Chambre des lords, la parole interrompue, la difformité comme source d’inégalité, l’individu écrasé par une société corrompue, et bien d’autres sujets encore, ont été abordés et approfondis par les élèves. 

Lire, écrire, débattre, réfléchir, faire évoluer sa pensée, faire entendre son opinion, témoigner de son désaccord ; autant de défis relevés par chacun des élèves. 

De la misère et l’inégalité décrites par Victor Hugo dans son roman, à la fin de 1690 à 1705, en Angleterre, à celle qui persiste au siècle de l’auteur (le XIXème siècle et ses problèmes sociaux et politiques), on retrouve une humanité qui n’a pas beaucoup progressé : « Cela se passait il y a cent quatre-vingt ans, du temps que les hommes étaient un peu plus des loups qu’ils ne le sont aujourd’hui. Pas beaucoup plus », nous dit le narrateur de l’Homme qui rit au début du roman. 

Les élèves ont voulu faire entendre leurs combats, ceux d’aujourd’hui, et porter une parole qui nomme d’autres inégalités, pour mieux les faire entendre, et s’élever. 

Chaque classe a témoigné, à travers un travail mené en cours et à la Maison du Geste et de l’Image, d’une conscience des enjeux de notre société, d’une envie de dire, de ne pas empêcher la parole comme les lords ont empêché celle de Gwynplaine. C’est de cette indignation face au silence, face aux rires moqueurs, qu’ils sont partis. 

La classe de 4eB a choisi de faire vivre sur scène, au cours de l’atelier théâtre mené avec Chantal Petillot, comédienne et metteure en scène, la scène où l’enfant rencontre Ursus, cet homme qui l’accueille malgré son indigence. Ils ont également fait entendre leurs discours contre les inégalités d’aujourd’hui, discours qui sont leurs écrits personnels. 

La classe de 4e A a interprété le discours de Gwynplaine à la Chambre des Lords, clef de l’œuvre, à la fois sur scène, grâce au travail de mise en scène de Chantal, et en interprétation visuelle et sonore, grâce au travail de Simon Backès, réalisateur. Les images réalisées par les élèves défilent sur scène, et les élèves interprètent à leur tour des récits d’inégalités d’aujourd’hui, qu’ils ont écrits à la première personne, pour mieux les faire vivre. 

« Je suis un des vôtres, ô vous les pauvres ! Un roi m’a vendu, un pauvre m’a recueilli. Qui m’a mutilé ? Un prince. Qui m’a guéri et nourri ? Un meurt de faim. Je suis lord Clancharlie, mais je reste Gwynplaine. Un jour viendra la société vraie. » 

Extrait du discours de Gwynplaine, L’Homme qui rit.

S’indigner mais aussi agir, aujourd’hui encore, ne pas se taire, ne pas faire de tabou, c’est le chemin que nous ont montré fièrement les élèves de 4e A et B. Ils ont témoigné de cet aphorisme : la liberté commence par celle de la pensée. 

Apprendre à dire je, devenir un citoyen dans le cadre du vivre ensemble, c’est peut-être cette « société vraie » qu’aurait souhaité Victor Hugo. 

« Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne »,

Victor Hugo, 1853.

Vous pourrez découvrir la bande-annonce de la représentation des 4e B en cliquant ici :

 

Un extrait du travail des élèves de 4e A en cliquant ici:

 

Mesdames Criqui et Tricot