Facteur rural

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Bicyclette de facteur rural, vers 1900 et Affiche du film de Jacques Tati "Jour de fête"

"Les messagers sont aussi anciens que l’histoire de la lettre. A pied puis à cheval, ils ont sillonné les routes de France pour acheminer les dépêches. Toutefois, il faut attendre les XVIIe puis XVIIIe siècles pour que soit mis en place un service de distribution du courrier à l’intérieur même des villes. C’est la naissance du « facteur », du latin factum (celui qui fait). Facteur de ville, facteur rural, fonctionnaire puis salarié, le facteur est entré dans la culture populaire et compte parmi les personnalités préférées des Français. Le métier, s’il reste centré sur ses missions principales de tri et de distribution, a beaucoup évolué dans un contexte de transformation des moyens de communication au profit du numérique.

S’il est présent dans les villes, le facteur arrive tardivement dans les campagnes. Les ruraux seront laissés-pour-compte jusqu’en 1830. Jusqu’alors, les habitants devaient se rendre dans la ville la plus proche pour retirer leurs lettres. Afin de réduire le nombre des lettres non réclamées et de rompre l’isolement des campagnes, l’administration des Postes instaure le 1er avril 1830 le « service rural ». Cinq mille facteurs ruraux sont recrutés pour distribuer les lettres, tous les deux jours, sur tout le territoire. Le service devient quotidien en 1832. Un métier difficile Dès son apparition et pendant longtemps, le facteur rural sera distinct du facteur des villes et bien moins reconnu. Les deux ne jouissent pas des mêmes revenus et sont inégaux dès le recrutement. En effet, si l’emploi de facteur est réservé aux anciens militaires, l’homme de troupe sans grade ne peut postuler qu’à l’emploi de facteur rural, celui de facteur de ville étant destiné aux sous-officiers, brigadiers et caporaux. En 1908, le facteur des villes gagne 1200 francs par an, contre 800 francs pour le facteur des campagnes qui est rétribué au kilomètre parcouru (4 centimes par kilomètre parcouru en 1830, 7 centimes en 1882) et doit exercer une autre activité pour vivre (par exemple cordonnier, tailleur ou menuisier). Sa tournée est longue : 28 km en moyenne, voire 40 km dans certains cas ! Pour être reconnu des habitants, le facteur porte de lui-même un uniforme : une blouse bleue à collet rouge, qui sera officialisée par l’Administration en 1835.Les différences de conditions de travail et de statut des facteurs ruraux et des facteurs de ville vont progressivement s’estomper. Au XXe siècle, ce n’est plus le milieu –urbain ou rural – qui distingue les individus au sein de la profession mais la spécialisation. Les uns distribuent principalement les lettres, d’autres encaissent les mandats, distribuent journaux et imprimés, les télégrammes, ou encore, en ville, certains sont spécialisés dans le relevage des boîtes aux lettres. En 1957, l’emploi de facteur rural disparait totalement et l’on adopte le qualificatif officiel de « préposé à la distribution » puis à partir de 1993 de celui « d’agent professionnel qualifié ». Pour le public, le facteur sera toujours le facteur !

Les moyens de transport des facteurs

Même si le facteur est un grand marcheur, l’imaginaire collectif l’associe très vite au vélo, mode de transport utilisé pour les tournées à partir de la fin du XIXe siècle. La draisienne, ancêtre de la bicyclette apparaît en 1817 mais l’administration des postes n’est pas tout de suite favorable à l’utilisation du vélocipède, craignant les accidents. Elle finit par l’adopter en 1893 et même encourager son emploi notamment pour les facteurs ruraux. La distribution des correspondances s’améliore mais c’est pourtant au facteur qu’incombe l’achat de sa bicyclette, dont le prix est très élevé à l’époque. Pour amortir cette dépense, une indemnisation est accordée aux facteurs à partir de 1902. Ces derniers pouvaient aussi utiliser le tricycle, plus rassurant au début du XXe siècle pour garder l’équilibre. Dans les années 1920, une tournée de plus de 8 km devait obligatoirement être effectuée à bicyclette. Son usage prend une telle importance qu’en 1966, le nombre de tournées à vélo représente 60% des tournées pour un parcours moyen de 15 kilomètres par jour. Mais la bicyclette va progressivement perdre sa suprématie au profit du véhicule à moteur. En 2011, le nombre de tournées à vélo tombe à 30%. En 1999, pour soulager les facteurs dans les montées, La Poste adopte l’emploi du vélo à assistance électrique - 23 000 vélos électriques sont utilisés en 2015. »

Source : https://www.museedelaposte.fr/fr/system/files/fp_voila_le_facteur.pdf

 

"Un petit village berrichon prépare sa fête annuelle. Les enfants regardent, enthousiastes, les forains monter leurs manèges sur la place. Au cinéma ambulant, François, le facteur, assiste à la projection d'un film sur la pratique ultra-moderne du métier de postier en Amérique. Vexé, il entreprend de montrer qu'il peut, lui aussi, boucler sa tournée en un temps record. Une fois la fête finie, le calme revient dans le village et la vie reprend son cours ordinaire."

Facteur Paris 1961 

Journée du timbre 1961. Le facteur de la petite Poste de Paris 1760

Timbre n°1285 YT, dessiné et gravé par Raoul Serres

22x36 mm, taille-douce, émis en mars 1961.

 

 

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