Poste aux chevaux

« Les relais de poste se signalaient aux voyageurs par une enseigne ou par l’inscription de façade « Poste aux chevaux ». Mis en place dans les fermes, il s’agissait le plus souvent de vastes bâtiments comprenant la maison du propriétaire, le « maître de poste », le logement des domestiques et les écuries, mais aussi les bâtiments agricoles : granges à grains, fourrages et avoines. Les lieux accueillaient parfois une auberge et une hôtellerie. Une partie des chevaux était réservée au travail des champs, l’autre partie à la course de poste. Les chevaux de poste sont issus de races de petite taille et robustes, résistantes à l’effort tels les bidets bretons ou les percherons. Au XVIIIe siècle, il y avait environ 15 chevaux par relais. Le relais de Paris, point de départ d’un grand nombre de routes comptait 135 chevaux en 1756.

Le maître de poste

Fermier et propriétaire de sa cavalerie, il dirige le relais. En contrepartie de ses responsabilités, il bénéficie dès l’origine de privilèges fiscaux, il est exempté de la taille (impôt foncier sur les terres) mais a pour devoir de tenir gratuitement chevaux et employés à disposition des messagers du roi. Les particuliers, eux, paient 30 sous par relais de poste pour louer un cheval. Gros propriétaire terrien, le maître de poste s’enrichit au cours des XVIIIe et XIXe siècles grâce à une bonne conjoncture agricole et au développement des échanges. La charge de maître de poste se transmet de génération en génération. Acteur important du développement économique local, il assure également le gîte et le couvert aux voyageurs et emploie postillon, palefrenier, bourrelier, sellier, maréchal-ferrant... La Révolution française met fin à son privilège fiscal au profit d’une indemnité pour l’entretien de son écurie."

Source : https://www.museedelaposte.fr/fr/system/files/fp_la_poste_aux_chevaux.pdf

"Le postillon, personnage haut en couleurs

Employé de ferme, le postillon doit obéissance au maître de poste. Son rôle est de conduire les voyageurs de son relais au relais suivant, et de revenir à vide et au pas à son relais d’appartenance avec le cheval prêté. Le nombre de postillons varie selon la taille des relais, il faut un postillon pour 4 à 5 chevaux. Reconnaissable à son uniforme obligatoire, -chapeau à large bord, pantalon de peau, gilet rouge, veste bleu roi (sous l’Ancien Régime) et vert Empire (sous Napoléon) - ce personnage a marqué l’imagerie populaire. Ses bottes faisaient l’étonnement des étrangers.

  IMG-8524 Uniforme de postillon du XVIIIe siècle. Musée de la Poste

Hautes de 50 cm, armées de fer et en cuir rigide, elles pesaient environ 3 kg chacune. Destinées à protéger ses jambes en cas de chute, elles étaient fixées directement à la selle du cheval, et le postillon, conservant ses propres chaussures, n’avait plus qu’à les enfiler en montant (il ne marchait pas avec). Ces impressionnantes bottes ont probablement inspiré les « bottes de sept lieues » de Charles Perrault. Par ailleurs, le postillon a mauvaise réputation, on le dit indiscipliné, ivrogne et séducteur, âpre au gain et peu courtois. Les postillons, qui portent un écusson indiquant le nom de leur relais et leur numéro de rang, sont surveillés. Un livret d’identité et de conduite est mis en place au XIXe siècle permettant au maître de poste d’exercer un moyen de pression sur le postillon pour en obtenir un meilleur service.

Le courrier

 À l’origine, le mot « courrier » ne désigne pas les lettres, mais toute personne qui « courre la poste ». Le courrier est le messager, le gardien des dépêches (lettres placées dans des paquets ficelés), qu’il doit parfois défendre au péril de sa vie. Accompagné de relais en relais par un postillon, il parcourt les routes nuit et jour, sans repos. Il délivre et reçoit les dépêches des bureaux de poste situés sur son parcours et est sanctionné en cas de retard ou de perte. Le courrier se plaint généralement de ses conditions de travail, de son maigre salaire et de ses lourdes dépenses, mais parvient tout de même à s’enrichir grâce au commerce des marchandises qu’il transporte à discrétion pour son propre compte. Enfin, au relais et sur la route, le courrier de la poste a priorité de passage sur les autres usagers."

Source : https://www.museedelaposte.fr/fr/system/files/fp_la_poste_aux_chevaux.pdf