Le tango reprend pour une classe de 5ème

Pour la troisième année, les élèves de Besson, les 5ème1, qui bénéficient d’une initiation précoce à l’espagnol, vont également  pratiquer le TANGO avec leur enseignante de langue et surtout avec l’association TangoCité représentée par Francine LOISEAU, Rémi ESTERLE danseur, artiste, champion de France de Tango 2014 et excellent pédagogue, Mourad Hakmi ethnologue et spécialiste de la culture Tango pour EthnoART… Un encadrement de qualité pour de futurs tangueros.

Nous pousserons les tables et empilerons les chaises tous les mardis pour créer l’espace d’un bal où six couples apprendront à marcher ensemble jusqu’en juin 2015.

 Réflexions, pratique, ethnologie … Le Tango, un support artistique pour réfléchir sur sa relation à l’autre avec des enseignements émaillés de mots espagnols… El abrazo … La milonga… El gancho… El adorno… Et surtout un voyage dans le temps et l’espace pour revenir ici et maintenant.

 



Première séance d’ethnologie avec Mourad Hakmi d’EthnoArt.

Mardi 23 septembre 2014

 Mourad fait connaissance avec les 5ème1.  Mourad sait guider les élèves et improviser des échanges qui enrichissent la réflexion du groupe. Très vite après les premières présentations, les remarques et questions fusent, les élèves ont été sommés de prendre leur cahier d’espagnol pour prendre des notes.

 - Je ne sais pas danser !

 Mourad : ça s’apprend, l’idée c’est que vous donnerez des informations sur vos impressions et je vous donnerai des informations sur l’histoire du Tango. C’est une danse qui permet d’exprimer des émotions et qui se danse à deux. On parle parfois de danse de « couples » mais avec des guillemets. Faut-il être amoureux pour danser à deux ?  

-       Non ! le Tango c’est pas comme la valse, la valse c’est pour les amoureux.

-       Le Tango, c’est une danse pour la fête !

-       Elle est traditionnelle, rythmée !

Mourad : Je vais vous parler des origines du Tango. Cette danse est née en Argentine et en Uruguay, à Buenos Aires et à Montevideo. Ces deux villes sont séparées par un fleuve. Le Tango s’est développé de part et d’autre du fleuve.

 - A la Villette, tous les soirs, il y a du Tango. Vous savez danser Monsieur ?

 Mourad : Non, mais j’apprécie cette danse, elle m’intéresse, pour moi c’est un sujet d’études.

-       Monsieur, moi j’ai peur de danser.

-       Le Tango, c’est trop collé

Francine Loiseau : vous apprendrez de façon progressive, en position ouverte, en respectant une distance entre vous, en commençant par « el abrazo simétrico ». Comme ça, vous ne vous marcherez pas sur les pieds.

Mourad : Je vais vous montrer un extrait d’un documentaire qui s’intitule NOSOTROS dans lequel on voit des couples en situation de bal. Observez bien…

 Tango 2014 1

-       Ils ne dansent pas, ils marchent en vrai !

-       L’homme fait des croches pattes et la femme esquive.

-       C’est lent…

-       Ils sont collés…

 Mourad : oui, c’est lent, mais la lenteur… ça exprime quelle émotion ?

-       De la tristesse

 Mourad : oui, exactement et de la nostalgie. C’est quoi au juste la nostalgie ?

 -       C’est quand on repense au passé…

 Mourad : Oui…Dans cet extrait, c’est lent, mais le Tango c’est comme le Hip Hop, il y a plusieurs types de Tangos, ça dépend de la musique. Et, vous avez vu au plan suivant, dans le montage, le cavalier…

-       Oui, les couples ont changé.

 Mourad : Exactement, le Tango est avant tout une danse d’improvisation, il y a des pas de base, mais le principe de base c’est qu’on improvise avec des danseurs différents.

 -       Dans le film, ils tournent en rond, ils sont dans un cercle.

 Mourad : Oui, c’est l’une des règles du bal ; tout le monde va dans le même sens.

 -       Comme à la patinoire ! Monsieur, est-ce que les duos seront mixtes ?

 Mourad : Et bien justement, je vais vous montrer Los hermanos Macana. Ce sont des frères qui ont l’habitude de danser ensemble et qui pratiquent, non pas le Tango de bal, mais le Tango de scène avec des chorégraphies plus ou moins improvisées. C’est quoi une chorégraphie ?

 -       C’est une mise en scène de danse.

Tango 2014 3

-       Ils sont classes, on dirait des mafieux. Est ce que nous, on va faire comme eux ?

 Mourad : Ce que vous voyez là, ce sont des figures de chorégraphie professionnelle. Qu’est ce qui change par rapport à l’extrait précédent ?

 -       Le rythme.  C’est plus rapide.

Mourad : Oui. Et là les deux hommes se dirigent tout seuls. Dans les rues de New York. Ils aiment beaucoup faire ça. Ils changent de rôle guideur/ guidé. D’ailleurs plutôt que de couple, on parle  de guideurs/ guidés. Le Tango des frères Macana, dégage quel type d’émotion ?  C’est plus joyeux. Certains Tango sont lents, tristes, rapides, joyeux. L’intérêt du Tango lent, c’est qu’il est plus facile à apprendre. Le Tango peut se danser entre hommes, entre femmes, entre hommes et femmes.

 Francine Loiseau : Il existe trois types de Tango, la valse Tango, la Milonga, le Tango classique. Historiquement, la Milonga est à l’origine du Tango, c’est plus joyeux.

 

-       On va se marcher dessus…

 Mourad : justement, on apprend à éviter ça, on apprend un bon sens de l’équilibre, on se centre bien et on apprend à faire attention à l’autre, à être précis. On apprend des pas et on les enchaîne ensuite à son envie quand on se sent plus à l’aise. Dans l’extrait suivant, les frères Macana dansent une Milonga « Las reliquias portenas ».

 (Suivre ce lien pour le visionnage)

 -       Ils jouent avec la musique, on dirait qu’ils s’amusent.

Mourad : oui, c’est l’idéal, on voit du plaisir dans leur danse, un plaisir partagé. Qu’est ce qu’on regarde quand on danse ? Le regard est dans le vague. Vous verrez, l’idée, c’est d’être concentré et l’attention est portée sur les sensations. Entre les frères Macana, il y a une complicité qui leur permet de donner libre cours à  leur fantaisie. Ils se tapent sur le dos pour changer de rôle.

On revient à l’histoire du Tango, vous allez voir des images d’archives qui datent des années 1930, tirées de NOSOTROS.

 

Tango 2014 2

 

Mourad : C’est qui ces gens sur le paquebot ? ..Des immigrés. Le narrateur parle de son grand-père arrivé en 1930 à Buenos Aires. Certains immigrés rejoignaient de la famille, d’autres se retrouvaient seuls. Pourquoi sont-ils partis ?

-       Pour fuir la guerre

-       Pour aller en vacances

-       Pour les papiers

-       Pour travailler

 Mourad : oui, pour travailler, car dans leur pays ils n’arrivaient plus à gagner leur vie. Le Tango a  été inventé par des immigrés. Tous ces gens ne parlaient pas la même langue, mais ils avaient le même rêve, ils espéraient un avenir meilleur, un lopin de terre…On leur avait fait des promesses. Ils arrivaient plein d’illusions. L’Argentine faisait venir des gens de France, d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne. Tous ces gens se sont mélangés, c’est ce qu’on appelle le métissage. Le Tango est une danse et une musique métisse.

 

C’est la sonnerie. Merci! Mourad reviendra début décembre. Le 30 septembre, les 5èmes1 commenceront la pratique du Tango avec Rémi Esterlé, leur professeur de danse, Francine Loiseau directrice de TangoCité et leur professeur de langue.

¡Vamos !

 


Ethnologie et Tango - Séance 3 -

29 janvier 2014, 8h30.

Il fait bien froid dehors, peut être que le climat sera plus chaud en salle 203. Mourad Hakmi se rend au 2ème étage avec les élèves et le professeur . L’enthousiasme des adultes qui ont encadré les séances de pratique du Tango tous les mardis, ne fléchit pas ; au moins 7 pas ont été assimilés et certains élèves commencent vraiment à savoir improviser sur 3 minutes de musique sans communiquer verbalement, certains « driblent » vraiment de façon étonnante. Des mots vont enfin pouvoir être lâchés, Mourad sait que les obstacles ou les problèmes qui vont être exposés, partagés, seront autant de points d’appui pour faire avancer la réflexion du groupe. Il va devoir dribler à son tour. 

 

Les élèves s’installent, saluent Mourad Hakmi et Francine qui vient d’arriver. Ils sont prêts, ils prennent la fin du cahier d’espagnol pour prendre des notes.

Mourad entre directement dans le vif du sujet :

Qu’est ce que la « culture Tango » ?

 

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- Une danse à deux !

- Une danse de couple, un duo !

- Entre deux partenaires

- Le guideur ou la guideuse et la guidée !

 

La prise de parole se fait en levant la main…

Bien. La Milonga est une sorte de Tango et c’est aussi le bal, l’endroit où on danse.

 

Nous allons voir un extrait de film qui parle de l’histoire de Hernan et de sa famille. Il vient d’Europe de l’est. C’est un immigré. Il raconte comment sa vie en Argentine a été marquée par le Tango. Plus jeune, il se levait à 3 heures du matin pour répéter ou inventer des pas.

 

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-Monsieur, est ce que le Tango lui rapportait de l’argent ?

 Non, mais c’était un passionné. Est ce qu’il allait dans les Milongas pour rencontrer des filles ?

  

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 Non, car il n’y avait pas de filles, on dansait, s’entraînait à jouer le rôle du guidé et du guideur. C’était dans les années 40 et à cette époque c’était l’homme qui devait guider.

 

-  Mais des fois, est ce que l’homme était guidé par la femme ?

Non, c’était mal vu. Depuis, la conception du rôle de la femme a changé. Il y a 70 ans, les femmes ne pouvaient pas voter.

Pourquoi les hommes seulement allaient aux Milongas alors ?

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Parce qu’à cette époque, les immigrés n’étaient souvent que des hommes. Ils allaient au bal pour le plaisir, par passion comme on va au foot. Pas pour voir des filles. C’était pour avoir des sensations.

 

Maintenant nous allons découvrir l’histoire de Enge qui explique pourquoi elle a fui les discothèques pour aller dans les Milongas. Dans un bal Tango, elle se sent elle-même et se sent respectée. Elle se rend aux Milongas par amour de la danse, de l’orchestre. Pour elle, le temps s’arrête.

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Vous avez le droit de trouver cela excessif ; elle dit que c’est comme si elle était en méditation. Elle parle de ce qu’elle n’apprécie pas dans le Tango aujourd’hui. Elle parle de valeurs. C’est quoi une valeur ?

 

- Quelque chose de précieux.

 Oui, et pour elle les valeurs négatives sont l’argent et la compétition. Les valeurs positives sont l’amour et le respect qu’elle ressent.

Et là on voit que le Tango est une culture.

 

- Le Tango n’est pas qu’une danse monsieur, c’est aussi une culture.

 

Dernière vidéo. On va faire la connaissance de Ernesto qui travaille au Japon et est de passage à Buenos Aires. Son père était un grand tanguero. Lui s’entraîne devant la glace. Qui ne l’a pas fait ? C’est un classique

 

-Si moi, des fois dans ma salle de bain !

 

Son grand père était espagnol et a fait la guerre civile espagnole. A la fin de la guerre, il a fui son pays car son parti a perdu la guerre. Il s’est exilé et à découvert le Tango. Sa femme a un regret, elle dit qu’elle a refusé de danser avec lui avant qu’il décède. Mais c’est le Tango qui leur a permis de se rencontrer. Elle raconte qu’elle ne dansait pas bien contrairement à son mari qui était un campeon. La grand-mère d’Ernesto avait un autre rapport au Tango que Hernan ou Enge. Le Tango lui a donné l’occasion de faire une rencontre amoureuse alors que pour Hernan et Enge le Tango était une quête de sensation et de plaisir liés aux mouvements et à la musique. 

 

Pour conclure, on peut se reposer la même question :

Qu’est ce que la culture Tango ?

 

- C’est la façon de faire d’un groupe de gens.

 

En quoi c’est une façon ?

- C’est l’importance, l’amour de l’improvisation.

- C’est la rencontre entre des gens.

- C’est des valeurs !

 

C’est une culture en effet parce qu’elle permet la rencontre. Le Tango est imprégné de valeurs et de codes. De codes vestimentaires aussi, les danseurs collectionnent les chaussures comme des objets précieux, il y en a de toutes sortes : vernies, noires, lisses, en lézard… ça vous rappelle quelque chose cette passion pour les chaussures ?

 

 


Ethnologie et Tango - Séance 2 -

21 novembre 2013, 8h30. 

Les élèves ont reçu leurs premiers cours de Tango dispensés par Rémi Esterlé en présence de Francine Loiseau et de leur professeur d’espagnol. Mourad Hakmi monte les escaliers avec les élèves. Francine et le professeur d’espagnol lui font part de leur enthousiasme : les élèves se sont vraiment bien prêtés au jeu et sont entrés dans le bal en s’initiant aux codes de l’invitation avec un respect mutuel, tout cela malgré leur timidité et parfois leur réticence. Le climat de ces premières séances était vraiment agréable.

Tout le monde est installé dans la salle.

 

-  Monsieur !!! Le Tango c’est NUL !

-  Des fois, on n’aime pas la personne avec qui on danse. On peut pas changer ?

-  Ça sert à rien le Tango, on va pas l’utiliser.

 

On va voir… L’air de rien on travaille d’autres choses que la danse dans le Tango.

 

- Moi j’aime le foot, mais le Tango !!

 Le foot c’est un jeu de jambes aussi. Dés lors qu’on s’entraîne à travailler le jeu de jambes, ça peut devenir intéressant. Regardez la Gloria de Gotan Project , suggestion du professeur d’espagnol.

http://www.youtube.com/watch?v=av1BMec7Sbw

 

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- Moi, je suis pas d’accord ; dans le foot, il faut penser, le mental c’est important.

 Mais dans le Tango on pense aussi.

Oui, mais c’est pas pareil, là tu dois danser et dans le foot tu dois préparer ton coup. Là, on n’a fait que répéter des pas.

 

Dès qu’on commence à apprendre, on fait des choses répétitives. Pour savoir écrire, on a fait des lignes de lettres, on a répété. Au foot, vous faites des entraînements. Après dans la situation du match, vous driblez.

 

On va voir un extrait de film qui s’intitule NOSOTROS, en noir et blanc. Des émigrés arrivent d’Europe en Argentine dans les années 1920. Ces gens arrivent avec des illusions, pensent trouver un travail facilement. Mais ils déchantent.

C’est comme l’histoire de cette femme algérienne qui arrive à Paris en 1974. Elle arrive à l’aéroport et elle voit un billet de 50 francs par terre. Elle se dit, « on ne m’a pas menti ; il suffit de se baisser pour ramasser l’argent » et elle a laissé le billet par terre  en se disant qu’elle en verra d’autres. Puis elle a connu la désillusion.

L’expérience des émigrés qui arrivaient en Argentine était similaire, elle était… négative. Ces gens se sont vite retrouvés dans les quartiers à la limite de Buenos Aires, dans les « faubourgs »,  « los arrabales ».

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Ces gens d’origine différentes se sont rencontrés, c’est ce qu’on appelle le métissage. Ils ont partagé un même état d’âme à travers un chant une danse.

 

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Comment vous la trouvez la musique Tango ?

 

 

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- Triste… Elle exprime de la tristesse.

Des fois on peut pas danser plus vite ?

Si, on verra qu’il y a aussi différents types de Tango, qu’il existe un Tango plus joyeux comme la Milonga. Ces gens se serrait les coudes et trouvaient des myens de surmonter leur tristesse dans le plaisir de la danse.


Ethnologie et Tango - Séance 1 -

24 septembre 2013, salle 110, les élèves de 5ème2, qui  s’initient à l’espagnol  deux heures par semaine, reçoivent Mourad Hakmi qui va leur faire découvrir l’ethnologie sur l’heure consacrée à une activité culturelle.

 - Mais Madame, normalement on devait pas commencer à danser le Tango aujourd’hui ?

 ethno slogan

 Francine Loiseau responsable de l’association TangoCité est là. A priori les élèves savent peu ou pas de choses sur l’ethnologie et sur le Tango. Le professeur d’espagnol présente Mme Loiseau et Monsieur Hakmi, ethnologue et chercheur.

 Mourad explique d’emblée ce qu’est l’ethnologie : « science qui étudie les cultures. »

 Culture : façons de faire et de penser d’un groupe de gens. Les traditions en font partie. Est ce qu’elles changent ?

 - Oui !  Les téléphones !! La façon de s’habiller aussi !

 Il y a une tradition du Tango qui change aussi comme … les activités sportives, la langue, la façon de manger, la musique et les danses.

 - Mais la danse c’est un sport ? !!

 Oui, mais ça fait partie des Arts en général. Tout ça ce sont des habitudes. On est tellement habitués aux habitudes qu’on les oublie.

- On fait combien de bises au Maroc ?

- Quatre !!

Et si on mangeait des criquets ou des sauterelles à la cantine ?

-      ça change pas beaucoup la cantine , c’est pas bon.

 

- C’est ça la culture. Je  suis venu vous parler de la culture du Tango. La prochaine fois que je viendrai, je veux que vous me disiez ce qu’est la culture.

 

Le Tango ?

C’est une danse + une musique + deux partenaires.

 

Certaines danses se dansent seul, en rond.

 

- Moi, je danserai seul !

- Moi, j’ai envie de danser collé à une fille ! Je suis pas gay !

- Il est homophobe monsieur.

- Je vais vous passer un extrait : Los Hermanos Macana , les Frères Macana « Reliquias Porteñas »

http://www.youtube.com/watch?v=S-mkR-KoPts

 

tango danseurs

 

 

Ils sont collés ? Non.

Ils sont gay ? Non. Ce sont deux frères.

C’est trop classe. Monsieur on devra danser avec des costards ?

 

 Est-ce que c’est le mot qu’on utilise en classe, « costard » ?  Faites attention au langage que vous utilisez en fonction de l’endroit où vous vous trouvez.

 Ils dansent pourquoi ? C’est pour le plaisir, on voit qu’ils s’amusent, c’est dans le cadre d’un spectacle.

 

D’où vient le Tango ?

-De l’Italie !

-De l’Argentine !

 

Oui et d’Uruguay. Il est né à la fin du 19ème siècle, dans deux villes séparées par une rivière : le Rio de La Plata. A Buenos Aires et à Montevideo.

carte argentine

 

Il y a beaucoup de ressemblances entre les deux villes : on parle la même langue, ce sont des villes « métissées », ça veut dire quoi métissées ?

 - Blanc et noir !

Pas forcément, le plus important c’est le mélange. Des gens d’origines différentes qui se mélangent. Le Tango , c’est une culture métisse, c’est plusieurs cultures, plusieurs origines. Quelles origines ?

 

Il y avait des Espagnols, oui. L’Uruguay et l’Argentine ont été créés par des Espagnols.  A partir de 1492, les Européens ont colonisé le continent. Mais il y avait des Indiens et les Européens ont a fait venir des travailleurs d’Afrique , des esclaves. Au 19ème siècle, on interdit l’esclavage et d’autres gens viennent travailler mais pas en tant qu’esclaves ; ce sont des : …..immigrés. Ils viennent de France, d’Italie, d’Allemagne… Ces populations se rencontrent et vont se mélanger pour créer la culture Tango.

 

12h30, la sonnerie. On se dit au revoir, la prochaine fois, on aura poussé les tables en salle 110 pour découvrir les premiers pas de Tango.

 


El tango ... Paso a paso

Le collège Colette Besson renouvelle sa collaboration avec l’association TangoCité avec une classe de 5ème. Ce sont deux classes de 4ème qui ont pu bénéficier de cette activité inscrite dans leur emploi du temps l’année dernière.

Cette année les 5èmes2 prennent la relève : tous les mardis en salle 110 de  11h30 à 12h30 le Tango résonne au premier étage sous la houlette de Rémi Estérlé, danseur professionnel, et Francine Loiseau, responsable de TangoCité.

 

Dès la fin septembre 2013, les cours de pratique ont débuté et les codes de galanterie du bal tanguero ont pu être adoptés facilement, quoique timidement, pour former des couples mixtes. Dés la première séance, les garçons ont invité les filles à danser par le regard , « la mirada » et les filles ont répondu par « le cabeceo » , un signe discret de la tête. Nous rendons ici hommage aux élèves de 5ème2 qui ont accepté de surmonter leur gêne pour former des duos.

 Rémi leur a d’abord enseigné « el abrazo  simétrico », l’étreinte distante,  afin de déterminer les rôles du guideur et du guidé et de les initier à la marche à deux. Si le guideur commence avec la jambe gauche, le guidé recule avec la jambe droite.

 

                                            tango2 

 

D’une semaine sur l’autre, en demi groupe, nos danseurs en herbe ont appris , le pas de côté, le changement de poids, le déboîté, le « ocho » avant, le « ocho » arrière, le rebond « el rebote » avant /arrière et le pivot pour les filles sur la pointe des pieds avec le regard fixe sur le sternum du partenaire.

 Pas de communication verbale, pas un mot, on discute avec l’ « abrazo » ; la main du guideur sur l’omoplate du guidé sert au guidage. Serrer les pieds, c’est un autre secret ; à chaque pas , frôler le sol et revenir par la cheville, le poids sur une jambe.  Tout ça dans le cercle des danseurs, sans carambolage.

 

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Ah ! Le regard … Quel problème … Bien plus que l’ « abrazo », c’est pourtant tout ce qui fait la différence, ça change tout, au moment du pivot ; la fille regarde « la médaille » sous le menton de son partenaire, le regard reste fixe.   C’est le signe de la « conexión » entre les deux danseurs. Les jambes, le bassin , la tête se dissocient chez la fille, c’est…. « la disociación » . Comme Michael Jackson Monsieur ! Non comme un Playmobil… 

Acquérir un vocabulaire et l’utiliser en improvisation : c’est arrivé pour la première fois, le 05 novembre 2013 et depuis on recommence. Sur des titres de Juan d’Arienzo, el Rey del Compas.

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Puis fin novembre, on s’est pris par la main pour un « abrazo auténtico » mais toujours distant. Dur… !  Encore une fois chapeau aux élèves de 5ème 2.

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Et comme au bal et on s’est amusé à changer de partenaire car c’est ça l’essence du Tango : accepter de danser et d’improviser avec n’importe quel partenaire, une vraie leçon de tolérance et de respect. Le Tango est un langage universel.  A la fin de l’année, vous pourrez danser le Tango à Tokyo, à Berlin , à Cambridge  et à Colette Besson!

 

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                                        ¿Listos ? ¡Música! Por favor…