Qui est Charles Péguy ?

Son portrait

 

 

Charles peguy

Sa biographie

Ecrivain, poète et pamphlétaire français, d'origine modeste, Charles Péguy est très fier de ses racines paysannes. Peu de mois après sa naissance, il perd son père. Sa mère rempaille alors des chaises pour l'élever. Ses excellents résultats à l'école communale, lui valent une bourse d'Etat pour continuer ses études. Son caractère opiniâtre est, parfois, considéré par ses maîtres comme de l'insolence, cependant tous lui reconnaissent une intelligence remarquable. Charles Péguy quitte sa ville natale d'Orléans pour suivre des cours au lycée Lakanal de Sceaux, puis au lycée Sainte-Barbe. C'est ainsi qu'il intègre l'Ecole Normale Supérieure en 1894. Elève, rue d'Ulm, entre autres, de Henri Bergson et de Romain Rolland, Charles Péguy reste toute sa vie très attaché à ses maîtres. Sa sympathie pour le socialisme date de ces années à Normale Sup. Ne supportant pas l'antisémitisme, lors de l'affaire Dreyfus, il défend le capitaine avec passion et intransigeance.
Après son échec à l'agrégation de philosophie, Péguy, associé à Lucien Charles et à Léon Blum, ouvre la librairie Bellais, près de la Sorbonne. Puis, brouillé avec ses amis, il fonde les Cahiers de la Quinzaine, magazine littéraire et politique dont il est le principal contributeur et l'éditeur. Dans les Cahiers de la Quinzaine, Charles Péguy publie non seulement ses propres essais et sa poésie, mais aussi les travaux d'importants écrivains contemporains. Romain Rolland, Julien Benda et André Suarès collaborent à la revue.
Dans cette tribune, Charles Péguy soutient, tout d'abord, Jean Jaurès, puis, inquiet devant la menace d'une invasion allemande et déçu par le pacifisme de Jaurès, l'écrivain se détourne du dirigeant socialiste. La pensée politique de Charles Péguy épouse alors un patriotisme altier. Anticlérical au lycée, Charles Péguy se rapproche peu à peu de la religion sans jamais devenir pratiquant. En 1907, il dit s'être converti au catholicisme dans une lettre à Joseph Lotte. Dès lors son œuvre se scinde entre une production consacrée à la politique, à la polémique, en prose, et des œuvres mystiques et lyriques, en vers. Il meurt lors de la bataille de la Marne, en septembre 1914.

Ses oeuvres

 «Il y a une ivresse de Péguy comme il y a une ivresse de Hugo. Ils sont l'un et l'autre des coureurs de fond. Il faut se laisser emporter par la houle et bercer par le charme insidieux et puissant du poète de la grâce et de la correspondance entre le charnel et le spirituel.  [...] On finit par l'admirer, et peut-être par l'aimer,l'illisible pélerin qui ne cesse de mêler sous la maladresse apparente du bégaiement et de la redondance, l'intelligence critique et la splendeur  mystique »

Jean d'Ormesson, Une autre histoire de la littérature française,P 230,Tome II,

Ed du Seuil , 1998

Premier jour

Poésie sur Ste Geneviève

Comme elle avait gardé les moutons à Nanterre,
On la mit à garder un bien autre troupeau,
La plus énorme horde où le loup et l'agneau
Aient jamais confondu leur commune misère.

Et comme elle veillait tous les soirs solitaire                                            
Dans la cour de la ferme ou sur le bord de l'eau,
Du pied du même saule et du même bouleau
Elle veille aujourd'hui sur ce monstre de pierre.
 
Et quand le soir viendra qui fermera le jour,
C'est elle la caduque et l'antique bergère,
Qui ramassant Paris et tout son alentour
 
Conduira d'un pas ferme et d'une main légère
Pour la dernière fois dans la dernière cour
Le troupeau le plus vaste à la droite du père.

                                                         

    Théâtre

Jeanne d'Arc, Paris, Librairie de la Revue Socialiste, 1897

Prose

De Jean Coste, 1902, Paris, Gallimard, 1937
Notre Patrie, 1905, Paris, Gallimard, 1915
Clio, dialogue de l'histoire et de l'âme païenne, 1909, Paris, Gallimard, 1931
Notre jeunesse, 1910, Paris, Gallimard, 1933
Victor-Marie comte Hugo, 1910, Paris, Gallimard, 1934
Un Nouveau Théologien, 1911, Paris, Gallimard, 1936
   L'Argent, l'Argent suite,1913, Paris, Gallimard, 1932
        Note conjointe sur M. Bergson et la philosophie bergsonienne, 1914, Paris, Gallimard, 1935

Poésie

Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc, 1911, Paris, Gallimard, 1918
Le Porche du mystère de la deuxième vertu, 1917, Paris, Gallimard, 1929
Le Mystère des saints Innocents, 1912, Paris, Gallimard, 1929
Les Tapisseries, 1912-1913, Paris, Gallimard, 1927
                     Ève, 1913, Paris, Gallimard, 1933                                                       

ses contemporains

Alain Fournier (1886-1914)

FournierFils d'un instituteur, Alain-Fournier passe son enfance dans le sud du Berry, puis ira sur Paris suivre ses études dès le secondaire. En 1901, voulant devenir marin, il entre au lycée de Brest pour se préparer à l'Ecole normale supérieure au lycée Lakanal où il rencontre son ami Jacques Rivière, avec lequel il entretient une correspondance jusqu'en 1914. Echouant à l'Ecole normale, il entre dans l'armée où il sera élève-officier puis sous-lieutenant. Après son service, il entre en 1910 comme rédacteur à Paris-Journal et commence parallèlement l'écriture du 'Grand Meaulnes'. Trois ans plus tard, le roman paraît dans la Nouvelle Revue française puis, édité chez Emile-Paul il frôle le prix Goncourt (d' une voix). En 1914, Alain-Fournier se lance dans l'écriture d'une pièce de théâtre 'La Maison dans la forêt'. Cette même année, mobilisé dès le début de la guerre, il sera tué à Dommartin-la-Montagne.

Marcel Proust (1871-1922)

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Dandy dilettante, et précieux,  Marcel Proust a marqué la fin du XIXe siècle à travers son oeuvre, "A la Recherche du Temps perdu". Elevé dans un milieu bourgeois, cultivé et marqué par un entourage exclusivement féminin, Marcel Proust se lance d'abord dans des études de droit, puis de lettres, pour finir par intégrer le milieu artistique et mondain de Paris. Là, il commence une carrière de journaliste-chroniqueur, voyageant en Europe,  et travaillant à ses romans . La mort de sa mère déstabilise encore sa personnalité fragile et inquiète. Son activité littéraire s'intensifie, et c'est dans la solitude qu'il crée l'un des romans occidentaux les plus achevés, 'A la recherche du temps perdu'. Marcel Proust reçoit en 1919 le prix Goncourt pour 'A l'ombre des jeunes filles en fleurs', le deuxième volet de la trilogie. Dans l'ensemble de son oeuvre, il questionne les rapports entre temps, mémoire et écriture, tout en suivant les personnages récurrents comme Albertine, Mme de Guermantes... Connu pour la longueur de ses phrases parsemées de relatives , Marcel Proust reste une référence et un monument incontestable de la littérature française.

Maurice GENEVOIX (1890-1980)

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Major de l'Ecole normale supérieure en 1911, Maurice Genevoix est grièvement blessé pendant la Première Guerre mondiale. Il tire de cette période plusieurs volumes de souvenirs rassemblés dans 'Ceux de quatorze'. Son oeuvre ensuite bifurque, et devient plus régionaliste. Observateur de la nature, fasciné par les paysages de Sologne, il traduit dans de nombreux romans ses émerveillements champêtres. En 1925, 'Raboliot' roman du braconnier, des attentes nocturnes du chasseur auprès des étangs froids, obtient le prix Goncourt. Une part de son oeuvre fut consacrée aux animaux, qu'il affectionnait particulièrement. L'écrivain, en connaisseur attentif, publia 'Tendre bestiaire', et le 'Bestiaire enchanté'. Il est élu à l'Académie française en 1946.


Henry de Monfreid (1879-1974)

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Henry de Monfreid était le fils de Daniel de Monfreid, peintre et graveur, et d'Amélie dite Marie-Émilie Bertrand. En 1913, il se marie avec une allemande, Armgart Freudenfeld, dont il aura trois enfants. Elle aura une grande influence sur son œuvre d'écrivain.Il a bien connu le peintre Paul Gauguin, ami intime de son père à partir de 1887 et se lie d'amitié avec le Père Teilhard de Chardin, rencontré en 1926 sur l'Ankor entre Marseille et Djibouti.Il tira de ses aventures dans la mer Rouge et la Corne de l'Afrique des romans et nouvelles.

 Dès 1911, il débarque à Djibouti, sur les rivages de la mer Rouge, où il devient négociant en café. Révolté par le mode de vie colonial, il se mêle aux indigènes et apprend leur langue. Puis décide de construire plusieurs boutres (petits navires à voile) pour se livrer à différents commerces plus ou moins licites (perles, armes, haschisch...).

Une période pendant laquelle il se convertit à l'islam et adopte le nom d'Abdel el Haïr (l'esclave du vivant). Dans les années 30, il rencontre Joseph Kessel qui le pousse à publier. Son premier ouvrage, "Les secrets de la mer Rouge", obtient un succès immédiat. Soixante-quatorze autres livres inspirés de ses aventures suivront et seront traduits dans plus de douze langues. Henry de Monfreid revient définitivement en France en 1947, où il s'éteint vingt-sept ans plus tard.