Circonscription 18B - Goutte d'Or (archives)

Circonscription École Classe Académie Ministère
Téléchargements
Magali Venot mis à jour le 01/09/17
L’étude de la DEPP   18/03/14
Laurence Cyrulik mis à jour le 18/03/14

La maîtresse pose une question à la classe ? Je peux rêver tranquillement... - Article de Jean-Pierre Astolfi - 2012

Jean-Pierre Astolfi, spécialiste reconnu des sciences de l’éducation, s’interroge sur le sens du questionnement à l’école, dans de multiples disciplines. Situation paradoxale que celle de la classe, où celui qui sait interroge celui qui ne sait pas.

Je suis la maîtresse, le maître, je pose une question à la classe :

Une situation classique, fréquente… (combien de dizaines de questions dans une journée ?...)

  • Je vois un doigt levé, j’interroge l’élève…
  • Je pose une nouvelle question…
  • Je vois un doigt levé, j’interroge l’élève…
  • Je pose une nouvelle question…
  • Je vois un doigt levé, j’interroge l’élève…
  • Je pose une nouvelle question…

Etc.

Je fais attention de ne pas interroger le même élève.
Parfois j’interroge un élève qui dort.

Comment s’y prendre pour ne pas dialoguer seulement avec ceux qui savent tandis qu’une partie des élèves peut rester passive ?

Les élèves en question sachant inconsciemment ou non que d’autres se chargent de donner les bonnes réponses...

Je pose une question.

J’attends, je regarde : 3 doigts levés, j’ai 25 élèves.

  • Que se passe-t-il dans la tête des 22 autres ?
  • Ils n’ont pas compris la question.
  • Ils sont ailleurs.
  • Ils sont habitués à se sentir autorisés à être ailleurs, puisque le professeur va dialoguer avec ceux qui savent.

Que faire ?

  • Ne pas interroger l’un des 3 élèves.

Je sollicite l’ensemble du groupe en m’étonnant : tiens, seulement trois doigts levés ?

  • 22 doigts se lèvent
  • un seul autre doigt seulement se lève.

Je me mets en cause (théâtralement) : je dois avoir mal posé ma question.

  • Je sollicite l’ensemble du groupe en faisant reformuler la question : je veux être sûre que tout le monde a bien compris ma question : qu’est-ce que j’ai donc demandé ?

J’interroge un élève.

    ATTENTION de ne pas se contenter d’interroger un élève qui permet d’avoir la bonne réponse.

  • J’interroge un deuxième élève pour connaître sa réponse.

Deux cas :

  • la réponse est la même : je fais justifier l’un, l’autre
  • la réponse est différente : je fais justifier l’un puis l’autre.

Autre possibilité :

  • J’interroge un élève. Je ne valide pas.
  • Je sollicite l’ensemble du groupe : Je voudrais savoir ce qu’en pensent les autres. (silence) Qui est d’accord ?
  • J’ai 24 doigts levés. Je demande des justifications.
  • J’ai 12 doigts levés. Je sollicite l’ensemble du groupe : Qui n’est pas d’accord ? Je repère les sans-opinions et demande la raison. Je fais justifier les avis contraires.