Circonscription 18B - Goutte d'Or (archives)

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Magali Venot mis à jour le 01/09/17
L’étude de la DEPP   18/03/14
Laurence Cyrulik mis à jour le 18/03/14

Commémoration de la loi sur la séparation des Eglises et de l’Etat (novembre 2005)

Il y a cent ans, le 9 décembre 1905, la République adoptait la loi sur la séparation des Eglises et de l’Etat : une circulaire académique

L’inspecteur d’académie "attire l’attention de l’ensemble des enseignants sur l’intérêt éducatif d’une commémoration de cet événement. Les maîtres de cycle III, dans le cadre de l’éducation civique, pourront ainsi opportunément rappeler les termes essentiels des deux premiers articles de la loi de 1905 et aider les élèves à comprendre combien la laïcité respecte la liberté de conscience et rejette toute forme de « discrimination ou contrainte ».

La laïcité demeure l’un des fondements du pacte républicain

Produit d’une évolution historique et politique, la loi du 9 décembre 1905 instaure la séparation des églises et de l’Etat, et garantit la liberté des cultes sur le territoire national.

Dès 1787, Louis XVI autorise à nouveau, par l’Edit de Tolérance, la célébration du culte protestant et permet celle du culte israélite : protestants et juifs français trouvent droit de cité, sans avoir à subir de ségrégation religieuse. Après la Révolution et les violences de la Terreur, le Premier Consul, Napoléon Bonaparte, par la loi votée le 8 avril 1802 (18 germinal an X), instaure le Concordat qui rétablit la paix religieuse par l’exercice légal des cultes catholique, protestant et israélite.

Un siècle plus tard, la Troisième République franchit un pas définitif sur la voie de la démocratie moderne.

Le titre premier de la loi de 1905 pose des principes éthiques intangibles

« Article premier - La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes (…).

Article 2 – La République ne reconnaît, ni ne salarie ni ne subventionne aucun culte (…) ».

En ce début du 21ème siècle, cette loi historique peut sembler ressortir à l’ordre des évidences immédiates. Pourtant, avant la Première Guerre Mondiale, elle apparaissait d’une modernité presque révolutionnaire, alors que l’Europe de la Belle Epoque était surtout constituée de monarchies autoritaires ou parlementaires, reposant sur une religion d’Etat.

La France républicaine

S'était singularisée par le suffrage universel et l’obligation scolaire, ajoutait un troisième élément fondamental au socle national : la laïcité, principe majeur associant trois valeurs indissociables :

  • la liberté de conscience individuelle,
  • l’égalité en droit des options spirituelles et religieuses contraire à toute discrimination,
  • la neutralité du pouvoir politique en regard des domaines spirituels et religieux.

Si la laïcité reconnaît la liberté de conscience et l’égalité des options religieuses, elle engage aussi à la fraternité (on se réfèrera à l’analyse de Bernard Stasi dans le Guide républicain, page 57) : le respect des différences spirituelles et religieuses détermine les conditions de la vie collective.

Dans cette vocation, la France est fidèle à l’esprit des Lumières, au sens de la tolérance revendiquée par les philosophes du 18ème siècle : que chacun trouve dignité semblable dans son identité morale et cultuelle.

A l’ère de la mondialisation, la laïcité est une notion étonnamment moderne qui permet de progresser dans le sens de l’Universel : la reconnaissance de l’égalité de dignité des civilisations, disparues ou contemporaines, nous détermine à développer un esprit de compréhension, susceptible de nous permettre de respecter les différences, d’identifier les valeurs de chacun et d’apprécier celles que nous avons en commun. L’enjeu est essentiel, puisqu’il fonde un humanisme à la mesure de l’époque contemporaine.

Un siècle s’est écoulé depuis le 9 décembre 1905, fait de conflits, mais aussi d’efforts toujours renouvelés pour surmonter les divisions, l’intolérance, l’exclusion

La laïcité est aujourd’hui reconnue comme un principe intangible et incontournable.

La loi garantit la protection de la liberté intellectuelle ou religieuse là même où elle restreint celle de les manifester par des signes ostensibles. Elle reste source de la plus haute obligation, pour le maître, auquel il est demandé, comme Jules Ferry le faisait déjà dans sa « Lettre aux instituteurs » du 17 novembre 1883, de veiller « à cette chose délicate et sacrée, qu’est la conscience de l’enfant ». Cette lettre est à relire (Guide républicain, pages 235 et suivantes).

L’école est le lieu privilégié d’apprentissage de la vie collective, des comportements civiques et des valeurs de la République

Les maîtres du cycle III expliqueront dans leur classe que le respect mutuel commence par le respect de la liberté individuelle en matière d’options philosophiques ou religieuses, sous réserve que ces options ne compromettent pas le partage d’une sphère publique républicaine commune.

On s’attachera à faire comprendre aux élèves que, sur les bancs de l’école, tous, dans le respect et la fraternité, se construisent ensemble et doivent se reconnaître comme des égaux, qu’ils soient ou ne soient pas enfants de citoyens français, pour entrer dans une société toujours plus démocratique."