POURQUOI UNE FORMATION A LA MEDIATION ?

La médiation permet aux élèves de ne pas se laisser emporter dans la violence car le médiateur est là pour libérer la parole : pouvoir dire ses émotions, et écouter celles de l’autre, permet de prendre du recul par rapport au conflit, de mieux cerner l’objet du conflit et ne plus le confondre avec la personne. D’autre part, le médiateur permet un rapprochement nécessaire à la résolution du conflit : il aide à recréer des liens, à rétablir une communication coupée en redonnant confiance en l’autre.

 

La première étape de la formation  porte sur la connaissance de soi. Aider les jeunes à mieux se connaître consiste d’abord à leur faire prendre conscience de leurs qualités. Ensuite, les élèves apprennent à nommer leurs sentiments, leurs émotions et leurs besoins. Car, pour devenir un bon médiateur, il est indispensable de bien  se connaître. Ensuite, ils s’entraînent à déchiffrer ceux des autres, en prenant bien soin de distinguer précisément les sentiments, des jugements de valeur portés sur l’autre.

 

La deuxième étape consiste à observer la violence autour de soi et sa propre façon d’y réagir. Cette étape permet aux jeunes de constater et de prendre conscience de l’absence de respect qui caractérise si souvent les relations, en essayant de comprendre les sentiments et besoins cachés.

 

La troisième étape vise à admettre que l’autre a ou peut avoir un point de vue différent, qu’il n’y a pas une vérité mais des façons différentes et souvent complémentaires de voir les choses. Le futur médiateur peut ainsi apprendre à développer des qualités d’impartialité ou de neutralité.

 

 La quatrième étape de la formation est consacrée à une qualité essentielle dans la médiation : l’écoute active. Lorsqu’un conflit éclate, écouter l’autre, et notamment sa colère, c’est lui permettre de se sentir compris, sans avoir besoin de recourir à la violence pour se faire entendre. Le futur médiateur doit d’autant plus s’exercer à l’écoute qu’il sera chargé de reformuler les propos de ses camarades pour vérifier ce qu’il a compris et ainsi éviter les malentendus générateurs de conflits. La reformulation n’est pas naturelle. Elle nécessite de l’entraînement.

Recentrer le conflit sur les faits permet également de ne pas confondre l’objet du conflit avec l’adversaire, d’appréhender ses causes: le médiateur, en posant des questions précises sur les faits, met en lumière l’objet du conflit. C’est sur cet objet que le dialogue alors s’établit entre les deux élèves qui sont guidés pour trouver eux-mêmes une issue équitable.

 

La cinquième étape concerne donc la capacité à trouver des solutions originales, adaptées à chaque conflit, afin de ne pas s’enfermer dans la répétition des mêmes comportements face aux situations délicates. Il s’agit donc de développer la créativité et l’imagination.