Si les pirates nous étaient contés ...

Bienvenue Moussaillons ! Le pirate Barbe-Frousse ne peut pas payer sa note de taverne ! Il a perdu sa carte au trésor dont les morceaux se sont éparpillés aux quatre coins du monde. Les courageux petits moussaillons de la classe de Pascale Morris à l'école Couronnes, en petite et moyenne section se sont lancés dans une trépidante aventure concoctée pour eux par le 6eB et les 6e D du collège Jean-Baptiste Clément, pour collecter le morceau de la carte et aider le vieux pirate à retrouver son trésor. Découvrez cette aventure...

Drapeau Pirate

Les 6eB et D ont proposé en 2009 aux enfants d'une classe de la maternelle Couronnes une grande chasse au trésor qui leur a permis d'expérimenter in situ leur capacité à dire des contes. Voici un compte rendu de l’expérience, rédigé par un groupe d’élèves de 6e B, qui a beaucoup fait rire leur professeur...

Encore une idée folle de Mme Boublil !

Un Lundi matin, Mme Boublil arrive toute excitée en classe : "Chers élèves, j'ai eu une idée formidable ! Vous allez retourner à la Maternelle !"

Bon, c'est sûr, sur le moment on l'a un peu mal pris ! Mais quand elle nous a expliqué qu'il s'agissait d'aller raconter des histoires aux plus petits, et de leur proposer un tour du monde des contes, c'était le grand enthousiasme, d'autant que certains d'entre nous avaient des frères, des sœurs ou des cousins dans la classe de Pascale, à l'école Couronnes.

Une organisation paramilitaire...

A partir de là, Mme Boublil s'est transformée en "Adjudant-Chef Boub" avec les 6e B comme avec les 6e D.

Elle nous a demandé d’abord demandé de choisir chacun un pays différent et de trouver un conte de ce pays qu’on raconterait devant les autres sans le lire, mais sans l’apprendre par cœur non plus. On a eu toutes les vacances de Février pour faire ce travail de recherche ensuite nous avons raconté notre conte devant les autres élèves de notre classe. Ce n’était pas du tout facile : si on récitait par cœur, c’était ennuyeux ; si on essayait de réinventer avec nos mots, ce n’était pas toujours clair (mais parfois c’était très drôle !). Parfois on ne se rappelait plus de l’histoire, parfois on ne se rappelait plus des formulettes (par exemple on a mis beaucoup de temps à se rappeler « Tire la chevillette et la bobinette cherra ! »). Bref ! On s’est rendu compte que conter était un exercice bien difficile.

A chaque fois que quelqu’un racontait son histoire, on notait ce qui était bien (l’histoire elle-même comme la façon de raconter) et ce qui pouvait être amélioré. Au fur et à mesure on a élaboré ensemble dans chacune de nos classes, une petite méthode pour mieux conter.

La voici :

Pour bien raconter un conte

Ensuite nous avons préparé le jeu proprement dit, notre tour du monde des contes, vers le mois de Mai. Après un cours théorique, sur toute les métiers des colonies de vacances (Mme Boublil parle de « Métiers de l’animation socio-culturelle » !) et les principales formes de jeux collectifs, elle nous a proposé de créer un jeu à poste, où après un sketch d'introduction "en plénière" (ça veut dire un moment où tous les joueurs sont réunis), des équipes de cinq à six maternels partiraient accompagné d'un chef d'équipe d'une des deux 6e , pour visiter toute une série de postes. Tous les autres 6e allaient former des groupes pour les sketchs et les jeux de chaque poste.

Elle nous a fait un schéma pour comprendre ce qui allait nous attendre. Voilà à quoi il ressemblait…

 Schéma Jeu à poste

Nous avons alors fait une tempête de cerveaux (un Brain Storming, quoi !) pour construire le scénario de notre jeu. On a eu plein d’idée pour les maternels, surtout des idées pour les terroriser : vampires qu’on tuerait avec un pieu à la fin du jeu avec du faux sang Ketchup, monstre qui poursuivrait les petits s’ils ne trouvaient pas bonne réponse, etc. Mme Boublil nous a alors fait un cours sur ce qu’était un enfant entre 3 et 4 ans (après tout c’est une spécialiste, elle en a déjà deux et elle en attend un troisième !).

On a alors décidé qu’un pirate laisserait les équipes dans un tour du monde pour récupérer les morceaux de sa carte dispersés chez d’autres pirates, qui raconterait chacun leur histoire avant de proposer des épreuves aux enfants pour récupérer les morceaux de la fameuse carte de BarbeFrousse. On a alors constitué dix groupes, un groupe par poste, un groupe qui préparait le sketch initial et le sketch final et un groupe de huit qui s’est préparé à accueillir et à accompagner chaque équipe

Chaque équipe a alors préparé son récit et son épreuve. Ce n’était pas toujours facile de renoncer à son idée pour faire se ranger à la majorité mais on a quand même réussi à créer les huit étapes de notre jeu et les deux sketchs. On a testé nos idées sur le groupe d’accompagnateurs qui nous donné beaucoup de conseils. On a ensuite fait une liste du matériel dont on aurait besoin : déguisements, outils pour les jeux, parchemin pour indiquer les rotations aux maternels, etc.

La semaine précédente

Le lundi juste après notre retour deVal-Cenis, Mme Boublil a organisé une répétition générale : catastrophe ! Il faut bien l’avouer à part un ou deux groupes, on n’était pas du tout prêt. On connaissait à peu près nos sketchs mais on ne savait pas du tout présenter nos épreuves ! Heureusement Mme Boublil a profité de l’absence d’un de nos professeurs pour nous prendre quelques heures en plus et nous entraîner à donner les règles (et pour améliorer quelques jeux un peu moins stimulants). Les pauvres élèves du groupe des accompagnateurs ont dû tester tous les jeux !

La veille du jour J, on a fait un filage (c’est quand on enchaîne une répétition, sans interruption, comme le jour du spectacle) et heureusement nous avions beaucoup progressé.

Le jour J

Mme Boublil nous avait convoqué à sept heure et quart devant le collège. On a pris le matériel et on s’est dirigé vers l’école maternelle Couronnes. Mme Boublil nous a fait un briefing militaire où on devait répondre uniquement par « Chef, oui chef ! » et a envoyé chacun des groupes dans la pièce de son poste. Les accompagnateurs se sont installés dans la classe qui allait nous recevoir. Il y a avait des élèves dans la salle du théâtre d’ombre, dans les trois cours, dans la salle de dessin, etc. Mme Boublil, Valérie, la coordonnatrice du REP et Pascale, la maîtresse, couraient partout pour apporter le matériel, les costumes, aider au maquillage et vérifier que tout le monde était bien en place.

Les enfants sont arrivés à partir de 8h30 dans la classe. La tension commençait à monter et on n’attendait qu’une chose : que le jeu commence ! A 9h, Barbe Frousse (Léo) et le tavernier (Vincent) ont fait leur apparition et lancé le jeu. Ensuite Barbe Frousse a filmé un peu tout le monde : les flibustiers australiens (qui chassaient la baleine), les pirates brésiliens (qui proposaient du foot), les corsaires bretons (qui proposaient un parcours du combattant dans le noir), les maîtres navigateurs chinois (qui cherchaient l’âme de leur maître par un autre parcours du combattant), les élèves de l’école de piraterie guinéenne (qui combattaient contre un professeur voleur !), les pêcheurs de perle vénitiens, les samouraïs japonais qui luttaient contre une jonque hantée et les terribles maîtres des énigmes sur les animaux marins.

Comme il n’y a finalement eu que quatre équipes de maternelle, on avait une équipe pendant un quart d’heure puis on attendait l’équipe suivant. On avait le temps de remettre en place le décor et d’améliorer un peu à chaque fois. A la fin, Mme Boublil est passée pour nous dire de nous rassembler dans la cour avec les maternels et nous avons assisté à la reconstitution du puzzle (vraiment difficile ce puzzle de 32 pièces !) et à la recherche du trésor qui contenait de vraies pièces …en chocolat.

On a passé un super moment à pique-niquer dans la cour avec les petits. Ils ont eu du mal à partir faire la sieste et nous, finalement, on serait bien resté en maternelle encore un peu !