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Des tablettes et une bibliothèque sonore

mis à jour le 06/02/13

Véronique Favre est professeur des écoles dans une classe de petite et de moyenne sections à l’école maternelle 56 rue d’Orsel dans le 18e arrondissement de Paris (circonscription Jules Joffrin). L'an passé, elle a bénéficié du prêt d’une tablette numérique pour sa classe par l’académie. Cette année, ce sont quatre tablettes que l’académie lui prête.

Les tablettes se sont rapidement intégrées aux activités, notamment pour constituer une bibliothèque sonore de référence. Cette expérimentation est suivie par la Mission TICE 1er degré.

Tout commence par une comptine

Véronique Favre présente un travail sur le livre « Si j’étais le Père Noël » d'Isabelle Michelat et Christophe Loupy aux éditions Milan.

« L’activité s’articule autour de la comptine « Si j’étais le Père Noël ». Nous l’avons d’abord mémorisée, interprétée, théâtralisée. L’apprentissage a été facilité par la structure accumulative : apparaît d’abord une boule, puis apparaissent un manteau, des bottes, des gants, un bonnet, une barbe.

etiquettesUn travail sur l’écrit a été mené à partir du livre. Mais c’est d’abord le langage oral qui nous a intéressés.
Les enfants ont reconstitué la chronologie à l’aide d’étiquettes plastifiées. L’enjeu était de les remettre dans l’ordre en racontant à nouveau. La mémorisation et la compréhension se sont confortées l’une et l’autre. « Quel élément vient d’abord ? Et ensuite quel autre ? »
L’entraide et le débat ont fait avancer tout le monde. Les élèves reformulent, valident, rejettent, proposent, suggèrent. Ils collaborent. Ce sont des situations réelles de communication où l’on doit s’écouter mutuellement, prêter attention à l’autre, l’aider.

Cependant, la mémorisation n’allait pas de soi pour tous. Aussi nous avons constitué une version sonorisée. J’ai d’abord fait une version numérique avec Book Creator, texte et illustrations. Puis des élèves ont prêté leurs voix à l’oralisation de la comptine. Alors les élèves qui rencontraient des difficultés de mémorisation ou de reconstitution de la comptine ont pu s’aider du livre sonorisé qui associe textes écrits, images et textes dits. »

L'atelier « tablette »

L’enseignante nous explique les ateliers « tablette » :

« Avant l’atelier, nous faisons des essais en regroupement pour comprendre ce qui nous attend, nous projeter dans l’activité. Le vidéoprojecteur se révèle un outil formidable ! Ensuite, lors d’un atelier dirigé, trois ou quatre élèves se succèdent auprès de moi. »

« L’atelier enregistrement est particulièrement riche en apprentissages.
Il faut articuler et prononcer le mieux possible pour se faire comprendre, parler suffisamment fort pour être entendu.
Si la prise n’est pas bonne, on peut recommencer autant de fois que l’on veut et ne garder que la bonne. L’effort et la réussite sont valorisés.
Par ailleurs, la nécessité du silence quand un élève s’enregistre prend tout son sens ! »

« En décembre, à l’enregistrement de ce texte du Père Noël, les élèves étaient encore très dépendants de l’enseignante.
Puis, au fur et à mesure, ils apprennent à manier l’application en observant l’adulte agir et ils deviennent plus autonomes. Ils peuvent alors enregistrer des textes plus complexes, raconter une histoire lue avec support visuel par binôme. Au moment du regroupement, grâce au vidéoprojecteur, ce travail est partagé, discuté, commenté et validé ou non par le groupe classe.
Le résultat rejoint alors la bibliothèque numérique de la classe sur les tablettes. »

bibliothèque

La bibliothèque sonore des élèves de la classe de Véronique, rue d'Orsel

Une bibliothèque sonore

Les livres ainsi sonorisés sont des aides précieuses pour se remémorer les livres. Au fil de l’année, une bibliothèque numérique de référence se constitue sur les tablettes, comme autant de mémoires sonores des albums lus en classe.

De l’avis de l’enseignante, la tablette et ses applications lèvent les obstacles techniques à la réalisation d’un produit fini que les élèves sont fiers de montrer à leurs parents.

Le traitement des textes, images et sons en simultané est simple, sans traitement supplémentaire par l’adulte après le travail des enfants. Tout peut se faire avec eux, en leur présence. Il n’y a pas d’apprentissage long et fastidieux, technique.
L’objet se crée facilement sous les yeux des enfants.

un extrait de la réalisation de la classe

À visiter

Véronique Favre partage ses découvertes et ses pratiques sur le site de son école.