Face à la désinformation, l’académie mobilisée pour former à l’esprit critique

Cet événement a réuni enseignants, personnels d’encadrement, chercheurs, journalistes, artistes et élèves autour d’un objectif commun : mieux comprendre les mutations de l’information et renforcer, à l’École, la formation à l’esprit critique

Nous avons besoin d’esprit critique.
Selon une étude internationale de l’Institut Reuters, 15% des moins de 25 ans utilisent l’IA – de surcroît générative – c’est-à-dire des robots conversationnels, pour s’informer, tandis que les réseaux sociaux, les sites de partage de vidéos ou les publications d’influenceurs sont le 1er choix de source d’information de 26 % des 15-30 ans, selon le baromètre DJEPVA sur la jeunesse de 2024. Or, ce sont précisément ces plateformes qui sont le terrain de jeu des tentatives de manipulation de l’information.
Dans un tel contexte, comprendre la langue et en déceler les nuances, savoir croiser les sources, être capable de mettre en doute le contenu d’une image ou d’un texte, en se fondant sur son propre discernement et sur celui de pairs, tout cela, donc, constitue un ensemble de compétences qu’il est impératif de faire acquérir à nos élèves dès le plus jeune âge.
Pour cela, il importe de permettre à chaque élève de porter au plus haut sa conscience citoyenne et de pouvoir exercer ses droits. Sans accès à une information de qualité, sans capacité à l’analyser et à en apprécier la teneur et la véracité, toute démarche en ce sens serait vaine.

C’est par ces mots que madame la rectrice a ouvert, jeudi 26 mars, le colloque académique « Éduquer à l’esprit critique en 2026 », organisé à l’occasion de la Semaine de la presse et des médias à l’École par la cellule académique d’éducation aux médias et à l’information (EMI).

Une soirée pour prendre le temps de penser

Dans un monde où l’information circule en continu et se transforme sous l’effet des technologies, ce colloque a offert un temps précieux : celui du recul, de l’analyse et du dialogue.

Dès l’ouverture, une performance chorégraphique des élèves du lycée Turgot (IIIe) est venue rappeler que l’esprit critique ne relève pas seulement de l’analyse intellectuelle, mais aussi du regard, de l’attention et de l’expérience.

Tout au long de la soirée, les interventions ont croisé les approches : celles des journalistes confrontés à la vérification de l’information, celles des chercheurs et formateurs engagés dans l’éducation aux médias, mais aussi celles des artistes, invitant à « penser avec le corps » et à exercer autrement son regard sur le réel.

Comprendre, vérifier, douter : des compétences essentielles

Les échanges ont mis en lumière les défis contemporains : prolifération des infox, rôle central de l’image dans la fabrique de l’information, essor de l’intelligence artificielle générative.

Face à ces évolutions, une conviction partagée s’impose : l’esprit critique se construit. Il nécessite d’apprendre à vérifier les sources, à croiser les informations, à identifier les biais et à appréhender le doute et la complexité.

Plusieurs interventions ont ainsi montré comment, dans les classes, les élèves peuvent être mis en situation d’analyse et de réflexion, jusqu’à devenir eux-mêmes acteurs, à l’image des collégiens engagés dans des travaux autour de la protection face aux dangers des réseaux sociaux.

Croiser les regards pour former des citoyens éclairés

Cette diversité d’approches traduit une ambition forte : former des élèves capables non seulement de comprendre les mécanismes de l’information, mais aussi de prendre du recul, de questionner et de construire un jugement autonome.
Au-delà des compétences, c’est un enjeu démocratique qui est au cœur de cette démarche : permettre à chaque élève de devenir un citoyen libre, éclairé et responsable, capable d’exercer pleinement son esprit critique dans une société traversée par de profondes mutations.

La soirée s’est prolongée par un temps d’échange convivial, préparé par les élèves de l’École hôtelière de Paris (XVIIe).

Mise à jour : mars 2026