Les élèves du lycée Bergson dansent l’invisible au Musée du Louvre

Dans le cadre du festival d’Automne 2025, des élèves de première de la spécialité danse du lycée Bergson ont été invités à participer à la création de la chorégraphe Nacera Belaza, Les Ombres, au musée du Louvre.
La DAAC a eu le plaisir d’assister à la représentation du lundi 8 décembre 2025.

Emeline Driget, enseignante de la spécialité danse au lycée Bergson (Paris, 19e), et 8 élèves de 1ere ont mené ce projet avec la chorégraphe Nacera Belaza pour la création Les Ombres au Musée du Louvre.

Nacéra Belaza propose une déambulation chorégraphique qui débute au sein de la Galerie des Cinq continents, ancien Pavillon des Sessions, à l’occasion de sa réouverture. Le public, à la fois spectateur et visiteur, est conduit en procession à travers l’espace de la galerie. Dans une lenteur presque suspendue, les corps des danseurs évoluent parmi les vitrines et engagent un dialogue silencieux avec les œuvres exposées, objets et sculptures issus de cultures non occidentales et d’autres œuvres provenant du monde entier, conférant à l’ensemble une dimension universelle.

Une expérience sensible et contemplative

Des solos émergent au milieu du public, l’un deux évoquant la danse des derviches tourneurs, un autre mettant en scène une lente puis énergique décomposition du mouvement face à une vitrine.
La chorégraphie se développe dans chaque espace sur fond de musiques traditionnelles et électroniques qui semblent surgir de chaque recoin de la galerie.
La danse crée alors un jeu d’ombres et de lumières sur les œuvres ; un autre rapport avec les objets exposés se tisse et vient nourrir une expérience sensible et contemplative.
Le spectateur est frappé par la fixité du regard des danseurs, intense et habité, comme si les danseurs entraient en résonance silencieuse avec les œuvres exposées. 

Les spectateurs sont ensuite guidés par les danseurs jusque dans la salle Murillo qui accueille les grands formats de la peinture espagnole du XVIIe siècle, galerie où se déroule la deuxième partie du spectacle. Dans cette salle à peine éclairée, les ombres des corps font écho au clair-obscur des tableaux.
Les corps tournent sur eux-mêmes, se rassemblent en deux groupes qui se répondent, s’éloignent et évoluent dans l’espace sans jamais se toucher. Une danse collective se construit avec un groupe en constante recomposition pour, à la fin du spectacle, se rassembler en un seul corps.

La chorégraphe a mené un travail approfondi avec les élèves sur l’imaginaire, l’intériorité et le vide qui, selon la professeure, les a transformés : « le vide fait peur, surtout pour ces générations ultra-connectées très sensibles au regard d’autrui ». Au-delà de l’expérience, les élèves ont renforcé leur présence, leur concentration et leur justesse, tout en développant une écoute accrue et une plus grande disponibilité au groupe.

Crédits photos : © Florence Brochoire/Musée du Louvre

Mise à jour : mars 2026