Au lycée Diderot, un hommage vivant à Jean Zay, figure majeure de la République

Le vendredi 6 février 2026, le lycée Diderot (XIXe) a rendu un hommage solennel à Jean Zay, ancien ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts, figure emblématique de l’engagement républicain

Cette cérémonie venait clore un vaste projet d’établissement mené depuis le mois d’octobre avec plusieurs classes, intitulé « Jean Zay, le temps retrouvé », associant transmission de la mémoire, réflexion civique et productions artistiques et techniques des élèves.

Ouverte par Julie Benetti, rectrice de l’académie, cette cérémonie également réuni madame Hélène Mouchard-Zay, fille de Jean Zay, et son petit-fils, Daniel Mouchard-Zay, offrant aux élèves un lien direct et incarné avec l’histoire.

Une cérémonie placée sous le signe des valeurs républicaines

La rectrice a rappelé combien Jean Zay demeure une référence essentielle pour l’École d’aujourd’hui. « Tout instant, même fugace, qui nous réunit autour des valeurs de la République, est un instant précieux », a-t-elle souligné, insistant sur la portée éducative et fédératrice de ce temps de commémoration. 

Elle a retracé l’engagement de Jean Zay au service de la liberté, de l’égalité, de la fraternité et de la laïcité, rappelant notamment son combat contre les idéologies fascistes et antisémites, ainsi que son rôle pionnier dans la démocratisation de l’accès à l’éducation. Ministre à seulement 31 ans, Jean Zay a porté avec détermination le projet d’une égalité réelle des chances et permis de prolonger la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans.

La rectrice a également évoqué la dimension visionnaire de son action, rappelant qu’il est à l’origine du projet de création de l’École nationale d’administration et du Festival de Cannes, pensé comme une réponse culturelle aux propagandes totalitaires.

Un projet pédagogique au long cours, mobilisant toute la communauté scolaire

Au-delà de la cérémonie, l’hommage rendu à Jean Zay s’inscrit dans un projet pédagogique ambitieux, mené depuis plusieurs mois par deux classes de seconde, une classe de terminale STI2D, des étudiants de DNMADE Horlogerie et des élèves de l’option cinéma-audiovisuel, accompagnés par une équipe pluridisciplinaire d’enseignants.

Les élèves de seconde ont travaillé sur les écrits de prison de Jean Zay et sur la rédaction de lettres, certaines adressées à Jean Zay, d’autres à sa fille, autour des thèmes de l’engagement, de la République et de la transmission. Ce travail a donné lieu à une lecture chorale mêlant les voix des lycéens à celles de Jean Zay, créant ainsi un dialogue entre passé et présent.

En terminale STI2D, les élèves ont mené des recherches autonomes sur les grandes réformes et projets portés par Jean Zay, présentés sous forme de livrets et d’une carte de France localisant son action sur le territoire. Les délégués du CVL ont quant à eux participé à un temps d’échange privilégié avec Hélène Mouchard-Zay, renforçant l’implication de la vie scolaire dans le projet. 

Les élèves de l’option cinéma-audiovisuel ont réalisé un film, mobilisant notamment les outils de l’intelligence artificielle, tandis que les étudiants en DNMADE Horlogerie ont restauré avec soin la montre personnelle de Jean Zay, confiée par sa famille. Cet objet intime et symbolique, présenté lors de la cérémonie, a constitué un support fort de réflexion sur le temps et la mémoire.

Transmettre, comprendre, faire vivre l’héritage de Jean Zay

En conclusion de son discours, la rectrice a salué l’engagement des équipes éducatives et des élèves, rappelant que Jean Zay, entré au Panthéon en 2015, demeure une figure inspirante pour les jeunes générations. 

« À travers les textes que vous avez lus, les lettres que vous avez écrites, les films et les objets que vous avez étudiés, vous avez approché la vérité d’un homme rare dans l’histoire de la République. »
Julie Benetti

Mise à jour : février 2026