Remise des prix académiques du CNRD : les élèves parisiens racontent la fin de la Shoah

À l’occasion de la Journée nationale de la Résistance, la cérémonie académique du Concours national de la Résistance et de la Déportation (CNRD) s’est tenue à l’Hôtel de Ville de Paris

Élèves, enseignants, familles et partenaires du concours étaient réunis à l’Hôtel de Ville, en présence de Jean-François Barle, DASEN chargé des lycées et de la liaison avec l’enseignement supérieur, d’Olivier Dautresme, délégué académique à la mémoire, à l’histoire et à la citoyenneté (DAHMEC), de Laurence Patrice, adjointe à la Maire de Paris chargée de la mémoire et du monde combattant, ainsi que de Ginette Kolinka, survivante de la Shoah, venue remettre un prix aux lauréats.

Un concours historique consacré à la mémoire et à la citoyenneté

Créé en 1961, le Concours national de la Résistance et de la Déportation est aujourd’hui le plus ancien concours scolaire dédié aux enjeux de mémoire et d’éducation à la citoyenneté.

Pour l’année scolaire 2025-2026, les élèves ont travaillé autour du thème : « La fin de la Shoah et de l’univers concentrationnaire nazi. Survivre, témoigner, juger (1944-1948) ».

Le concours comporte quatre catégories principales : travaux individuels et collectifs, au collège comme au lycée. Depuis trois ans, les classes de CM2 peuvent également participer au concours académique.

L’édition 2025-2026 en chiffres

Cette année, 1 386 élèves étaient inscrits dans l’académie de Paris. Au total, 415 d’entre eux ont été récompensés, à travers 32 distinctions remises lors de la cérémonie.

Les prix du jury seront ensuite présentés au niveau national. Tous les participants recevront également un diplôme collectif afin de saluer leur engagement dans des projets parfois menés sur plusieurs mois.

S’adressant aux élèves, Ginette Kolinka a rappelé l’importance de cette expérience :
« Ça va vous marquer à vie. Nous sommes tous égaux, simplement des êtres humains, des bons comme moi et des mauvais comme personne. »

Une cérémonie vivante et incarnée par les élèves

La cérémonie a été ponctuée de plusieurs performances musicales proposées par des élèves de différents établissements.

L’ensemble vocal du lycée Jean-de-La-Fontaine (XVIe) a interprété Le Chant des marais, composé dans un camp de concentration nazi, avant de reprendre La Marseillaise.

Les élèves de l’école Madame (VIe), distingués cette année par un prix du jury et le prix du musée de l’Armée pour leur travail collectif, ont interprété Sans y penser, une chanson extraite du Verfügbar aux enfers, apprise dans le cadre de leur projet présenté au concours.

Autre moment marquant : la prestation des élèves du collège Molière (XVIe), qui ont composé une chanson à partir des poèmes d’Yvette Baumann, résistante et déportée, ancienne élève de l’établissement. Retrouvés par sa fille après son décès, ces textes ont ensuite été mis en musique par les élèves.

Focus sur trois créations 

À l’école primaire, les élèves de CM2 de l’école Madame ont obtenu un prix du jury ainsi que le prix du musée de l’Armée, soulignant l’investissement des plus jeunes dans ces travaux de mémoire.

Parmi les lauréats figurent également les élèves du collège Jean Moulin (XIVe), récompensés par un prix du jury ainsi que le prix de la Fondation de la Résistance pour leur travail collectif. Une distinction qui s’inscrit dans la continuité de l’engagement de l’établissement, déjà récompensé au niveau national l’an dernier.

Le Lycée innovant de Paris (XVe) a lui aussi reçu un prix du jury pour le projet porté par 14 élèves.

La cérémonie a également été l’occasion de saluer l’implication des partenaires qui accompagnent le concours et distinguent les projets des élèves. Parmi eux figurent notamment le Mémorial de la Shoah, la Fondation de la Résistance, le musée de l’Armée, le musée de l’Ordre de la Libération, l’Office national des combattants et victimes de guerre (ONaCVG), Le Souvenir français ainsi que plusieurs fondations engagées dans la transmission de la mémoire.
Leur engagement contribue à accompagner les élèves dans leurs recherches et à faire vivre la transmission de cette histoire auprès des jeunes générations.

Mise à jour : mai 2026