Enseigner et transmettre la mémoire des attentats terroristes 

Mercredi 15 avril 2026, le lycée Gabriel Fauré (XIIIe) a accueilli un séminaire consacré à l’enseignement et à la transmission de la mémoire des attentats terroristes, dix ans après les événements de 2015 et 2016

Organisé par la délégation académique à la mémoire, à l’histoire et à la citoyenneté (DAMHEC), en partenariat avec le musée-mémorial du terrorisme, ce séminaire a réuni des personnels du second degré autour d’une question toujours primordiale : comment aborder le terrorisme en classe, avec justesse et responsabilité ?

Au fil de la journée, les échanges ont mis en évidence l’importance d’inscrire ces sujets dans une perspective de résilience. Comprendre les attentats et enseigner leur mémoire, c’est aussi réfléchir à la manière dont la société y répond, par le droit, par la mémoire et par l’éducation.

Des témoignages au cœur de la transmission

La matinée s’est ouverte avec une première table ronde marquée par des témoignages particulièrement forts. Arthur Dénouveaux, survivant du Bataclan, et Hager Ben Aouissi, survivante de l’attentat de Nice, ont partagé leurs parcours, mais aussi leur volonté de transmettre auprès des jeunes générations.

À travers leur parole, à la fois personnelle et engagée, ils ont rappelé combien le témoignage constitue un levier essentiel pour rendre ces événements accessibles aux élèves, tout en incarnant une mémoire vivante et en mouvement.

Des pratiques pédagogiques concrètes

La deuxième table ronde a permis d’aborder les pratiques pédagogiques en classe. Des enseignants ont présenté des projets menés avec leurs élèves : travail à partir de témoignages, participation à des audiences de procès antiterroristes, ou encore dispositifs interdisciplinaires croisant histoire, lettres et enseignement moral et civique.

Ces retours d’expérience ont montré que ces sujets peuvent être abordés de manière structurée et pertinente, à condition d’être accompagnés et pensés collectivement. Ils ont aussi mis en lumière l’intérêt d’ancrer les apprentissages dans des situations concrètes, qui favorisent l’engagement et la réflexion commune des élèves.

Comprendre le rôle de la justice et de l’histoire

L’après-midi s’est conclue par une troisième table ronde apportant un éclairage complémentaire. Le magistrat Jean-Louis Périès est revenu sur son expérience de président du procès du 13 Novembre, soulignant le rôle fondamental de la justice dans la réponse démocratique au terrorisme.

À ses côtés, l’historienne Sylvie Lindeperg a proposé une analyse du procès comme objet d’histoire, insistant sur la manière dont ces moments judiciaires participent à la construction d’une mémoire collective.

Le croisement de ces deux regards a permis d’élargir la réflexion, en montrant que juger, raconter et transmettre relèvent de dynamiques complémentaires.

Mise à jour : avril 2026