Le jeu des 3 figures, une expérience sensible pour lutter contre le harcèlement

Une rencontre exceptionnelle intitulée « Vivre le théâtre » centrée sur les actions d’éducation théâtrale menées dans le cadre de l’Éducation nationale, s’est tenue ce lundi 16 février au Théâtre de la Colline.

Cette soirée avait pour objectif de mettre en lumière les projets conduits dans les établissements scolaires, notamment le Jeu des trois figures (J3F), conçu en 2007 pour développer l’empathie et prévenir le harcèlement.

Réunissant plus de 500 participants (personnels éducatifs, enseignants, élèves et familles, personnels de santé, d’éducation et de direction, acteurs culturels) dont Laurent Noé, directeur de l’académie, Carine Trividic, déléguée académique aux Arts et à la Culture, et la mission pHARe pilotée par Caroline Veltchef conseillère prévention violences, harcèlement et climat scolaire, cette soirée a permis d’aborder la question du harcèlement à travers un dispositif de jeu théâtral.

Cet événement interdisciplinaire a été introduit par Laurent Noé qui a rappelé les différents programmes déployés sur le territoire parisien à destination des publics scolaires, en cohérence avec les orientations des plans interministériels de lutte contre le harcèlement et de développement des compétences psychosociales. Il a également remercié l’ensemble des personnels et élèves mobilisés, ainsi que Wajdi Mouawad, directeur du Théâtre de la Colline, et Serge Tisseron, pour l’accompagnement structuré proposé sur ces sujets sensibles. Il a rappelé que plus de 150 personnels ont ainsi été formés dans l’ensemble de l’académie.

Des temps d’échanges et d’écoute active pour lutter collectivement contre le harcèlement

Le public a assisté à un dialogue entre Wajdi Mouawad et Serge Tisseron, suivi d’échanges et de tables rondes réunissant les élèves présents.

Comme l’a justement souligné Serge Tisseron l’empathie est la clé du vivre ensemble. Les élèves présents ont partagé leurs expériences avec la salle et ainsi témoigné de la plu value de ces moments partagés entre élèves.
Conçu comme une activité dédiée à la prévention du harcèlement et de la violence, le J3F invite les élèves à devenir acteurs d’une création théâtrale, souvent centrée sur les figures de l’agresseur, de la victime et du tiers (témoin, redresseur de tort ou sauveteur).

Ce projet repose sur plusieurs principes :

  • co-construction entre équipes pédagogiques, artistes et partenaires culturels ;
  • interdisciplinarité entre enjeux pédagogiques, psychologiques et artistiques ;
  • parcours élève progressif du primaire au lycée ;
  • formation et accompagnement des personnels ; valorisation des projets à l’échelle académique.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre du programme pHARe, qui prévoit dix heures annuelles dédiées aux compétences psychosociales du CP à la terminale. Elle s’appuie notamment sur les travaux de Serge Tisseron, pédopsychiatre, spécialiste de l’empathie et membre de l’Académie des technologies.
Au total, 83 formateurs du premier et du second degré ont été préparés à cette approche du J3F, déployée dans 30% des écoles et collèges de l’académie, ainsi que dans trois lycées.

L’éducation artistique et culturelle comme levier pour le climat scolaire et le bien-être à l’école

Tout ce qui favorise le rapprochement émotionnel avec quelqu’un de différent de soi et la prise de recul par rapport à ce qui est éprouvé contribue à développer l’empathie. C’est notamment le cas dans les rencontres esthétiques que permettent le théâtre. Ainsi, le fait de se rapprocher pendant quelques instants de l’état émotionnel qui a présidé à la création d’une œuvre mobilise grandement l’empathie. Et cela est encore plus fort lorsqu’un acteur incarne le texte.

Le spectacle vivant est un art fédérateur qui offre aux élèves un espace d’émotion et d’expression, contribue à leur bien-être, développe l’esprit critique, la sensibilité et la confiance en soi. À travers la rencontre avec les œuvres et les artistes, il favorise le dialogue et développe l’empathie. L’expérience collective du théâtre, comme tous les projets en EAC, apprend à écouter et respecter l’autre et participe pleinement à la construction de la citoyenneté.

Merci à tous les partenaires, aux équipes pédagogiques, aux artistes et aux jeunes engagés : Philippe Guyard, Maelys Drif, Laure Le Clech, Jules Hauchecorne, Nejma Ouarit, Alice, Mattler, Nina Testa Pichevin, Sabrina Basdassarra, Razek Benidjer, Stéphanie Laurent-Vissac, Gaëlle Polleau-Munilla, Marie-Noëlle Clément, Sophie Bruneteaux,Céline Langlois, Marie-Dominique Liénard, Marie-Noëlle Clément et à Wajdi Mouawad qui souligne très justement qu' “aller au théâtre, c’est apprendre à regarder le monde autrement”.

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Mise à jour : février 2026