Les Controverses de Descartes 2026 : penser l’écriture à l’heure de l’intelligence artificielle

Le mercredi 6 mai 2026, le grand amphithéâtre de la Sorbonne a accueilli la quinzième édition des Controverses de Descartes, consacrée cette année à une question au cœur des préoccupations éducatives actuelles : « L’IA, menace ou promesse pour l’écriture ? »

Chercheurs, universitaires, cadres de l’éducation nationale et professeurs des écoles se sont réunis pour échanger autour des effets de l’intelligence artificielle sur les apprentissages fondamentaux, et plus particulièrement sur l’enseignement de l’écriture. 

Un rendez-vous annuel dans le paysage éducatif

Organisées depuis 2012 par le CIFODEM (Centre international de formation et d’outils à destination des maîtres), les Controverses de Descartes constituent un temps de réflexion pédagogique autour des grands enjeux éducatifs contemporains. Cette édition 2026 était coorganisée avec le rectorat de Paris. 

La rectrice Julie Benetti a ouvert le séminaire et rappelé avec conviction les enjeux liés à l’intelligence artificielle : « éduquer nos élèves à un usage raisonné, raisonnable et pourquoi pas rare de l’IA. C’est le métier même, l’art de tout professeur : transmettre les clefs du monde et apprendre à se servir des outils disponibles pour penser, dire, écrire. »

Des interventions pour nourrir le débat

Parmi les interventions figure celles d’Alain Bentolila et de Philippe Meirieu. 

Alain Bentolila, professeur de linguistique à l’université Paris-Descartes, a ouvert les échanges avec une réflexion sur les conséquences des robots conversationnels dans les apprentissages. Il a notamment insisté sur la nécessité de développer chez les élèves une « résistance cognitive » face aux outils capables de produire des textes à leur place.  Pour lui, l’école doit plus que jamais donner aux élèves le goût d’écrire, de penser et d’élaborer eux-mêmes leur réflexion.

Philippe Meirieu, professeur émérite en sciences de l’éducation à l’université Lumière Lyon II, a poursuivi cette réflexion en interrogeant les usages pédagogiques possibles de l’intelligence artificielle. Son intervention a rappelé l’importance de placer les élèves en situation de production et de réflexion personnelle avant tout recours aux outils numériques. 
Les échanges ont également été enrichis par les interventions d’Axel Jean, de la direction du numérique pour l’éducation, d’Anne Alombert, maîtresse de conférences en philosophie contemporaine, et de Grégoire Borst, professeur de psychologie et de neurosciences. 

Focus sur l’opération « Écrire »

Cette édition des Controverses de Descartes a également permis de mettre en lumière l’opération « Écrire », menée dans plusieurs écoles de l’académie. 
Pendant cette année scolaire, 20 classes parisiennes de CM1 et CM2, dont cinq en éducation prioritaire, ont participé à ce projet centré sur la production d’écrits et la maîtrise de la langue. Les enseignants ont également bénéficié d’une formation ciblée, dispensée par le CIFODEM, sur les ateliers de langage en maternelle, les composantes de la compréhension de la langue, le développement de la conscience syntaxique et l’entrée dans la production d’écrits, afin d’accompagner au mieux les élèves.

Le dispositif repose sur un travail régulier autour de la lecture, du débat, de l’enrichissement lexical et de la rédaction collective de récits longs tout en développant le plaisir d’écrire et d’être lus. 

Un film intitulé « Reconquête de l’écrit », tourné dans des classes engagées dans le projet, a été projeté au cours de l’après-midi. 

Les échanges ont mis en évidence la nécessité de préserver, au cœur des apprentissages, la maîtrise de l’écriture, la réflexion personnelle et la capacité des élèves à construire leur propre pensée.

 

Mise à jour : mai 2026