Portrait de Fausto Algarra Criales

Lycée professionnel Maria Deraismes

Enseignant stagiaire en Espagnol-Lettres
Lycée professionnel Abbé Grégoire – 3ème arrondissement

Un jour, on lit Les fleurs du mal à Bogotá.

Quelques années plus tard, on se retrouve devant une classe de bac pro du 3ᵉ arrondissement à donner des cours d’espagnol. Entre ces deux étapes de la vie de Fausto Algarra Criales, il y a bien plus que 8 700 kilomètres.

Le premier déclic relève presque du hasard. Au lycée, une professeure de mathématiques manque à l’appel ; on confie son groupe à Fausto sans vraiment lui expliquer pourquoi (du moins, il ne s’en souvient pas). Le voilà dans la chaise de l’enseignante, à improviser un cours, ce qui, contre toute attente, lui plaît. Beaucoup. Et s’il avait trouvé son futur métier ?

Quelques années plus tard, il devient assistant d’éducation, puis professeur d’anglais. En 2012, une belle opportunité se présente : poursuivre ses études dans le pays de Sartre et de Baudelaire. Direction Paris. À la Sorbonne Nouvelle, Fausto décroche une licence professionnelle mention « encadrement d’atelier des pratiques théâtrales, avant de pousser jusqu’au master en arts de la scène à Paris 8. Ses activités de metteur en scène ne lui permettant pas de financer ses études, il renoue, en parallèle, avec les fonctions d’assistant d’éducation.

Master obtenu, il suit l’exemple de quelques amis et tente sa chance comme professeur contractuel dans l’académie de Paris. Sur Acloé (la plateforme de recrutement de l’époque), il dépose un CV et une lettre de motivation sans grande illusion. Quinze jours plus tard, pourtant, le téléphone sonne.

En octobre 2023, il est affecté au lycée polyvalent Martin-Nadaud, rue de la Bidassoa, dans le 20ᵉ arrondissement. « C’était sport ! » glisse-t-il dans un sourire. Il imaginait une ou deux classes en moins ; il en aura sept. Ajoutez à cela des élèves à besoins particuliers, pour lesquels il n’a pas été formé, et un emploi du temps qui laisse peu de place au théâtre… Mais il s’accroche, s’intègre, s’appuie sur sa tutrice et sur son inspectrice, dont une première visite bienveillante lui offre des repères solides.

Lors d’une inspection suivante, Fausto se risque à confier que ce métier lui plaît au point d’envisager sérieusement les concours.

L’inspectrice l’encourage à franchir le pas. Alors il s’y met sérieusement : formations, lecture attentive des rapports de jury, révisions nocturnes… L’écrit est stressant, mais l’oral est plus détendu, d’autant qu’à Lille, ville de l’épreuve d’admission, entre l’hôtel et le centre d’examen, il sympathise avec d’autres candidats avec qui il révise dans une sorte de fraternité improvisée.

En juin 2025, Fausto découvre son nom sur la liste des admis : il est septième. Suit un suspense de trois jours parce que l’affichage des nominations est retardé. Enfin, c’est la délivrance : affectation à Paris, lycée Abbé-Grégoire. Une équipe dynamique, notamment à la vie scolaire, avec laquelle il crée du lien, lui qui n’oublie pas ses années d’AED.

En classe, il s’applique à réconcilier certains élèves avec l’espagnol, à multiplier les entrées : sujets variés grâce à la grande liberté du programme, outils numériques et valorisation des progrès, même quand ce sont de petits pas. Pas besoin d’être parfait, notamment à l’oral, répète-t-il à ses élèves : « Il suffit d’oser, de se lancer ».

Quels conseils donnerait-il aujourd’hui à une personne tentée par le professorat ? Fausto Algarra Criales prononce trois mots, avec autant de douceur que de conviction : « Patience, confiance, passion. » Tout est dit.

Fausto Algarra Criales enseignant stagiaire

Accédez à toutes nos offres d''emploi

Mise à jour : février 2026