Cette matinée pédagogique et mémorielle a rassemblé près de 700 élèves de troisième et de terminale, issus de 25 établissements, aux côtés de leurs enseignants, de chefs d’établissement, d’inspecteurs et de nombreux partenaires institutionnels et associatifs engagés dans le travail de mémoire.
Un temps fort académique inscrit dans la journée nationale du 27 janvier
Ce rendez‑vous annuel s’inscrit dans le cadre de la journée nationale du 27 janvier, date de la libération du camp d’Auschwitz‑Birkenau, dédiée à la mémoire des génocides et à la prévention des crimes contre l’humanité.
L’édition 2026 s’est tenue autour du thème « Shoah et génocides : survivre, témoigner, juger », en résonance avec celui du Concours national de la Résistance et de la Déportation (CNRD). Cette thématique a permis d’aborder, aux côtés de la Shoah, d’autres génocides du XXe siècle, en particulier le génocide perpétré contre les Tutsis au Rwanda en 1994, afin de nourrir une réflexion élargie sur les mécanismes de la violence de masse, la justice et la responsabilité des sociétés.
Une cérémonie solennelle et pédagogique
La cérémonie a permis de rendre hommage aux victimes de la Shoah et des autres génocides, de donner toute sa place à la parole des survivants, et d’apporter aux élèves un éclairage historique et civique.
Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah, a rappelé la profondeur du partenariat renouvelé à cette occasion, entre son institution et l’académie de Paris, au service de l’éducation à l’histoire des génocides et de la lutte contre l’antisémitisme, le racisme et toutes les formes de haine.
Cette convention renouvelle et consolide une coopération engagée de longue date, visant à accompagner les enseignants, à développer des projets pédagogiques ambitieux et à favoriser la rencontre directe des élèves avec les lieux, les archives et les témoins de l’histoire.
Apports historiques et témoignage de survivante
Vincent Duclert, historien et inspecteur général, a apporté un éclairage autour de la définition des génocides, de leur reconnaissance et de leur jugement. Son intervention a permis de donner aux élèves des repères historiques et juridiques solides, tout en établissant des liens entre les différents génocides du XXe siècle.
Le cœur de la matinée a été marqué par le témoignage d’Esther Senot, survivante de la Shoah, interrogée par Hubert Strouk, responsable pédagogique du Mémorial de la Shoah. Elle a partagé son parcours, depuis son arrestation et sa déportation à Auschwitz, jusqu’à son engagement auprès des jeunes pour transmettre la mémoire et témoigner.
Une participation active des élèves
Les élèves ont été pleinement associés à la cérémonie, notamment à travers des interventions artistiques et des lectures. L’ensemble vocal du lycée Jean de La Fontaine (XVIe), dirigé par Patrick Choukroun, a ponctué la matinée l’interprétation des chansons « Parce qu’on vient de loin » et « Le chant des marais ».
Des élèves des collèges Paul Bert (XIVe) et Maurice Utrillo (XVIIIe), ainsi que des lycées Rabelais (XVIIIe) et Rodin (XIIIe), ont proposé des lectures d’extraits de textes de Charlotte Delbo, Primo Levi, Gaël Faye et du testament philosophique de l’Union des déportés d’Auschwitz.
La cérémonie s’est conclue par une minute de silence, suivie de l’interprétation de La Marseillaise, dans un esprit de recueillement et d’unité.
Projection du documentaire « Le Projet »
Ce temps de recueillement et de transmission s’est prolongé le vendredi 30 janvier par la projection en avant-première du film documentaire "Le Projet", réalisé par Margaux Chouraqui.
Cette initiative est née de la rencontre entre la documentariste et Kamel Chabane, enseignant d’histoire-géographie au collège Gustave-Flaubert (XIIIe), dont le père a disparu durant la guerre d’Algérie. Ensemble, ils ont convaincu Izio Rosenman, rescapé du camp de concentration de Buchenwald, de livrer pour la première fois son témoignage devant des élèves et de participer avec eux à des déplacements mémoriels, notamment sur le site de Buchenwald et en Normandie.
Pendant une année scolaire, les élèves ont été accompagnés par des professionnels de l’audiovisuel et initiés aux techniques du documentaire. Ils ont ainsi appris à préparer des entretiens, à filmer et à structurer un récit.
Ce travail a abouti à la réalisation d’un documentaire mémoriel, disponible sur YouTube, faisant dialoguer les mémoires de la déportation et de la guerre d’Algérie au cœur du quartier des Olympiades.
À l’issue du visionnage, les élèves ont pu échanger avec Margaux Chouraqui, Annette Wieviorka, née dans une famille dont les grands-parents ont été déportés à Auschwitz et directrice de recherche au CNRS, ainsi qu’avec Kamel Chabane.
En donnant aux élèves des connaissances solides, en leur permettant de rencontrer des témoins et des historiens, et en les associant activement à ces temps forts, l’École contribue à former des citoyens conscients des enjeux du passé et tournés vers la défense des valeurs de dignité humaine, de justice et de paix.
Mise à jour : février 2026















