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La démocratie protestataire, L. Mathieu

Coll. Nouveaux débats, Ed. Presses de Science Po, Octobre 2011

L’auteur date de 1995, la constitution des « mouvements sociaux » comme acteurs politiques importants.

Dans cet ouvrage, il s’emploie à remettre en cause certaines idées établies sur ces mouvements sociaux : ils ne sont, d’abord, pas si « nouveaux » que l’appellation « Nouveaux mouvements sociaux » l’indique (car les revendications matérialistes n’ont pas disparu au profit de celles « post-matérialistes » : il y aurait plutôt un mélange de ces deux types de revendications désormais) ; cependant, leurs actions sont plus défensives qu’offensives (dans la mesure où ils doivent tenter de défendre les acquis sociaux menacés par la crise et les initiatives des décideurs politiques).

L’auteur admet aussi que leurs répertoires d’actions se sont modifiés (par exemple, moins de grèves, plus d’actions sous d’autres formes) et que la négociation est plus souvent qu’autrefois privilégiée.

Des changements s’observent du côté du pouvoir politique qui a développé des dispositifs de surveillance des militants, d’obstruction à l’action voire de répression des mobilisations assez efficaces.

Il dénonce la persistance, dans ces mouvements sociaux, d’un certain monopole de la prise de parole et des décisions par une minorité, contrairement à l’idée de mouvements désormais « horizontaux ».

Il évoque le décrochage progressif s’opérant entre mouvements sociaux et partis politiques, à leur double initiative.

Enfin, il insiste sur le rôle essentiel de ces mouvements dans une démocratie : ils contribuent à la socialisation donc à la formation des citoyens et au débat public et évitent que le peuple ne s’exprime que lors des élections.

Ouvrage très intéressant et utilisable, tant en SES qu’en ECJS.

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