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Twitter à l'école

mis à jour le 02/04/14

Témoignage de l'utilisation de Twitter dans la classe d'Alexandre Acou, école élémentaire 47 rue d'Ivry B, à Paris 13e. Des objectifs pédagogiques qui conjuguent lecture, écriture et éducation numérique responsable.

Lire, écrire, publier

Enjeux et apports de Twitter en classe

Depuis septembre 2011, Alexandre Acou utilise le réseau social Twitter dans ma classe de CM1 et s'exprime à ce sujet.

"Cette démarche, inspirée par d’autres enseignants notamment Laurence Juin (en lycée) et Jean-Roch Masson (en CP), a démarré comme une expérimentation d’un nouvel outil et s’est vite révélée porteuse d’apprentissages pour mes élèves. Rappelons très simplement que Twitter est une interface publique de microblogging fonctionnant en réseau social permettant de publier et partager des messages courts (140 caractères maximum) appelés tweets, avec ou sans lien vers une photo ou une page Internet."

Un double objectif pédagogique

Les objectifs pédagogiques qui m’ont paru correspondre à cette utilisation sont :

  • la motivation à écrire, pour être lu, dans de réelles situations de communication et donc tout le travail de langue qui en découle ;
  • l’éducation aux médias, à Internet et à un usage responsable, objectif cité dans le socle commun de connaissances et de compétences : "La culture numérique implique l'usage sûr et critique des techniques de la société de l'information. Il s'agit de l'informatique, du multimédia et d’Internet [...]. Il appartient à l'École de faire acquérir à chaque élève un ensemble de compétences lui permettant de les utiliser de façon réfléchie et plus efficace." (BO n° 29 du 20 juillet 2006). Citons également les programmes de 2008 : "Dès l’école primaire, une attitude de responsabilité dans l’utilisation de ces outils interactifs doit être visée [...]. Les élèves sont entraînés à envoyer et recevoir des messages [...]. Les technologies de l’information et de la communication sont utilisées dans la plupart des situations d’enseignement." (BO n° 3 du 19 juin 2008).

Une démarche de groupe-classe

Dès la rentrée 2011, j’ai donc créé un compte http://twitter.com/classe_acou et proposé aux élèves (qui ne connaissaient pas l’outil) de raconter la vie de la classe et de la partager sur le Web. Quant aux parents, je leur ai présenté le projet à la réunion de rentrée, aucun ne semblait connaître Twitter, ni s’inquiéter de cette démarche. Concrètement en classe, un élève est "tweeteur du jour" et peut utiliser mon smartphone pour écrire des tweets en son nom ou en celui de la classe. Il peut aussi lire à la classe les messages d’autres classes qui twittent ou ceux qui nous sont adressés par d’autres comptes Twitter.

Étant le responsable du compte  (il faut avoir 13 ans !), je relis obligatoirement avant publication et nous corrigeons la moindre faute d’orthographe. Une seule séance hebdomadaire en salle d'informatique nous permet de faire le point sur notre compte de manière collective (recherche d’autres classes parmi nos abonnés, participation à défis ou à concours…). Notre blog nous permet tout de même de publier des textes (longs), directement mis en lien sur notre compte Twitter…

Des activités diversifiées

Parmi les pratiques les plus intéressantes, je citerais :

  • la rédaction de commentaires (avec ou sans photos) lors des sorties culturelles ou sportives, en direct ou de retour en classe (à Provins, Notre-Dame, au Louvre…)
  • l’écriture d’énigmes mathématiques sous forme de "je suis un nombre pair (…) Qui suis-je ?"
  • une partie d’échecs contre @Classe_Masson (toujours en cours !)
  • la rédaction et les réponses à des programmes géométriques (des « geometwitts »),
  • l’écriture de poésies pour un concours (pour lequel nous venons de recevoir les félicitations du jury !)
  • et surtout la motivation et même l’envie croissante des élèves, d’écrire, de lire, de partager toujours en respectant les règles de départ!

Un premier bilan très positif

Après 6 mois d’utilisation, je tire un premier constat très satisfaisant de l’expérience. Les objectifs me semblent atteints à travers l’importance des apprentissages travaillés via notre compte Twitter. En français d’abord, le fait d’être lu (par au moins nos 130 abonnés dont 6 parents de la classe) donne beaucoup plus de sens aux compétences notamment :

  • s’exprimer à l’écrit dans un vocabulaire approprié et précis
  • orthographier correctement un texte simple en se référant aux règles connues d’orthographe et de grammaire ainsi qu’à la connaissance du vocabulaire
  • exprimer ses réactions ou ses points de vue, narrer des faits réels, décrire et expliquer
  • développer des compétences en TICE (cf. B2i) travaillées comme des moyens d’atteindre notamment les deux premiers enjeux cités : adopter une attitude responsable (par le respect d’une charte Twitter construite collectivement) et communiquer, échanger (avec d’autres "twittclasses"). 

Une nouvelle pratique collaborative

 Je terminerai ce témoignage par l’aspect plus professionnel de Twitter.  Cette pratique va en effet de pair avec mon usage personnel, démarré en même temps et qui m’a permis de "rencontrer" ou du moins d’échanger avec d’autres enseignants de "twittclasses" sur les intérêts, les risques et l’avenir d’un tel projet. Plusieurs enseignants ont ainsi analysé (et critiqué) leur propre démarche sur leurs blogs. J’ai donc pu collaborer avec Jean-Roch Masson déjà cité mais aussi Amandine Terrier ou encore Bertrand Formet (formateur TICE). Il est évident que cette nouvelle pratique de coopération de personnes distantes géographiquement mais proches par leur intérêt pour de nouveaux outils pédagogiques participe au "succès"  du projet "twittclasses". Enfin, Twitter me permet d’obtenir très simplement une veille d’actualités sur l’éducation et d’être mieux informé sur cette thématique.  A suivre donc… sur Twitter.

Pour plus d'informations...

Charte Twitter rédigée par les élèves de CM1



Haïkus et conseils de sorcière

L'outil de micro-blogging, au service d'un travail d'écriture 

Twit_HaikuLimité à 140 caractères, l'outil de mocro-bloging peut tout à fait correspondre à un travail d'écriture de textes courts, notamment poétiques. Il va permettre que chaque élève publie son ou ses texte(s) simplement, en valorisant le travail en langue c'est-à-dire les compétences qui ont permis cette production. Les autres objectifs sont alors d'exprimer un sentiment et de respecter des règles strictes.  Il en a été ainsi pour deux activités #twithaiku et #conseilsorciere (ces mots-balises dans nos "tweets" permettent aussi de mieux les regrouper si besoin).

Pour le premier travail, #twithaiku, il s'agissait d'un concours de poésie avec publications et participation via Twitter, appelé #Twithaiku, organisé par la Cantine numérique rennaise (http://twithaiku.lacantine-rennes.net/) en février.

Le haïku, hérité de la tradition japonaise devait respecter des règles très strictes de composition (5-5-7 pieds ou dans un autre ordre) et traiter du temps qui passe et des sentiments qui en découle.

Ici la difficulté technique semble permettre à l'élève, de CM1 pour ce que j'en ai vu, de ne plus se bloquer sur l'aspect créatif, le choix étant restreint (par les nombres de pieds).

Pour #conseilsorciere, dont le nom-balise a été proposé par une élève, c'est moi qui ai demandé à la classe d'écrire à la manière de Jean Tardieu dans ses Conseils donnés par une sorcière, poème à apprendre. Ici aussi, les règles sont strictes avec utilisation de l'impératif présent (la leçon s'est faite en même temps) et de l'univers des sorcières.

Deux activités mais la même mise en œuvre : respect des règles mais liberté de fond ensuite. D'abord un moment d'écriture sur leur brouillonTwitter (emprunté à Amandine Terrier, collègue "instwitt"), puis de correction en venant me voir (les erreurs sont indiquées et je valide lecas échéant), enfin de publication. Ceux qui attendent en écrivent un deuxième et peuvent choisir leur meilleur texte.

Les résultats

Le plaisir de produire...

Dans ces deux activités publiées via notre compte Twitter de classe, sont d'abord la production effective (tous ont au moins un tweet signé à leur nom, l'idée même qu'un élève ne soit pas publié paraît impossible) et le plaisir à partager son écrit, un travail à la fois personnel et collectif. En témoignent les demandes des élèves à refaire des haïkus ou des conseils de sorcière en travail libre bien plus tard ! Ensuite, les leçons, ici de vocabulaire (des mots pour décrire un sentiment) et de conjugaison (l'impératif), deviennent utiles concrètement; la compétence en langue est au service de l'écriture, de la poésie. L'activité pouvant être répétée jusqu'à ce qu'il n'y ait plus besoin de devoir se référer à la leçon. 

...et celle des interactions

Enfin, les interactions finissent de transformer ce travail en véritable plaisir pour tous, que ce soient les félicitations du jury de #twithaiku pour un poème d'une élève, mais plébiscitée par la classe, ou les nombreux RT (reprise d'un tweet par d’autres comptes pour le mettre en avant) sur #conseilsorciere. Cette dernière idée a d'ailleurs été reprise par un professeur d'Anglais de Montpellier qui envoie donc les "#witchadvice" de ses élèves aux miens... Ces derniers s'essayant donc à leur tour à l'anglais! Langues et poésies, au pluriel donc... sur Twitter.

Categorie #6 Scolaire primaire Félicitations du jury (3) :
“Dans la nature calme / Des bûcherons coupent les arbres / Pour en faire des feuilles.”,
@Classe_Acou, Paris (75)


En savoir plus : concours du Twithaiku