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Perceval : le roman-photo

Des élèves de 5e du collège Claude Chappe réalisent un roman-photo retraçant l’histoire du Perceval de Chrétien de Troyes. Cette production collective aura été l’occasion de travailler des compétences en lecture, travail collectif, écriture, oral et numérique.

Ce travail sur Perceval ou le conte du Graal vise avant tout à développer des compétences de lecture : il s’agissait de rendre les élèves autonomes dans la lecture d’un roman médiéval, ce qui n’est pas une mince affaire en cinquième. L’objectif était la réalisation d’un roman-photo sous la forme d’un diaporama interactif en ligne (fabriqué avec l’application gratuite Prezi) mettant en scène les principaux moments de l’histoire avec des figurines que les élèves ne manquent pas de posséder chez eux (chevaliers, princesses, etc.), photographiées avec les moyens du bord (c’est-à-dire, le plus souvent, les smartphones des élèves). Une préoccupation majeure de ce projet a été de ne pas prendre plus de temps qu’il n’en fallait sur les heures de cours. C’est pourquoi toute la partie « plastique » du travail (mise en scène, prises de vue et une partie de la rédaction) a été faite hors de la classe.

L’édition choisie est celle des classiques abrégés de l’École des loisirs : elle permet une lecture cursive de l’œuvre dans un langage aussi simple que possible, sans éléments de paratexte invitant sans cesse à l’interruption de la lecture. Seul un lexique, à la fin du livre, aide les élèves dans leur découverte du vocabulaire médiéval irréductible.

Un travail pensé et évalué « par compétences »

Bien que cette séquence ait été conçue « par compétences », tout un chacun peut se l’approprier sans se soucier de cet aspect et l’adapter au roman de son choix. Ceux qui s’intéressent au travail par compétences ou qui souhaitent s’initier à cette approche trouveront dans la description et dans les documents annexes le détail des compétences évaluées et leurs modalités d’évaluation.

Si « rendre les élèves autonomes dans la lecture d’un roman médiéval » était la principale compétence visée, ce travail a permis également d’attirer l’attention des élèves sur l’intérêt des passages descriptifs du texte, puisque ce sont les éléments descriptifs qui leur ont permis de mettre en scène les principaux moments. Il a, enfin, été l’occasion de travailler quelques autres compétences clés ; compétences d’écriture (le résumé, la cohérence globale d’un texte et, bien sûr, l’orthographe, la syntaxe et le vocabulaire avec toute l’exigence d’un travail destiné à la publication), le travail en groupe (respect prise en compte du travail de l’autre, relectures et échanges critiques) et l’utilisation du traitement de texte (et de quelques outils numériques pour corriger l’orthographe).

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Les étapes de la séquence

Initiation au roman de chevalerie et lecture de l’œuvre

Quelques séances introductives – pendant que les élèves lisent, chez eux, le roman dans son intégralité –  ont permis d’entrer en matière : un exposé d’élève sur la chevalerie ; une recherche sur le Graal ; le visionnage d’une partie du film Excalibur (qui met en scène la cour d’Arthur et, entre autres, Perceval).

On lit ensuite, en classe, le premier chapitre. L’objectif est d’entrer dans le texte. En termes de compétences, on vise l’autonomie dans la lecture. En effet, en donnant aux élèves les principales clés pour entrer dans la lecture, on favorise leur autonomie par rapport au texte, compétence indispensable pour qu’ils lisent la suite seuls en comprenant au mieux l’histoire.

Ces clés sont essentiellement :

  • les personnages (qui sont-ils ? Pourquoi réagissent-ils ainsi ? Retrouve-t-on dans les personnages de chevaliers ce qui a été dit lors de l’exposé ? etc.) puisqu’on découvre le personnage principal, Perceval, mais que celui-ci est encore loin d’être le vaillant chevalier qu’il deviendra au fil du récit ;
  • les repères spacio-temporels : où et quand se passe l’histoire ? C’est l’occasion d’évoquer à nouveau les légendes arthuriennes et de projeter au tableau une carte interactive des différents lieux repérables (avec les effets de zoom et de recul de Google Maps, on fait facilement le lien entre ce que les élèves connaissent et ce qui ne leur est pas encore familier). On est au pays de Galles quand commence l’histoire ;
  • le vocabulaire spécifique du roman de chevalerie (et l’usage que l’on peut faire du lexique).

Évaluation de la lecture

Évaluer la lecture de l’œuvre, dans la perspective du travail par compétence, revient à vérifier que les élèves ont été capables de lire le roman de manière autonome. Cela revient aussi à évaluer notre capacité à les rendre autonome, et donc notre travail des séances précédentes.
Comme il est probable que tous n’auront pas atteint le même niveau d’autonomie, il faut imaginer une évaluation qui permette de savoir où en est chacun : l’élève a-t-il lu et compris tout le roman ? Une partie seulement ? Qu'est-il capable d'en restituer par écrit ? N’a-t-il rien lu du tout ? Pour cela, on peut donner un extrait du roman et poser des questions invitant l’élève à montrer qu’il comprend de quoi parle cet extrait et à situer celui-ci dans l’œuvre (voir ci-dessous le fichier "contrôle de lecture").

Comme il s’agit d’une œuvre difficile, d’autant plus pour des élèves de cet âge n’ayant jamais abordé des textes médiévaux, l’évaluation est aussi l’occasion de les faire réfléchir sur le passage clé du roman, qui est assez obscur au premier abord. On profitera ainsi de la correction pour éclairer ce moment essentiel qui est la cérémonie du Graal à laquelle Perceval assiste chez le roi pêcheur, sans oser poser de question.

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Identification des scènes-clés

Pour réaliser le roman photo, il faut d’abord choisir les passages du récit à représenter. Pour cela, il faut avoir une vue globale du déroulement de l’histoire. On demande donc à chaque élève de relire un chapitre (certains élèves plus rapides peuvent en lire deux si besoin) puis de le résumer en trois à cinq lignes. Ce résumé doit être rédigé à la maison et « collé » en ligne sur un document partagé (voir ci-dessous le fichier "document partagé" rempli par les élèves), ce qui permet, une fois le travail accompli, de projeter l’ensemble au TNI. Pour chaque chapitre, l’élève doit préciser si le personnage principal est Perceval ou Gauvain (en effet, l’histoire mêle de manière parfois artificielle deux intrigues parallèles, celle de Perceval et celle de Gauvain, qui ne se croisent que très peu). Compétence évaluée (déjà travaillée auparavant) : restituer par écrit l’essentiel d’un texte lu.

Le fichier contenant tous les résumés de chapitres (et donc, toute la trame du roman), est ensuite projeté en classe. L’objectif est de déterminer quels chapitres nous allons garder pour notre roman-photo, et lesquels nous allons laisser de côté. Le choix a été fait, sans surprise, de ne s’intéresser qu’aux chapitres dont Perceval était le personnage principal. Cela représente dix-huit chapitres, dont chacun doit être à nouveau relu par un binôme d’élèves dans le but de l’exploiter dans le roman-photo.

Les titres de ces chapitres sont projetés au TNI, dans un tableau dont une colonne vierge doit recueillir les noms des binômes d’élèves qui se proposent de les prendre en charge. S’il y a un peu plus de chapitres que de binômes, on propose aux binômes meilleurs lecteurs de choisir deux chapitres. Les consignes sont données à travers une fiche à remplir pour chaque chapitre. Les élèves doivent délimiter la scène principale de leur chapitre et justifier leur choix, puis relever tous les éléments descriptifs du chapitre, dont ils auront bien entendu besoin pour mettre en scène leur passage. Deux compétences (ou plutôt « capacités ») sont travaillées à cette occasion : identifier le passage principal d’un chapitre et identifier les éléments descriptifs d’une scène. Ce travail est à faire à la maison. Au moment de l’évaluation, quelques consignes sont données pour améliorer le travail. Au besoin, si certains binômes ont du mal à mener à bien le travail, les élèves sont désignés pour venir le faire en soutien.

Le travail de mise en scène et la prise de vue

Les binômes doivent maintenant mettre en scène le passage-clé de leur chapitre dans une photographie. Les consignes données sont d’utiliser les figurines qu’ils possèdent chez eux. S’ils ont de quoi faire des décors, tant mieux, sinon ils doivent faire appel à leur imagination et à leurs talents pour en créer (et dans le meilleur des cas, au professeur d’arts plastiques, mais il faut anticiper). Ils doivent en tout cas tenir compte autant que possible des éléments descriptifs qu’ils ont relevés dans leur fiche (sur les personnages, les lieux, les objets). Ils ont une semaine pour apporter une photo, qu’ils rendent sur clé USB ou envoient par courrier électronique.

Les photos sont réunies dans un unique dossier puis colligées dans un diaporama réalisé avec l’application gratuite en ligne Prezi. Chaque photo est accompagnée du titre du chapitre correspondant. Lors d’une séance de visionnage, chaque binôme présente oralement sa photo et la classe est invitée à repérer les éventuels problèmes ou photos à refaire, voire à faire des suggestions aux autres binômes. Suit un travail de « rephotographie » pour certains.

Rédaction des textes

Il faut ensuite rédiger le texte qui accompagne la photographie. Les élèves travaillent en salle multimédia sur le traitement de texte. La consigne donnée est la suivante :

  • expliquer de la manière la plus brève possible ce que l’on voit sur leur photographie (qui sont les personnages, où sont-ils, que sont-ils en train de faire) ;
  • intégrer dans le texte les éléments descriptifs qui ont servi à la mise en scène de la photo ;
  • faire la transition avec la photo précédente et la suivante.


Ce travail se fait en classe. Les textes sont ensuite récupérés tels quels et intégrés tels quels dans le diaporama, sous les photos. A la séance suivante, chaque binôme se voit attribuer un texte (et sa photo) qui n’est pas le sien. Il doit critiquer le texte qu’il a sous les yeux et proposer des améliorations. Celles-ci peuvent porter sur la cohérence du texte, le suivi des consignes, l’orthographe, la syntaxe, le vocabulaire, et tout aspect qui paraît important. Le résultat est rendu sur feuille et vérifié par l’enseignant qui, éventuellement, confirme ou modifie les améliorations proposées, et évalue les binômes sur leur capacité à estimer la cohérence globale d’un texte.

Au cours suivant, chaque binôme reçoit ses propositions d’amélioration et modifie son texte en en tenant compte. Ceux qui ont terminé avant les autres aident ceux qui ont plus de difficultés. Le professeur relit l’ensemble et l’évalue (pertinence de la photo, inventivité, cohérence du texte…). Puis il colle les textes dans le diaporama en ligne, sous chaque photo.

La première de couverture

Le diaporama finalisé est ainsi projeté à la classe, qui est alors invitée à faire par écrit des propositions pour une première diapositive de couverture. Quelques élèves se proposent pour la réaliser, et celle qui remporte le plus de suffrages est choisie.
Il n’y a plus qu’à faire une page sur le site du collège pour présenter le roman-photo… et publier le bêtisier des photos, que les élèves n’ont pas manqué d’apporter.

 

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