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A Boulogne-Billancourt, les conducteurs sont invités à tester les Renault électriques

mis à jour le 26/10/16

Article de Philippe Jacqué, publié dans Le Monde du 21 décembre 2011

Renault Fluence ZE

Manque d'autonomie et prix élevés restent de forts freins à l'achat de ces nouveaux véhicules

C'est tout un symbole. Mardi 20 décembre au matin, Renault a inauguré une piste d'essais ouverte au public, à Boulogne-Billancourt. Installé sur l'Ile Seguin, cœur historique du groupe, ce centre permettra aux particuliers de tester ce qui doit symboliser l'avenir de Renault : les véhicules électriques.

Car contrairement à beaucoup de ses concurrents, qui ont préféré se lancer dans les véhicules hybrides, le constructeur croit en l'avenir des voitures 100 % électriques. Cette année, la firme au losange a d'ailleurs lancé sur ce segment une berline, la Fluence ZE, et une fourgonnette, la Kangoo ZE. En mars 2012 sera commercialisée la Twizy, un quadricycle atypique (Le Monde du 9 décembre), et, en septembre, la citadine Zoé. Avec son partenaire Nissan, Renault a investi 4 milliards d'euros dans ces programmes. Le groupe japonais se charge des batteries, tandis que Renault assemble les voitures dans ses Usines de Maubeuge (Nord), Flins (Yvelines), Valladolid (Espagne) et Bursa (Turquie). La capacité de production est de 240 000 unités par an alors que le marché européen n'absorbe aujourd'hui que quelques milliers de véhicules électriques.

Afin d'écouler des volumes plus importants, Renault compte sur les flottes d'entreprises. Dans le cadre d'un appel d'offres remporté fin octobre, la société doit fournir à plusieurs entreprises publiques, dont La Poste, 15 637 Kangoo ZE sur les quatre prochaines années.

Convaincre

Renault espère aussi convertir les particuliers, notamment avec sa Zoé, une voiture conçue dès le départ comme un véhicule électrique. Elle n'est pas adaptée comme les autres d'un modèle thermique.

Grâce à ces nouveaux modèles, le groupe assure que la part de marché de l'électrique s'établira à 10 % en Europe en 2020, contre moins de 1% aujourd'hui. Le Boston Consulting Group est plus prudent : selon lui, les « électriques » devraient représenter 8 % des ventes de nouveaux véhicules sur, le Vieux Continent à cette date.

Pour y arriver, il faudra convaincre. Car les freins à l'achat d'une voiture électrique sont forts, comme l'a révélé une étude de l'Observatoire Cetelem de l'automobile, publiée le 15 décembre. Si trois-quarts des Européens se disent intéressés, seul un sur deux est prêt à en acheter une.

Ils craignent en particulier la faible autonomie actuelle de ces voitures. Ils sont d'ailleurs 55% à se dire prêts à se doter d'un tel véhicule s'il disposait d'une autonomie de plus de 250 kilomètres (contre une centaine aujourd'hui). « Et ce, alors que 8l % des conducteurs/ont moins de 100 kilomètres par jour », remarque Flavien Neuvy, de l'Observatoire Cetelem.

Les Européens sont aussi refroidis par le prix de ces voitures. Ainsi, 49 % des Européens – et 57 % des Français – ne souhaitent pas payer plus cher que pour une automobile classique. Or, le prix des modèles sur le marché, comme la Nissan Leaf ou la Citroën Co, s'affiche autour de 30 000 euros en France, bonus écologique de 5000 euros du gouvernement français déduit. C'est deux à trois fois plus cher que l'équivalent thermique.

Pour contourner cet obstacle, Renault a imaginé un nouveau modèle de commercialisation. La Fluence ZE est vendue au même prix que son équivalent thermique, bonus écologique déduit. Mais le particulier n'achète pas la batterie, l'élément le plus cher d'un véhicule électrique.

Cette dernière est proposée à la location de 82 à 148 euros par mois (selon le type de contrat). Renault s'engage ainsi à remplacer la batterie quand elle perd son efficacité.

Mais si ce schéma est innovant, deux tiers des Européens se déclarent hostiles à ce système de location. «En proposant une batterie en location, Renault propose une toute nouvelle relation entre ses clients et leur automobile, relève M. Neuvy. II va falloir beaucoup de temps pour que les consommateurs s'approprient ce nouveau modèle. »

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